Hafid Aggoune

Photo de Hafid  Aggoune
© Brigitte Lo Cicéro

biographie

Né en 1973 à Saint-Étienne, Loire

Vit à Paris

site personnel : http://www.hafidaggoune.com

courriel : i.contactpresse@gmail.com

roman, nouvelle

D'origine kabyle et espagnole par son père et berbère marocain et juive par sa mère, Hafid Aggoune est né le 17 mars 1973 à Saint-Étienne. Il a reçu une éducation basée sur la laïcité, l'amour et la persévérance.

Élève au lycée Claude Fauriel, il obtient son baccalauréat et quitte Saint-Étienne pour Lyon où il vivra 5 ans.

Il finance ses études par différents petits emplois (livreur de pizza, réceptionniste hôtelier, sondages téléphoniques).

Dès la première année, parallèlement à sa vie d'étudiant/salarié, il écrit de la poésie et poursuit un important journal intime. Ébauché sous plusieurs titres temporaires, les premières lignes de son premier roman, "Les Avenirs", y verront le jour, roman qu’il ne cessera de retravailler

de l’âge de 20 ans à sa publication, à 31 ans.

Licencié en lettres modernes et en histoire de l'art, il s'installe à Aix-en-Provence et y obtient un DUT métiers du livre sans cesser d'écrire. Plusieurs expériences professionnelles lui permettent de rester proche des livres (libraire à Aix-en-Provence et durant les salons du livre de Paris et de Montreuil, stagiaire au service de presse des éditions de la Découverte).

Hafid Aggoune vivra ensuite à Venise, puis Paris où il a choisi de se fixer. Durant un an et demi, il occupera un poste de libraire à l’Institut du monde arabe.

Fin 2003, après plusieurs envois postaux, il choisit les éditions Farrago entre plusieurs propositions positives d'éditeurs et publie "Les Avenirs", son premier roman, accueilli de manière dithyrambique par la critique et les libraires (Prix de l'Armitière 2004 et Prix Félix Fénéon de littérature 2005).

H.A.

bibliographie

  • Anne F., éditions Plon, 2015.
  • Rêve 78, Joëlle Losfeld, 2009.
  • Premières heures au paradis, Denoël, Romans français, 2008.
  • Quelle nuit sommes-nous ?, Farrago, 2005.
  • Les Avenirs, Farrago, 2004.

extraits

Je suis arrivé à Venise avec la totalité de mes livres et de mes vêtements, c'est-à-dire tout ce que je possède au monde et qui tient dans une valise et un long sac noir très lourd.
Très vite, je suis passé du siège de l’avion à un banc sur un vaporetto, approchant de la Giudecca au rythme du moteur, la fraîcheur de l’Adriatique me claquant au visage.
Je descends à Zitelle. De là, il faut traverser l’île par le calle Michel-Angelo et attendre.
Quatre personnes débarquent avec moi : deux hommes qui semblent rentrer du travail, une vieille femme et un enfant poussant un diable rempli de commissions.
Il suffit de prendre l’île dans sa largeur pour se retrouver de l’autre côté, dos à Venise.
La Giudecca est sans touriste.
L’île a d’abord été la terre d’exil des familles vénitiennes condamnées après le giudicato (jugement). Au Moyen âge, tous les juifs furent relégués ici, à l’écart. On leur a fait porter une marque distinctive, jaune.
Après la courte traversée de rues désertes, je me tiens debout sur le ponton, face à l'île de Sainte-Marie-des-Grâces.
J’attends.

Je sors un livre du sac noir qui en regorge, le premier qui vient, ouvert au hasard.
La page est un cliché en noir et blanc.
Un homme entouré d'objets nous regarde.
C'est l’atelier de Francis Bacon.
Ces choses éparses ressemblent à des fantômes l’accompagnant dans son quotidien. L’homme semble faire corps avec le chaos. Il appartient à son espace. Son art le compose, l’englobe. Il s’y noie comme l’alcool vous prend votre vie. C’est la passion. La peinture est son corps. Son corps
est dans les tubes, prêt au cri sur la toile.
J’imagine toute cette poussière, la peau du temps sur le monde.
L'homme est assis dans une posture étrange, au milieu de la pièce : une fosse de tubes, chiffons secs et matériaux aux origines à jamais perdues, cahiers, classeurs empilés, croquis, ébauches.
Il regarde notre laideur.
Son regard nous traverse, nous taille. Il nous ouvre au scalpel. La peau s’écarte sans résistance. Les os craquent. Nos visages se tordent. Nos êtres montrent les affres, les peurs, les cicatrices, la beauté cachée de notre plus belle humanité.
Défigurés, nous existons enfin.

