Anne-Lise Blanchard

Photo de Anne-Lise  Blanchard
© Anne-Lise Blanchard

biographie

Née en 1195

Vit dans le Rhône

site personnel : http://http://anne-lise-blanchard-poesie.com/

poésie, récit

Née le premier jour de l'année 1956 à Alger. Grandit à Vénissieux, vit à Lyon et beaucoup mieux là où le regard porte loin, plein vent, plein espace, pleine lumière. Préfère le sel au sucre, le savoir-vivre au laisser-aller. Aime que son écriture soit source de rencontre et de collaboration avec d'autres artistes : photographes, graveurs, peintres, musiciens, danseurs.

Nombreux textes en revue : "Verso", "Lieux d'être", "Voix d'encre", "Friches", "Arpa", "Multiples", "Décharge", Diérèse"… Collabore à "Verso". A.-L.B.

bibliographie

  • Copeaux des saisons, photos de Josette Vial, Corps Puce, 2011.
  • Éclats, Éditions Éclats d'encre, 2010.
  • Un silence de lait et de terre, Éditions de l'Atlantique, 2009.
  • Anonyme euphorbe, Les Carnets du dessert de lune, 2009.
  • Sur les paupières du vent, Éditions Donner à voir, 2008.
  • Le Jour se tait, Jacques André éditeur, 2008.
  • Taille en vert, La Porte, 2006.
  • Qui entend le jargon de l'oie, Éditions Éclats d'encre, 2006.
  • La Courbe douce de la grenade, Cahiers Bleus / Librairie Bleue, 2006.
  • Au point de naissance du vent, encre de Cécile Crest, Éditions Sang d'encre, 2006.
  • Plein espace vite, illustrations de Marie-Hélène Ramon, Éditions Jacques André, 2005.
  • Chemins d'eau et entrelacs, Éditions Jacques André, 2005.
  • Avant l'été, Éditions du Pré carré, 2005.
  • Traverser le jour blanc, préface de Jean-Pierre Lemaire, Éditions Sac à mots, 2004.
  • Sel, poème avec une gravure de Bernadette Planchenault, Empreintes, 2004.
  • Le Bleu violent de la vie, avant-propos de Jean-Claude Xuereb, Orage-Lagune-Express, 2004.
  • La Beauté qui nous est donnée, Éditions Éclats d'encre, 2004.
  • Le Cru et le frêle, Encres vives, 2001.
  • La Fluidité du héron, Éditions associatives Clapàs, 2001.
  • Croisés du silence, Encres vives, 2000.
  • Aux confins du vent, Clapas, 2000.

extraits

Le gris lessive les couleurs. On se refroidit peu à peu. On pousse du pied ce résidu de soi. Le vacarme se réforme, il pleut sur les visages, reste à regarder tomber la nuit.

Nuit et campagne, évacués chiens et enfants, quelque locomotive égarée pleure dans le noir. Donner son accord au jour oblique qui se lève. Il est maintenant établi que la douleur n'apporte rien d'utile à l'organisme.

S'il vous plaît, ne renoncez pas aux papillons broutant les échelles.

*

Surprise par ce flux, attentive à l'oiseau glissant devant la fenêtre, à l'étoile s'épanouissant au creux du ventre.

Sauvegarder la justesse de l'instant, franchir la porte. D'un hiatus de matière compacte libérée. Les mots nous rafraîchissent par ondées éparses.

Rehauts de couleur. Le fleuve pousse de sa langue les débris envasés d'une œuvre urbaine désœuvrée.

Deux pigeons, le bec brassant une flaque, conjuguent la boue et le ciel.

*

Son rogue d'un moteur. Le pin danse sans entrave, le vent dans les branches. Une fratrie de porcelets trottine vers son repas avant trépas.

Tirées par leur poids, les grappes jaunes des acacias. Trace jaune d'un papillon. Un couple camouflé jaune dans l'herbe, scellé. Etrécir la croisière jaune ou se laisser emporter. On peut se frayer un rythme à travers la pulsation du temps, grondement du vent et sifflement des grillons.

