Gérard Parent

Photo de Gérard  Parent
© Gérard Parent

biographie

Né en 1949 à Paris

Vit dans la Drôme

poésie

Je suis né dans le quinzième arrondissement (comme tout petit breton qui se respecte).

Vers trois ans et demi, dans mon village des Côtes du Nord (Aujourd'hui, après le concept de communication ça s'appelle Côtes d'Armor), grâce à un voyageur momentanément arrêté, du nom de Stanislas du Bouay de la Bécassière (ça ne s'invente pas), j'ai appris à lire dans un gros livre à tranche dorée, parmi les contes de Jules Verne (les amateurs connaissent). Chaque histoire était précédée d'une gravure protégée par un voile de papier cristal. J'ai ainsi pris le goût de la lecture, du dessin mystérieux et du voyage dans l'imaginaire, imprégné de l'odeur du costume de velours un peu humide de Stanis.

Il m'a fallu quelques années, et des tourments, pour quitter les voies tracées par des études sérieuses afin de prendre les chemins buissonniers. Comme une sorte de convalescence, la campagne d'abord, puis l'apprentissage des mains et du cœur en découvrant le métier de potier.

De pot en pot, le dessin m'est revenu, puis l'écriture.

Aujourd'hui je vis dans un petit village de la Drôme où, chaque jour, je guette l'éveil d'une suite de mots ou un dessin, c'est selon. Parfois juste le silence. Mais "N'est-ce pas occupation suffisante que d'être prêt ?", pensait Rainer Maria Rilke. G.P.

bibliographie

  • Fragments d'espoir, textes de Marion Haas, images de Gérard Parent, M. Haas, 1998.
  • L'Avant-bras droit, illustré par l'auteur, augmenté d'un bronze original, Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1997.
  • Je voudrais vous mettre dans ma poche et marcher longtemps, Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1995.
  • À folle allure, œuvres de Caroline Sagot-Duvauroux et de l'auteur, Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1994.
  • Allée des arbres écrits, avec Sylvain Dubois et Jean-Pierre Thiébaut, Éditions du Lilas, 1993.

extraits

Je voudrais vous mettre dans ma poche et marcher longtemps


Pierres du Vellan.

Tas de pierres, vol en suspens, chutes, impossibilité d'envol.

Abandonné.

J'ai imaginé une barque de pierres sertie de buis.

J'ai erré.

Je n'ai pas osé prier, j'avais encore à perdre.
Je me suis nourri de votre nerf vital, j'ai bu votre substance.
J'aimerais tant que chaque ligne tracée soit restitution.

Entassements muets.

Le voyageur des Andes, lorsqu'il franchit un col, s'y arrête et dépose une pierre.
Des hommes-enfants sont-ils venus, chacun signant sa trace ?

Pyramides du passage.

Pierres fendues, percées, plissées, entaillées, posées, il m'a semblé que le creux noir qui vous dessine tremblait d'attendre.
Je vous ai prises dans ma main, l'indicible m'a glacé.
J'ai cru voir, entre deux courbes, la lisière d'un grand vide.

Absence. Ou ce qui n'a pas encore été dit ?

En breton on nomme la pierre "maen".
Corps de pierre, respirations figées, sensualités contenues.
Tumulus, dolmen, cairn, cromlech, monolithe, mégalithe, pyramide, omphalos, bétyle, "beïth-el", "menzeh", stèle, cénotaphe, tombe. J'ai repris mes esprits, à peu près debout.

Précaire.

Qui, quoi assemble vos molécules ? Et pour combien de temps ?

Virtuel.

Vous étiez monolithes sacrés. Un index géant vous ont émiettées.
Cénotaphe couchés dans l'herbe.

Où sont ces corps ?

J'ai espéré une révélation. J'aime votre silence rangé. Il n'y a pas de réponse.
Je suis sûr que le vent pourrait disperser ce recueil, pourtant il vous a couvertes d'une peau de lichen gris.
Dessous, enfoui, à cœur, gisant, tout est là.

Vertige.

"Qui dira par une bouche amère
ce qui tient mon âme emprisonnée ?"*
J'ai couru après des signes. Allant trop vite, je suis tombé la tête la première. J'avais la bouche pleine de pierres, un goût salé et des ombres tranchantes y refluaient.
Compressions, déchirures, éruptions, plissements, vous ont accouchées.

Violence.

L'enfant est doux pourtant. J'ai posé ma joue sur votre ventre tendu et frais, androgyne.

Paix.

Je me suis réconcilié avec le monde.
J'aime vos courbes et votre peau à histoires.
Autrefois les femmes de Lomariaquer se frottaient le ventre de la poussière des dolmens pour appeler à la fertilité.

Peau contre poussière de peaux.

Enfant je piquais d'une aiguille les rochers de Plougastel et je faisais un vœu.
Aujourd'hui, étendu sur vos arêtes, livré, des milliers de fourmis me picorent le cœur.
Je voudrais retirer ces tiges de métal, vous mettre dans ma poche et marcher longtemps, longtemps.

Lourd.

Léger.

