Hubert Voignier

Photo de Hubert  Voignier
© Hubert Voignier

biographie

Né en 1964 à Lyon, Rhône

Vit dans le Rhône

poésie, récit

A passé une enfance partagée entre la banlieue plane qui s'étend à l'est de la ville, et le territoire d'une petite commune du sud de la Bourgogne, le long de la Saône. Après dix années de vie citadine en famille, sur les collines de la Croix-Rousse, a migré vers les monts du Lyonnais, à l'opposé de son lieu d'origine, pour enseigner sa langue dans une solitude rurale. Vit et travaille de nouveau à Lyon depuis septembre 2001.

S'est essayé tout d'abord à la poésie, qu'il a tenté de convertir ou d'appréhender par la suite, dans de brefs proses ou essais réunis en recueils ("Suites terrestres" en 1991, "Paysages" en 1994, "Les Hauts Plateaux en 1996"), avant de revenir aux poèmes ("Prosaïques", en préparation) et parvenir à se raconter plus tard sous une autre forme ?

A également publié deux textes en revues ("Les Hautes herbes" dans les numéros 26/27 de "Théodore Balmoral", printemps/été 1997, et "Le Débat solitaire" dans le numéro 93 de "Verso", en mai 1998, des poèmes extraits de "Prosaïques" dans le numéro 2, automne-hiver 2000, de "L'Atelier contemporain", et une courte étude intitulée "Bonnefoy et les peintres" parue dans le numéro 55-56 de la revue "La Sape" au 2e trimestre 2001.). H.V.

bibliographie

  • Le Morateur, Cheyne éditeur, 2008.
  • Le Débat solitaire, Cheyne éditeur, 2006.
  • Les Hautes Herbes, Cheyne éditeur, 2004. Réédition en novembre 2011.
  • Paysages, encore, et autres petits contes, Cheyne éditeur, 2003.
  • Les Hauts Plateaux, Deyrolle, 1996.
  • Paysages, Deyrolle, 1994.
  • Suites terrestres, Cheyne éditeur, 1991.

extraits

de ce qui n'a lieu
qu'en pure perte comme une gerbe de feux
d'artifice - instants qui n'ont de réalité
en dehors de leur seule existence abrégée
- mais à quoi bon ces mythologies personnelles,
vaines litanies de noms gravés sur les stèles,
titres, hommages, dédicaces, épitaphes,
aux frontons de livres, monuments, cénotaphes ? 26 - Pour qui laisse les jours filer
sans rien faire, et la vie aller
son cours uniforme en roue libre,
comme un mobile à l'équilibre,
le temps est un espace étale
où toutes choses sont égales,
et le présent à sa surface
reste en apparence sur place.

Serait-ce la mort aussi bien,
cet état de fait quotidien,
n'étaient les frottements au monde
infimes, usures profondes
qui lestent le corps de leurs rêts
dans sa course jusqu'à l'arrêt. 27 - Corps des passantes aperçues au vol
à peine soulevé un coin du voile
sur des apparences qui se dérobent
sitôt pressenties sous les jeans, les robes :
seins, fesses, pubis, fantômes charnels
(je doute que ce soit là l'essentiel),
- ô formes, figures surgies du fond
des rues, ouvertures, éclairs, visions
célestes qui creusent le manque, appels
à suivre un quelconque (septième) ciel
- le ciel, cette pièce de lingerie
fine couvrant l'universelle nuit. 28 - Le moyen d'écrire encore
sans parler pour ne rien dire
à personne et qui plus est
faire de cet aveu d'être
incapable une manière
de célébrer néanmoins
quelque chose, comme on sauve
du naufrage maints débris
épars, verba facere,
plutôt que demeurer coi,
tracer au pire une croix
à la place de néant. 29 - Rien n'arrive, je suis toujours
davantage rendu à moi-même,
à savoir occupé de rien,
comme une place évacuée,
un fort intérieur dévasté,
envahi d'absence vorace.

Ô vous autres, lointains ou proches,
mes interlocuteurs rêvés,
puissiez-vous ne pas me laisser
seul, ne pas me perdre de vue,
dans ce brouillard que je deviens,
l'être peu à peu s'atténue. 30 - Fenêtres d'appartements aperçues
en voiture découvertes béantes
au passage comme des yeux vitrés
dépourvus de paupières eaux profondes
opacifiées recelant des espaces
intérieurs intrigants naguère combles
avec leurs pièces agencées comment
déjà aménagées dans quel état
des lieux que paraissent avoir vidés
les derniers locataires pour toujours
laissant place à quels nouveaux arrivants
inconnus itinérants anonymes

appartements déserts néanmoins noirs
de monde en souffrance vacuum plein
du silence vibrant des pas perdus
de ceux qui auront vécu transité
combien de temps dans leurs murs aux surfaces
successives effacées habitants
occasionnels où avez-vous migré
disparu enfin sans laisser d'adresse ? 31 - Ainsi va la suite des heures
à vivre encore ici sans trêve,
tant qu'à la fin chacun en meurt
emportant dans sa nuit le rêve
d'avoir aimé, vécu, été
aimé un peu de temps réel,
d'avoir conçu l'éternité
à son horizon personnel,
ne serait-ce qu'en souvenir,
d'en avoir entrevu l'idée
qui s'entête comme un sourire
au-delà du sort décidé. 32 - Comme un aveugle par les rues,
un être en soi même inconnu,
à serrer l'autre, son alter
ego aimé obstinément
sans bien cerner ce qui se cache
sous ce terme que l'on préfère
taire, ni ce que l'on pourchasse
de l'ombre ou de la proie vraiment
dans cette apparence de jour,
à suivre un quelconque secours
dans le temps, de partout la nuit
revêt des dehors lumineux
qui leurrent et fourvoient celui
qui va écarquillant les yeux. 33 - Mais que deviennent ces histoires
d'amour, mort ou laissé pour tel,
passé sous quel silence noir,
les paroles poursuivent-elles
leur cours, et les débats le soir
reprennent-ils donc de plus belle,
sous

