Christophe Mileschi

Photo de Christophe  Mileschi
© Julien Mileschi

biographie

Né en 1961 à Nancy, Meurthe-et-Moselle

Vit à Paris

courriel : christophe.mileschi@wanadoo.fr

roman, nouvelle, poésie, essai

Né le 13 juillet 1961 à Nancy ; père de trois enfants.

Agrégation (1986), doctorat (1992) puis habilitation à diriger des recherches (1998) à Paris 4-Sorbonne.

Professeur agrégé en lycée (1986) puis à l’Université Nancy 2 (1989) ; Maître de Conférences à Nancy (1993) puis Professeur de littérature italienne contemporaine à l’Université Stendhal-Grenoble 3 depuis septembre 2001.

A publié dans des revues spécialisées sur des questions touchant la littérature italienne, l’histoire des sciences et des idées, l’éthique, la construction de l’identité nationale, le rapport entre littérature et histoire.

Est l’auteur d’un ouvrage sur Dino Campana et d’un essai sur Carlo Emilio Gadda.

A réalisé plusieurs traductions de textes italiens (Campana, Boine, Pasolini…).

A publié divers textes de création dans des revues, plusieurs plaquettes et un recueil de poèmes ; vient d’achever deux autres recueils poétiques, sous presse chez le même éditeur.

Après avoir achevé plusieurs romans ou récits, poursuit actuellement plusieurs autres projets d’écriture romanesque.

Pratique le théâtre, la musique, l’engagement pour un monde moins violent moins bête et moins méchant : a du boulot en perspective.

Considère et vit l’écriture comme sa façon d’être au monde, et comme le moyen privilégié d’une enquête sur l’ordre (et le désordre) des choses et sur soi-même parmi les choses.

Voit dans l’écriture de création le contraire d’un loisir : le parachèvement de ses autres activités, et de son métier de vivre. C.M.

bibliographie

  • Reggane mon amour, 2012.
  • Gadda contre Gadda : l'écriture comme champ de bataille, ELLUG, 2007.
  • Rue Marangon, Castells éditions, 2006.
  • Maxel Menga, Castells éditions, 2006.
  • Morts et remords, La Fosse aux ours, 2005.
  • ImmensémentLaPeine, illustrations de Françoise Duvivier, Le Nœud des miroirs, 1998.
  • Dino Campana : le mystique du chaos, L'Âge d'homme (Suisse), Lettera, 1998.
  • Hommage à Leonardo Sciascia, Le Nœud des miroirs, 1997.
  • Douleur, cul, emportement, Le Nœud des miroirs, 1996.

extraits

(…)
Tim ne va pas rue Marangon, comme le font d’autres hommes peut-être, parce que le désir des femmes lui fait peur. Avant que le sexe ne coïncide pour lui entièrement avec ses séjours rue Marangon, Tim a connu beaucoup de femmes. Et de chacune il voulait le plaisir, à chacune il cherchait à donner tout le plaisir possible. C’est des limites que les femmes s’imposaient à elles-mêmes dans l’escalade, ou dans la chute vers le fond toujours repoussé de la jouissance, que venaient à chaque fois la lassitude, puis la rupture. Tim inlassablement voulait faire jouir ses femmes. Et ne ménageait pas sa peine. Elles l’aimaient, toutes, pour cette générosité, rare, disaient-elles, chez les gens de son sexe, la plupart obsédés de leur propre et courte giclée. Tim au contraire ne jouissait jamais qu’elles ne jouissent aussi. Patiemment il les attendait, les amenait une fois ou davantage à leur jouissance avant de les rejoindre. Sachant trop bien l’incomparable du plaisir partagé, et que la violence la plus crue devient plus crue encore d’être également désirée par celle qui semble la subir. Tim avait besoin, éperdument besoin que jouissent les femmes pour en jouir.

« Ça aussi, c’est parfaitement contradictoire », lui dit Marc, qui l’écoute parler de Léandrie, et des femmes de sa vie d’avant que Léandrie a rappelées à sa mémoire. « Pourquoi vas-tu rue Marangon, alors ? Pourquoi vas-tu aux putes, comme on dit ? Les putes ne jouissent pas, tu le savais. Et si tu ne le savais pas, maintenant, tu dois le savoir. Non ? »

Tim en convient. Il le savait et il le sait. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est quoi répondre à Marc, et à la voix qui en lui dit que Marc a raison. Il songe, mais n’ose le dire à Marc, que peut-être il voudrait faire jouir les putains. Faire jouir celles qui, par excellence, par professionnalisme, et par souci de leur équilibre mental et physique, justement ne jouissent pas. Sont payées pour ne pas jouir. Ce serait pourtant comme l’hommage, pense-t-il, l’hommage le plus grandiose à la femme, l’hommage qui lui revient. Il a tant joui de Léandrie jouissante. Peut-être, rue Marangon, court-il après un rêve de toute puissance sexuelle. Faire jouir une putain ferait de lui l’égal d’un dieu. Aux temps anciens, il l’a lu quelque part, il y avait des temples où des femmes vivaient, qui n’appartenaient à personne, qui se donnaient à tous, aux prêtres, aux voyageurs que le hasard guidait aux portes de chez elles. Comme le prêtre, l’inconnu qui vient et aussitôt s’en va est l’intermédiaire des dieux. Et les femmes qui le reçoivent sont images des déesses. Dans leur union s’accouplent les ancêtres originels, les créateurs du monde. Tim, le sait-il ? cherche l’ancienne sacralité à l’endroit même où elle a été étranglée, puis enterrée, ensevelie dans l’égoïsme, la matière inerte, l’argent.
(…)

Extrait de "Rue Marangon", écrit entre juillet 2003 et janvier 2005 © Christophe Mileschi

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec une classe
  • conférence

Christophe Mileschi

Photo de Christophe  Mileschi
© Julien Mileschi

biographie

Né en 1961 à Nancy, Meurthe-et-Moselle

Vit à Paris

courriel : christophe.mileschi@wanadoo.fr

roman, nouvelle, poésie, essai

Né le 13 juillet 1961 à Nancy ; père de trois enfants.