* G Servat


Extrait de "Je voudrais vous mettre dans ma poche et marcher longtemps" © Éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1995

médiation

  • lecture
  • rencontre avec des publics empêchés
  • création de livres et d'expositions
  • rencontre avec une classe

Gérard Parent

Photo de Gérard  Parent
© Gérard Parent

biographie

Né en 1949 à Paris

Vit dans la Drôme

poésie

Je suis né dans le quinzième arrondissement (comme tout petit breton qui se respecte).

Vers trois ans et demi, dans mon village des Côtes du Nord (Aujourd'hui, après le concept de communication ça s'appelle Côtes d'Armor), grâce à un voyageur momentanément arrêté, du nom de Stanislas du Bouay de la Bécassière (ça ne s'invente pas), j'ai appris à lire dans un gros livre à tranche dorée, parmi les contes de Jules Verne (les amateurs connaissent). Chaque histoire était précédée d'une gravure protégée par un voile de papier cristal. J'ai ainsi pris le goût de la lecture, du dessin mystérieux et du voyage dans l'imaginaire, imprégné de l'odeur du costume de velours un peu humide de Stanis.

Il m'a fallu quelques années, et des tourments, pour quitter les voies tracées par des études sérieuses afin de prendre les chemins buissonniers. Comme une sorte de convalescence, la campagne d'abord, puis l'apprentissage des mains et du cœur en découvrant le métier de potier.

De pot en pot, le dessin m'est revenu, puis l'écriture.

Aujourd'hui je vis dans un petit village de la Drôme où, chaque jour, je guette l'éveil d'une suite de mots ou un dessin, c'est selon. Parfois juste le silence. Mais "N'est-ce pas occupation suffisante que d'être prêt ?", pensait Rainer Maria Rilke. G.P.

bibliographie

  • Fragments d'espoir, textes de Marion Haas, images de Gérard Parent, M. Haas, 1998.
  • L'Avant-bras droit, illustré par l'auteur, augmenté d'un bronze original, Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1997.
  • Je voudrais vous mettre dans ma poche et marcher longtemps, Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1995.
  • À folle allure, œuvres de Caroline Sagot-Duvauroux et de l'auteur, Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1994.
  • Allée des arbres écrits, avec Sylvain Dubois et Jean-Pierre Thiébaut, Éditions du Lilas, 1993.

extraits

Je voudrais vous mettre dans ma poche et marcher longtemps


Pierres du Vellan.

Tas de pierres, vol en suspens, chutes, impossibilité d'envol.

Abandonné.

J'ai imaginé une barque de pierres sertie de buis.

J'ai erré.

Je n'ai pas osé prier, j'avais encore à perdre.
Je me suis nourri de votre nerf vital, j'ai bu votre substance.
J'aimerais tant que chaque ligne tracée soit restitution.

Entassements muets.

Le voyageur des Andes, lorsqu'il franchit un col, s'y arrête et dépose une pierre.
Des hommes-enfants sont-ils venus, chacun signant sa trace ?

Pyramides du passage.

Pierres fendues, percées, plissées, entaillées, posées, il m'a semblé que le creux noir qui vous dessine tremblait d'attendre.
Je vous ai prises dans ma main, l'indicible m'a glacé.
J'ai cru voir, entre deux courbes, la lisière d'un grand vide.

Absence. Ou ce qui n'a pas encore été dit ?

En breton on nomme la pierre "maen".
Corps de pierre, respirations figées, sensualités contenues.
Tumulus, dolmen, cairn, cromlech, monolithe, mégalithe, pyramide, omphalos, bétyle, "beïth-el", "menzeh", stèle, cénotaphe, tombe. J'ai repris mes esprits, à peu près debout.

Précaire.

Qui, quoi assemble vos molécules ? Et pour combien de temps ?

Virtuel.

Vous étiez monolithes sacrés. Un index géant vous ont émiettées.
Cénotaphe couchés dans l'herbe.

Où sont ces corps ?

J'ai espéré une révélation. J'aime votre silence rangé. Il n'y a pas de réponse.
Je suis sûr que le vent pourrait disperser ce recueil, pourtant il vous a couvertes d'une peau de lichen gris.
Dessous, enfoui, à cœur, gisant, tout est là.

Vertige.

"Qui dira par une bouche amère
ce qui tient mon âme emprisonnée ?"*
J'ai couru après des signes. Allant trop vite, je suis tombé la tête la première. J'avais la bouche pleine de pierres, un goût salé et des ombres tranchantes y refluaient.
Compressions, déchirures, éruptions, plissements, vous ont accouchées.

Violence.

L'enfant est doux pourtant. J'ai posé ma joue sur votre ventre tendu et frais, androgyne.

Paix.

Je me suis réconcilié avec le monde.
J'aime vos courbes et votre peau à histoires.
Autrefois les femmes de Lomariaquer se frottaient le ventre de la poussière des dolmens pour appeler à la fertilité.

Peau contre poussière de peaux.

Enfant je piquais d'une aiguille les rochers de Plougastel et je faisais un vœu.
Aujourd'hui, étendu sur vos arêtes, livré, des milliers de fourmis me picorent le cœur.
Je voudrais retirer ces tiges de métal, vous mettre dans ma poche et marcher longtemps, longtemps.

Lourd.

Léger.

* G Servat


Extrait de "Je voudrais vous mettre dans ma poche et marcher longtemps" © Éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, 1995

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