Extrait de "Quelle nuit sommes-nous ?" © éditions Farrago, septembre 2005.

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec une classe

presse

livre & lire

Hafid Aggoune

Photo de Hafid  Aggoune
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Vit à Paris

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courriel : i.contactpresse@gmail.com

roman, nouvelle

D'origine kabyle et espagnole par son père et berbère marocain et juive par sa mère, Hafid Aggoune est né le 17 mars 1973 à Saint-Étienne. Il a reçu une éducation basée sur la laïcité, l'amour et la persévérance.

Élève au lycée Claude Fauriel, il obtient son baccalauréat et quitte Saint-Étienne pour Lyon où il vivra 5 ans.

Il finance ses études par différents petits emplois (livreur de pizza, réceptionniste hôtelier, sondages téléphoniques).

Dès la première année, parallèlement à sa vie d'étudiant/salarié, il écrit de la poésie et poursuit un important journal intime. Ébauché sous plusieurs titres temporaires, les premières lignes de son premier roman, "Les Avenirs", y verront le jour, roman qu’il ne cessera de retravailler

de l’âge de 20 ans à sa publication, à 31 ans.

Licencié en lettres modernes et en histoire de l'art, il s'installe à Aix-en-Provence et y obtient un DUT métiers du livre sans cesser d'écrire. Plusieurs expériences professionnelles lui permettent de rester proche des livres (libraire à Aix-en-Provence et durant les salons du livre de Paris et de Montreuil, stagiaire au service de presse des éditions de la Découverte).

Hafid Aggoune vivra ensuite à Venise, puis Paris où il a choisi de se fixer. Durant un an et demi, il occupera un poste de libraire à l’Institut du monde arabe.

Fin 2003, après plusieurs envois postaux, il choisit les éditions Farrago entre plusieurs propositions positives d'éditeurs et publie "Les Avenirs", son premier roman, accueilli de manière dithyrambique par la critique et les libraires (Prix de l'Armitière 2004 et Prix Félix Fénéon de littérature 2005).

H.A.

bibliographie

  • Anne F., éditions Plon, 2015.
  • Rêve 78, Joëlle Losfeld, 2009.
  • Premières heures au paradis, Denoël, Romans français, 2008.
  • Quelle nuit sommes-nous ?, Farrago, 2005.
  • Les Avenirs, Farrago, 2004.

extraits

Je suis arrivé à Venise avec la totalité de mes livres et de mes vêtements, c'est-à-dire tout ce que je possède au monde et qui tient dans une valise et un long sac noir très lourd.
Très vite, je suis passé du siège de l’avion à un banc sur un vaporetto, approchant de la Giudecca au rythme du moteur, la fraîcheur de l’Adriatique me claquant au visage.
Je descends à Zitelle. De là, il faut traverser l’île par le calle Michel-Angelo et attendre.
Quatre personnes débarquent avec moi : deux hommes qui semblent rentrer du travail, une vieille femme et un enfant poussant un diable rempli de commissions.
Il suffit de prendre l’île dans sa largeur pour se retrouver de l’autre côté, dos à Venise.
La Giudecca est sans touriste.
L’île a d’abord été la terre d’exil des familles vénitiennes condamnées après le giudicato (jugement). Au Moyen âge, tous les juifs furent relégués ici, à l’écart. On leur a fait porter une marque distinctive, jaune.
Après la courte traversée de rues désertes, je me tiens debout sur le ponton, face à l'île de Sainte-Marie-des-Grâces.
J’attends.

Je sors un livre du sac noir qui en regorge, le premier qui vient, ouvert au hasard.
La page est un cliché en noir et blanc.
Un homme entouré d'objets nous regarde.
C'est l’atelier de Francis Bacon.
Ces choses éparses ressemblent à des fantômes l’accompagnant dans son quotidien. L’homme semble faire corps avec le chaos. Il appartient à son espace. Son art le compose, l’englobe. Il s’y noie comme l’alcool vous prend votre vie. C’est la passion. La peinture est son corps. Son corps
est dans les tubes, prêt au cri sur la toile.
J’imagine toute cette poussière, la peau du temps sur le monde.
L'homme est assis dans une posture étrange, au milieu de la pièce : une fosse de tubes, chiffons secs et matériaux aux origines à jamais perdues, cahiers, classeurs empilés, croquis, ébauches.
Il regarde notre laideur.
Son regard nous traverse, nous taille. Il nous ouvre au scalpel. La peau s’écarte sans résistance. Les os craquent. Nos visages se tordent. Nos êtres montrent les affres, les peurs, les cicatrices, la beauté cachée de notre plus belle humanité.
Défigurés, nous existons enfin.

Extrait de "Quelle nuit sommes-nous ?" © éditions Farrago, septembre 2005.

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