*

Guetter l'immédiat qui nous chavire, même quand le ciel est défleuri. Un air de violon traverse la place, porté par des jupes à volants. Un pied se retourne, léger déséquilibre, son dos sourit. Taille en vert citadine, les parasols tout en frémissements réconfortent les terrasses encore en attente.

*

Chaleur entre les épaules, l'été revient. Les feuilles mouillées s'ébrouent. Je me glisse dans ma peau, je repasse chaque ride. Se sentir réunie.

Une grande jeune fille agenouillée sur le gazon, le corps en tension. De chaque bulle de savon soufflée elle forme un monde nouveau qu'elle s'applique à filmer dans son envol.

Le regard s'accroche à la danse des clavicules au-dessus du bassin houleux.

*

Faut-il se fier à la fécule de pomme de terre pour adoucir la surface amoureuse ? Corps persistant sans son ombre : quatre pains ronds, deux bougies, une poignée de raisins secs. La bouche est sensible à la beauté.

N'apportez que des raisins secs sans queue.

*

Caresser les heures plutôt que disséquer les distances. Remiser notre impatience. On se souvient qu'ailleurs on regarde passer la route nuit après jour. Là, on prend la route quand d'autres prennent l'air.

Se déprendre de chaque morceau de vie. En trouver le cœur, effeuillé. On fond au goût du rire et de la douceur.

Soutenir l'inconnu en soi qui s'annonce, s'incarne sans pesanteur.

Ouvertes les fenêtres du ciel.


Extrait de "Taille en vert" © La Porte, 2006

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • atelier d'écriture
  • rencontre avec une classe
  • suivi de projet pédagogique

Anne-Lise Blanchard

Photo de Anne-Lise  Blanchard
© Anne-Lise Blanchard

biographie

Née en 1195

Vit dans le Rhône

site personnel : http://http://anne-lise-blanchard-poesie.com/

poésie, récit

Née le premier jour de l'année 1956 à Alger. Grandit à Vénissieux, vit à Lyon et beaucoup mieux là où le regard porte loin, plein vent, plein espace, pleine lumière. Préfère le sel au sucre, le savoir-vivre au laisser-aller. Aime que son écriture soit source de rencontre et de collaboration avec d'autres artistes : photographes, graveurs, peintres, musiciens, danseurs.

Nombreux textes en revue : "Verso", "Lieux d'être", "Voix d'encre", "Friches", "Arpa", "Multiples", "Décharge", Diérèse"… Collabore à "Verso". A.-L.B.

bibliographie

  • Copeaux des saisons, photos de Josette Vial, Corps Puce, 2011.
  • Éclats, Éditions Éclats d'encre, 2010.
  • Un silence de lait et de terre, Éditions de l'Atlantique, 2009.
  • Anonyme euphorbe, Les Carnets du dessert de lune, 2009.
  • Sur les paupières du vent, Éditions Donner à voir, 2008.
  • Le Jour se tait, Jacques André éditeur, 2008.
  • Taille en vert, La Porte, 2006.
  • Qui entend le jargon de l'oie, Éditions Éclats d'encre, 2006.
  • La Courbe douce de la grenade, Cahiers Bleus / Librairie Bleue, 2006.
  • Au point de naissance du vent, encre de Cécile Crest, Éditions Sang d'encre, 2006.
  • Plein espace vite, illustrations de Marie-Hélène Ramon, Éditions Jacques André, 2005.
  • Chemins d'eau et entrelacs, Éditions Jacques André, 2005.
  • Avant l'été, Éditions du Pré carré, 2005.
  • Traverser le jour blanc, préface de Jean-Pierre Lemaire, Éditions Sac à mots, 2004.
  • Sel, poème avec une gravure de Bernadette Planchenault, Empreintes, 2004.
  • Le Bleu violent de la vie, avant-propos de Jean-Claude Xuereb, Orage-Lagune-Express, 2004.
  • La Beauté qui nous est donnée, Éditions Éclats d'encre, 2004.
  • Le Cru et le frêle, Encres vives, 2001.
  • La Fluidité du héron, Éditions associatives Clapàs, 2001.
  • Croisés du silence, Encres vives, 2000.
  • Aux confins du vent, Clapas, 2000.

extraits

Le gris lessive les couleurs. On se refroidit peu à peu. On pousse du pied ce résidu de soi. Le vacarme se réforme, il pleut sur les visages, reste à regarder tomber la nuit.

