Caroline Thivel

Photo de Caroline  Thivel
© N. Drillaud

biographie

Née en 1959 à Valence, Drôme

Vit à Paris

adultes : roman, essai

jeunesse : auteur de textes

Caroline Thivel est née en 1959 à Valence, a grandi à Grenoble et vit maintenant à Paris.

Outre son activité de romancière, elle est scénariste, parvenue au scénario par des chemins légèrement détournés : un Dea de cinéma ; un passage par l'assistanat, sur des films de Rohmer, Rivette, Resnais ; un détour par le journalisme (quatre ans de portraits de comédiens et de réalisateurs, pour "Elle", "Globe", "Première") ; un crochet par la réalisation avec un court métrage "Les Pinsons" produit par Marin Karmitz…

… Pour aboutir à l'écriture de scénarios pour la télévision et essentiellement pour le cinéma : "Salut cousin" de Merzak Allouache, plus récemment "Que faisaient les femmes pendant que les hommes marchaient sur la lune" de Chris Vander Stappen et "À la folie, pas du tout" de Laetitia Colombani, produit par Charles Gassot. Elle a écrit en parallèle un livre pour enfants en 1993 et quatre romans depuis 1999. C.T.

bibliographie

adulte

  • Une chambre après l'autre, Denoël, 2001.
  • Départs, Denoël, 2000.
  • Je t'épouse dans les cheveux, Éditions de la Baleine, 1999.
  • Atlantis, avec Luc Besson, Flammarion, 1993.

jeunesse

  • Baribal Ursus Gemtlissimus, Hachette Jeunesse, 1993.

extraits

adulte

Ils ne sortent plus de là-haut, ne ferment plus jamais les volets même sur la nuit, se contemplent de moins en moins.
Cécile, tout à l'heure, a ouvert la grande valise remplie d'habits trop petits pour elle. Elle a choisi une robe marron glacé, couleur des tableaux de son père et elle l'a enfilée n'importe comment sur sa chemise de nuit.
- Je te plais ?
- Et moi ?
Il a insisté, posé trois fois sa question. Cécile un peu effrayée a fait la sourde. Elle a enlevé sa robe, trop petite, poussé la valise sous le lit. Ils ne se sont plus rien dit.
Cécile a regagné son lit. Richard n'a plus quitté sa toile des yeux.

Étourdi de silence, il a fini par remiser tout son matériel de peinture sous l'escalier. Parce qu'il sent bien qu'elle l'aime moins depuis qu'il peint, qu'elle s'éloigne de lui petit à petit. Maintenant, il lui souffle des choses si douces que Cécile a mal au cœur. Paralysée du corps. Il l'emporte, la douche, la recouche. Il boit, il s'égare, debout au-dessus de son lit dans l'obscurité :
- Toi seule sais la vérité. Je ne mourrai jamais, tu me sauves. Tu es la vie, les étoiles, la montagne et le vent. Si je meurs, ne sois pas triste, je suis les étoiles, la montagne et le vent.
Comment dormir après ?
Que faire quand on ne dort plus, ni l'un, ni l'autre, quand on ne sait plus quoi se raconter comme si tout avait été dit.
Cécile, sans sommeil, s'est jetée dans ce silence de trop :
- T'étais où ?
- Quand ?
- Tout ce temps ? Le temps que j'arrive à mes douze ans ?
Richard se tait. Cécile continue. Dans le noir, c'est plus simple :
- En prison ?
Richard bouge sa tête sur l'oreiller. Il nie.
Cécile est bien décidée à en apprendre un peu plus :
- Avec une dame ?
Richard secoue encore la tête.
- Avec des filles ?
Il secoue nerveusement sa tête, sans cesse.
Elle bloque son visage entre ses mains et feint de s'endormir.
Richard se redresse et la chatouille doucement avec ses cheveux de plus en plus longs et embrouillés.
- J'étais pas loin. Moins loin que tu ne crois. J'attendais que mon heure devienne la tienne.
Cécile cesse de respirer pour se concentrer sur chacun de ses mots. Ils se bousculent sur les lèvres de Richard. Il n'en choisit aucun, il les jette comme ils viennent :
- J'étais tout le temps là, caché, ton ange gardien, derrière les voitures, dissimulé dans les buissons, derrière les marronniers, à deux pas de toi, dans le square, dans ta poussette, à l'école, partout. T'étais partout et moi, j'étais avec toi.
Richard s'apaise.
- Je n'avais pas le droit de te voir. On m'avait interdit.
- À cause de la prison ?
- Non.
- C'était pourquoi la prison ? Pour Myriam ?
Il secoue encore la tête. Cécile ne voit plus dans quel sens il la balance sur l'oreiller. Pour un oui, pour un non.

