Geneviève Metge

Photo de Geneviève  Metge
© Geneviève Metge

biographie

Née en 1938 à Jallieu, Isère

Vit dans le Rhône

roman, poésie, récit

Enfance à la campagne. Vit à Lyon, fait de longs séjours dans le Luberon. A effectué des études de lettres après 1968.

Travail avec des enfants sur l'écriture poétique qui se concrétise par une maîtrise de lettres : La poésie à l'école.

Travail avec des adultes en expression écrite et orale.

Aujourd'hui anime des ateliers d'écriture au musée de l'Imprimerie de Lyon et dans le cadre de la formation permanente. G.M.

bibliographie

  • Un chemin troué, Diabase, 2011.
  • Trente ans après, La Passe du vent, 2006.
  • La Fête votive, La Passe du vent, 2001.
  • Les Grandes Terres, Paroles d'Aube, 1998.
  • La Voix douce, Ipomée, 1989.
  • Le Pays du père, Le Pré de l'âge, 1985.
  • D'eau et de pierre, Cheyne éditeur, 1983.
  • Terres / La Soif, Cheyne éditeur, 1981.
  • Le Soleil s'est tu, Le Pré de l'âge, 1981.

extraits

Élisabeth dit que retrouver la maison silencieuse est une épreuve chaque jour renouvelée. Les copains de Fabien n'appellent plus, la musique rock et techno ne traverse plus les murs, dans la chambre les livres, les cahiers, les classeurs sont empilés sur les rayonnages. Plus de boîtes de bière sur la table, une vague odeur de cigarette traîne encore, qui peu à peu disparaîtra comme la trace du cambouis sous l'auvent.
Magali est restée quelques jours avec sa mère. Malgré le vent du sud, elles s'installaient dans le jardin, regardaient les allées et venues de Louis. Du bac à sable jusqu'au robinet où il remplissait un petit arrosoir en plastique. Il se délectait dans la gadoue, mesurant du coin de l'œil jusqu'où il pouvait aller. Le petit garçon occupait leur temps, leurs pensées. Après leur départ Élisabeth a rangé les transats, il s'est mis à pleuvoir, une pluie orageuse qui a abîmé la glycine, couché les roses.
En rentrant de son travail, elle s'asseyait au salon, près de la fenêtre, malgré la grisaille elle n'allumait aucune lampe. André arrivait de plus en plus tard. Après l'été, quand les jours avaient raccourci, elle n'éclairait pas davantage. Elle trouvait un peu de paix en observant le ciel, le déclin de la lumière, parfois les nuages frangés de rose.
Elle ne faisait ni courses ni repas, André palliait cette défaillance en remplissant le congélateur. Les surgelés n'avaient aucun goût, cela était égal à l'un comme à l'autre. Élisabeth aurait voulu le remercier, elle ne trouvait aucun mot. La mort de leur fils qu'ils enduraient instant après instant avait mis une telle distance entre eux que, malgré leurs efforts, ils n'arrivaient pas à la combler.

Un dimanche, elle lui avait demandé de l'accompagner au musée. Ils s'étaient arrêtés devant les annonciations, les visages purs des toutes jeunes filles écoutant la voix de l'ange. Puis devant les vierges présentant leur bambin au monde, ils avaient terminé leur visite devant une pietà d'un élève du Titien. La Mater dolorosa tient sur ses genoux son enfant mort. Les tons verdâtres de la peau du crucifié, les traces de son supplice, ses yeux fermés. Les traits de la mère creusés, défigurés, décomposés par ce scandale, la mort de son fils.
Ils étaient restés assis longtemps sur une banquette placée devant le tableau. André avait pris la main d'Élisabeth entre les siennes. En les voyant les visiteurs passaient derrière eux, de peur de les déranger.

Inédit, titre provisoire "Les copines de classe" © Geneviève Metge

médiation

  • lecture
  • rencontre avec des publics empêchés
  • atelier d'écriture

presse

livre & lire

Geneviève Metge

Photo de Geneviève  Metge
© Geneviève Metge

biographie

Née en 1938 à Jallieu, Isère

Vit dans le Rhône

roman, poésie, récit

Enfance à la campagne. Vit à Lyon, fait de longs séjours dans le Luberon. A effectué des études de lettres après 1968.