Agrégation (1986), doctorat (1992) puis habilitation à diriger des recherches (1998) à Paris 4-Sorbonne.

Professeur agrégé en lycée (1986) puis à l’Université Nancy 2 (1989) ; Maître de Conférences à Nancy (1993) puis Professeur de littérature italienne contemporaine à l’Université Stendhal-Grenoble 3 depuis septembre 2001.

A publié dans des revues spécialisées sur des questions touchant la littérature italienne, l’histoire des sciences et des idées, l’éthique, la construction de l’identité nationale, le rapport entre littérature et histoire.

Est l’auteur d’un ouvrage sur Dino Campana et d’un essai sur Carlo Emilio Gadda.

A réalisé plusieurs traductions de textes italiens (Campana, Boine, Pasolini…).

A publié divers textes de création dans des revues, plusieurs plaquettes et un recueil de poèmes ; vient d’achever deux autres recueils poétiques, sous presse chez le même éditeur.

Après avoir achevé plusieurs romans ou récits, poursuit actuellement plusieurs autres projets d’écriture romanesque.

Pratique le théâtre, la musique, l’engagement pour un monde moins violent moins bête et moins méchant : a du boulot en perspective.

Considère et vit l’écriture comme sa façon d’être au monde, et comme le moyen privilégié d’une enquête sur l’ordre (et le désordre) des choses et sur soi-même parmi les choses.

Voit dans l’écriture de création le contraire d’un loisir : le parachèvement de ses autres activités, et de son métier de vivre. C.M.

bibliographie

  • Reggane mon amour, 2012.
  • Gadda contre Gadda : l'écriture comme champ de bataille, ELLUG, 2007.
  • Rue Marangon, Castells éditions, 2006.
  • Maxel Menga, Castells éditions, 2006.
  • Morts et remords, La Fosse aux ours, 2005.
  • ImmensémentLaPeine, illustrations de Françoise Duvivier, Le Nœud des miroirs, 1998.
  • Dino Campana : le mystique du chaos, L'Âge d'homme (Suisse), Lettera, 1998.
  • Hommage à Leonardo Sciascia, Le Nœud des miroirs, 1997.
  • Douleur, cul, emportement, Le Nœud des miroirs, 1996.

extraits

(…)
Tim ne va pas rue Marangon, comme le font d’autres hommes peut-être, parce que le désir des femmes lui fait peur. Avant que le sexe ne coïncide pour lui entièrement avec ses séjours rue Marangon, Tim a connu beaucoup de femmes. Et de chacune il voulait le plaisir, à chacune il cherchait à donner tout le plaisir possible. C’est des limites que les femmes s’imposaient à elles-mêmes dans l’escalade, ou dans la chute vers le fond toujours repoussé de la jouissance, que venaient à chaque fois la lassitude, puis la rupture. Tim inlassablement voulait faire jouir ses femmes. Et ne ménageait pas sa peine. Elles l’aimaient, toutes, pour cette générosité, rare, disaient-elles, chez les gens de son sexe, la plupart obsédés de leur propre et courte giclée. Tim au contraire ne jouissait jamais qu’elles ne jouissent aussi. Patiemment il les attendait, les amenait une fois ou davantage à leur jouissance avant de les rejoindre. Sachant trop bien l’incomparable du plaisir partagé, et que la violence la plus crue devient plus crue encore d’être également désirée par celle qui semble la subir. Tim avait besoin, éperdument besoin que jouissent les femmes pour en jouir.

« Ça aussi, c’est parfaitement contradictoire », lui dit Marc, qui l’écoute parler de Léandrie, et des femmes de sa vie d’avant que Léandrie a rappelées à sa mémoire. « Pourquoi vas-tu rue Marangon, alors ? Pourquoi vas-tu aux putes, comme on dit ? Les putes ne jouissent pas, tu le savais. Et si tu ne le savais pas, maintenant, tu dois le savoir. Non ? »

Tim en convient. Il le savait et il le sait. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est quoi répondre à Marc, et à la voix qui en lui dit que Marc a raison. Il songe, mais n’ose le dire à Marc, que peut-être il voudrait faire jouir les putains. Faire jouir celles qui, par excellence, par professionnalisme, et par souci de leur équilibre mental et physique, justement ne jouissent pas. Sont payées pour ne pas jouir. Ce serait pourtant comme l’hommage, pense-t-il, l’hommage le plus grandiose à la femme, l’hommage qui lui revient. Il a tant joui de Léandrie jouissante. Peut-être, rue Marangon, court-il après un rêve de toute puissance sexuelle. Faire jouir une putain ferait de lui l’égal d’un dieu. Aux temps anciens, il l’a lu quelque part, il y avait des temples où des femmes vivaient, qui n’appartenaient à personne, qui se donnaient à tous, aux prêtres, aux voyageurs que le hasard guidait aux portes de chez elles. Comme le prêtre, l’inconnu qui vient et aussitôt s’en va est l’intermédiaire des dieux. Et les femmes qui le reçoivent sont images des déesses. Dans leur union s’accouplent les ancêtres originels, les créateurs du monde. Tim, le sait-il ? cherche l’ancienne sacralité à l’endroit même où elle a été étranglée, puis enterrée, ensevelie dans l’égoïsme, la matière inerte, l’argent.
(…)

Extrait de "Rue Marangon", écrit entre juillet 2003 et janvier 2005 © Christophe Mileschi

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