Nuit et campagne, évacués chiens et enfants, quelque locomotive égarée pleure dans le noir. Donner son accord au jour oblique qui se lève. Il est maintenant établi que la douleur n'apporte rien d'utile à l'organisme.

S'il vous plaît, ne renoncez pas aux papillons broutant les échelles.

*

Surprise par ce flux, attentive à l'oiseau glissant devant la fenêtre, à l'étoile s'épanouissant au creux du ventre.

Sauvegarder la justesse de l'instant, franchir la porte. D'un hiatus de matière compacte libérée. Les mots nous rafraîchissent par ondées éparses.

Rehauts de couleur. Le fleuve pousse de sa langue les débris envasés d'une œuvre urbaine désœuvrée.

Deux pigeons, le bec brassant une flaque, conjuguent la boue et le ciel.

*

Son rogue d'un moteur. Le pin danse sans entrave, le vent dans les branches. Une fratrie de porcelets trottine vers son repas avant trépas.

Tirées par leur poids, les grappes jaunes des acacias. Trace jaune d'un papillon. Un couple camouflé jaune dans l'herbe, scellé. Etrécir la croisière jaune ou se laisser emporter. On peut se frayer un rythme à travers la pulsation du temps, grondement du vent et sifflement des grillons.

*

Guetter l'immédiat qui nous chavire, même quand le ciel est défleuri. Un air de violon traverse la place, porté par des jupes à volants. Un pied se retourne, léger déséquilibre, son dos sourit. Taille en vert citadine, les parasols tout en frémissements réconfortent les terrasses encore en attente.

*

Chaleur entre les épaules, l'été revient. Les feuilles mouillées s'ébrouent. Je me glisse dans ma peau, je repasse chaque ride. Se sentir réunie.

Une grande jeune fille agenouillée sur le gazon, le corps en tension. De chaque bulle de savon soufflée elle forme un monde nouveau qu'elle s'applique à filmer dans son envol.

Le regard s'accroche à la danse des clavicules au-dessus du bassin houleux.

*

Faut-il se fier à la fécule de pomme de terre pour adoucir la surface amoureuse ? Corps persistant sans son ombre : quatre pains ronds, deux bougies, une poignée de raisins secs. La bouche est sensible à la beauté.

N'apportez que des raisins secs sans queue.

*

Caresser les heures plutôt que disséquer les distances. Remiser notre impatience. On se souvient qu'ailleurs on regarde passer la route nuit après jour. Là, on prend la route quand d'autres prennent l'air.

Se déprendre de chaque morceau de vie. En trouver le cœur, effeuillé. On fond au goût du rire et de la douceur.

Soutenir l'inconnu en soi qui s'annonce, s'incarne sans pesanteur.

Ouvertes les fenêtres du ciel.


Extrait de "Taille en vert" © La Porte, 2006

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • atelier d'écriture
  • rencontre avec une classe
  • suivi de projet pédagogique
sur le fil

Michel Thion a reçu le prix « Révélation de poésie 2015 » de la Société des Gens de Lettre. (SGDL), pour son recueil L’Enneigement, paru aux éditions La Rumeur Libre.

fait partie des 7 lauréats du 10e prix Handi-Livres pour son roman L’École du tonnerre (Rue du Monde).

vient de recevoir le Prix Cazes Brasserie Lipp 2016 pour son roman Giratoire paru en janvier chez Serge Safran Editeur.

a reçu le prix Trop Virilo qui récompense « la plus vivace poussée de testostérone littéraire de l’année« , pour Quand le diable sortit de la salle de bain (Noir sur Blanc), ex aequo avec Jean Teulé.

a été couronné par le prix Lettres frontière 2015 pour son roman paru en 2014 L’Affaire des vivants (éditions Phébus)

Jacques A. Bertrand reçoit le prix Alexandre-Vialatte 2015 pour son essai Brèves histoires des choses (Julliard) et pour l’ensemble de son oeuvre chez Julliard.

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