Travail avec des enfants sur l'écriture poétique qui se concrétise par une maîtrise de lettres : La poésie à l'école.

Travail avec des adultes en expression écrite et orale.

Aujourd'hui anime des ateliers d'écriture au musée de l'Imprimerie de Lyon et dans le cadre de la formation permanente. G.M.

bibliographie

  • Un chemin troué, Diabase, 2011.
  • Trente ans après, La Passe du vent, 2006.
  • La Fête votive, La Passe du vent, 2001.
  • Les Grandes Terres, Paroles d'Aube, 1998.
  • La Voix douce, Ipomée, 1989.
  • Le Pays du père, Le Pré de l'âge, 1985.
  • D'eau et de pierre, Cheyne éditeur, 1983.
  • Terres / La Soif, Cheyne éditeur, 1981.
  • Le Soleil s'est tu, Le Pré de l'âge, 1981.

extraits

Élisabeth dit que retrouver la maison silencieuse est une épreuve chaque jour renouvelée. Les copains de Fabien n'appellent plus, la musique rock et techno ne traverse plus les murs, dans la chambre les livres, les cahiers, les classeurs sont empilés sur les rayonnages. Plus de boîtes de bière sur la table, une vague odeur de cigarette traîne encore, qui peu à peu disparaîtra comme la trace du cambouis sous l'auvent.
Magali est restée quelques jours avec sa mère. Malgré le vent du sud, elles s'installaient dans le jardin, regardaient les allées et venues de Louis. Du bac à sable jusqu'au robinet où il remplissait un petit arrosoir en plastique. Il se délectait dans la gadoue, mesurant du coin de l'œil jusqu'où il pouvait aller. Le petit garçon occupait leur temps, leurs pensées. Après leur départ Élisabeth a rangé les transats, il s'est mis à pleuvoir, une pluie orageuse qui a abîmé la glycine, couché les roses.
En rentrant de son travail, elle s'asseyait au salon, près de la fenêtre, malgré la grisaille elle n'allumait aucune lampe. André arrivait de plus en plus tard. Après l'été, quand les jours avaient raccourci, elle n'éclairait pas davantage. Elle trouvait un peu de paix en observant le ciel, le déclin de la lumière, parfois les nuages frangés de rose.
Elle ne faisait ni courses ni repas, André palliait cette défaillance en remplissant le congélateur. Les surgelés n'avaient aucun goût, cela était égal à l'un comme à l'autre. Élisabeth aurait voulu le remercier, elle ne trouvait aucun mot. La mort de leur fils qu'ils enduraient instant après instant avait mis une telle distance entre eux que, malgré leurs efforts, ils n'arrivaient pas à la combler.

Un dimanche, elle lui avait demandé de l'accompagner au musée. Ils s'étaient arrêtés devant les annonciations, les visages purs des toutes jeunes filles écoutant la voix de l'ange. Puis devant les vierges présentant leur bambin au monde, ils avaient terminé leur visite devant une pietà d'un élève du Titien. La Mater dolorosa tient sur ses genoux son enfant mort. Les tons verdâtres de la peau du crucifié, les traces de son supplice, ses yeux fermés. Les traits de la mère creusés, défigurés, décomposés par ce scandale, la mort de son fils.
Ils étaient restés assis longtemps sur une banquette placée devant le tableau. André avait pris la main d'Élisabeth entre les siennes. En les voyant les visiteurs passaient derrière eux, de peur de les déranger.

Inédit, titre provisoire "Les copines de classe" © Geneviève Metge

médiation

  • lecture
  • rencontre avec des publics empêchés
  • atelier d'écriture

presse

livre & lire

sur le fil

Attention

Ce site internet n’est aujourd’hui plus actualisé car il fera peau neuve en juin 2017. L’équipe de l’Arald vous proposera bientôt une nouvelle forme de navigation dans le site centrée autour de la médiation, des présentations détaillées des auteurs et de leurs publications, des informations pratiques mais aussi les actualités de la vie littéraire dans la région.

 

Merci de votre patience, et à très […] Lire la suite

Calendrier d'événements

mai 2017
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031EC

événements à venir

  • Pas d'événement.