Extrait de "Une chambre après l'autre" © Denoël, 2001

médiation

adultes

  • lecture
  • table ronde et débat
  • atelier d'écriture
  • rencontre avec une classe
  • suivi de projet pédagogique

Caroline Thivel

Photo de Caroline  Thivel
© N. Drillaud

biographie

Née en 1959 à Valence, Drôme

Vit à Paris

adultes : roman, essai

jeunesse : auteur de textes

Caroline Thivel est née en 1959 à Valence, a grandi à Grenoble et vit maintenant à Paris.

Outre son activité de romancière, elle est scénariste, parvenue au scénario par des chemins légèrement détournés : un Dea de cinéma ; un passage par l'assistanat, sur des films de Rohmer, Rivette, Resnais ; un détour par le journalisme (quatre ans de portraits de comédiens et de réalisateurs, pour "Elle", "Globe", "Première") ; un crochet par la réalisation avec un court métrage "Les Pinsons" produit par Marin Karmitz…

… Pour aboutir à l'écriture de scénarios pour la télévision et essentiellement pour le cinéma : "Salut cousin" de Merzak Allouache, plus récemment "Que faisaient les femmes pendant que les hommes marchaient sur la lune" de Chris Vander Stappen et "À la folie, pas du tout" de Laetitia Colombani, produit par Charles Gassot. Elle a écrit en parallèle un livre pour enfants en 1993 et quatre romans depuis 1999. C.T.

bibliographie

adulte

  • Une chambre après l'autre, Denoël, 2001.
  • Départs, Denoël, 2000.
  • Je t'épouse dans les cheveux, Éditions de la Baleine, 1999.
  • Atlantis, avec Luc Besson, Flammarion, 1993.

jeunesse

  • Baribal Ursus Gemtlissimus, Hachette Jeunesse, 1993.

extraits

adulte

Ils ne sortent plus de là-haut, ne ferment plus jamais les volets même sur la nuit, se contemplent de moins en moins.
Cécile, tout à l'heure, a ouvert la grande valise remplie d'habits trop petits pour elle. Elle a choisi une robe marron glacé, couleur des tableaux de son père et elle l'a enfilée n'importe comment sur sa chemise de nuit.
- Je te plais ?
- Et moi ?
Il a insisté, posé trois fois sa question. Cécile un peu effrayée a fait la sourde. Elle a enlevé sa robe, trop petite, poussé la valise sous le lit. Ils ne se sont plus rien dit.
Cécile a regagné son lit. Richard n'a plus quitté sa toile des yeux.

Étourdi de silence, il a fini par remiser tout son matériel de peinture sous l'escalier. Parce qu'il sent bien qu'elle l'aime moins depuis qu'il peint, qu'elle s'éloigne de lui petit à petit. Maintenant, il lui souffle des choses si douces que Cécile a mal au cœur. Paralysée du corps. Il l'emporte, la douche, la recouche. Il boit, il s'égare, debout au-dessus de son lit dans l'obscurité :
- Toi seule sais la vérité. Je ne mourrai jamais, tu me sauves. Tu es la vie, les étoiles, la montagne et le vent. Si je meurs, ne sois pas triste, je suis les étoiles, la montagne et le vent.
Comment dormir après ?
Que faire quand on ne dort plus, ni l'un, ni l'autre, quand on ne sait plus quoi se raconter comme si tout avait été dit.
Cécile, sans sommeil, s'est jetée dans ce silence de trop :
- T'étais où ?
- Quand ?
- Tout ce temps ? Le temps que j'arrive à mes douze ans ?
Richard se tait. Cécile continue. Dans le noir, c'est plus simple :
- En prison ?
Richard bouge sa tête sur l'oreiller. Il nie.
Cécile est bien décidée à en apprendre un peu plus :
- Avec une dame ?
Richard secoue encore la tête.
- Avec des filles ?
Il secoue nerveusement sa tête, sans cesse.
Elle bloque son visage entre ses mains et feint de s'endormir.
Richard se redresse et la chatouille doucement avec ses cheveux de plus en plus longs et embrouillés.
- J'étais pas loin. Moins loin que tu ne crois. J'attendais que mon heure devienne la tienne.
Cécile cesse de respirer pour se concentrer sur chacun de ses mots. Ils se bousculent sur les lèvres de Richard. Il n'en choisit aucun, il les jette comme ils viennent :
- J'étais tout le temps là, caché, ton ange gardien, derrière les voitures, dissimulé dans les buissons, derrière les marronniers, à deux pas de toi, dans le square, dans ta poussette, à l'école, partout. T'étais partout et moi, j'étais avec toi.
Richard s'apaise.
- Je n'avais pas le droit de te voir. On m'avait interdit.
- À cause de la prison ?
- Non.
- C'était pourquoi la prison ? Pour Myriam ?
Il secoue encore la tête. Cécile ne voit plus dans quel sens il la balance sur l'oreiller. Pour un oui, pour un non.

Extrait de "Une chambre après l'autre" © Denoël, 2001

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