Extraits de "Prosaïques", travail en cours © Hubert Voignier

médiation

  • lecture

presse

livre & lire

Hubert Voignier

Photo de Hubert  Voignier
© Hubert Voignier

biographie

Né en 1964 à Lyon, Rhône

Vit dans le Rhône

poésie, récit

A passé une enfance partagée entre la banlieue plane qui s'étend à l'est de la ville, et le territoire d'une petite commune du sud de la Bourgogne, le long de la Saône. Après dix années de vie citadine en famille, sur les collines de la Croix-Rousse, a migré vers les monts du Lyonnais, à l'opposé de son lieu d'origine, pour enseigner sa langue dans une solitude rurale. Vit et travaille de nouveau à Lyon depuis septembre 2001.

S'est essayé tout d'abord à la poésie, qu'il a tenté de convertir ou d'appréhender par la suite, dans de brefs proses ou essais réunis en recueils ("Suites terrestres" en 1991, "Paysages" en 1994, "Les Hauts Plateaux en 1996"), avant de revenir aux poèmes ("Prosaïques", en préparation) et parvenir à se raconter plus tard sous une autre forme ?

A également publié deux textes en revues ("Les Hautes herbes" dans les numéros 26/27 de "Théodore Balmoral", printemps/été 1997, et "Le Débat solitaire" dans le numéro 93 de "Verso", en mai 1998, des poèmes extraits de "Prosaïques" dans le numéro 2, automne-hiver 2000, de "L'Atelier contemporain", et une courte étude intitulée "Bonnefoy et les peintres" parue dans le numéro 55-56 de la revue "La Sape" au 2e trimestre 2001.). H.V.

bibliographie

  • Le Morateur, Cheyne éditeur, 2008.
  • Le Débat solitaire, Cheyne éditeur, 2006.
  • Les Hautes Herbes, Cheyne éditeur, 2004. Réédition en novembre 2011.
  • Paysages, encore, et autres petits contes, Cheyne éditeur, 2003.
  • Les Hauts Plateaux, Deyrolle, 1996.
  • Paysages, Deyrolle, 1994.
  • Suites terrestres, Cheyne éditeur, 1991.

extraits

de ce qui n'a lieu
qu'en pure perte comme une gerbe de feux
d'artifice - instants qui n'ont de réalité
en dehors de leur seule existence abrégée
- mais à quoi bon ces mythologies personnelles,
vaines litanies de noms gravés sur les stèles,
titres, hommages, dédicaces, épitaphes,
aux frontons de livres, monuments, cénotaphes ? 26 - Pour qui laisse les jours filer
sans rien faire, et la vie aller
son cours uniforme en roue libre,
comme un mobile à l'équilibre,
le temps est un espace étale
où toutes choses sont égales,
et le présent à sa surface
reste en apparence sur place.

Serait-ce la mort aussi bien,
cet état de fait quotidien,
n'étaient les frottements au monde
infimes, usures profondes
qui lestent le corps de leurs rêts
dans sa course jusqu'à l'arrêt. 27 - Corps des passantes aperçues au vol
à peine soulevé un coin du voile
sur des apparences qui se dérobent
sitôt pressenties sous les jeans, les robes :
seins, fesses, pubis, fantômes charnels
(je doute que ce soit là l'essentiel),
- ô formes, figures surgies du fond
des rues, ouvertures, éclairs, visions
célestes qui creusent le manque, appels
à suivre un quelconque (septième) ciel
- le ciel, cette pièce de lingerie
fine couvrant l'universelle nuit. 28 - Le moyen d'écrire encore
sans parler pour ne rien dire
à personne et qui plus est
faire de cet aveu d'être
incapable une manière
de célébrer néanmoins
quelque chose, comme on sauve
du naufrage maints débris
épars, verba facere,
plutôt que demeurer coi,
tracer au pire une croix
à la place de néant. 29 - Rien n'arrive, je suis toujours
davantage rendu à moi-même,
à savoir occupé de rien,
comme une place évacuée,
un fort intérieur dévasté,
envahi d'absence vorace.

Ô vous autres, lointains ou proches,
mes interlocuteurs rêvés,
puissiez-vous ne pas me laisser
seul, ne pas me perdre de vue,
dans ce brouillard que je deviens,
l'être peu à peu s'atténue. 30 - Fenêtres d'appartements aperçues
en voiture découvertes béantes
au passage comme des yeux vitrés
dépourvus de paupières eaux profondes
opacifiées recelant des espaces
intérieurs intrigants naguère combles
avec leurs pièces agencées comment
déjà aménagées dans quel état
des lieux que paraissent avoir vidés
les derniers locataires pour toujours
laissant place à quels nouveaux arrivants
inconnus itinérants anonymes

appartements déserts néanmoins noirs
de monde en souffrance vacuum plein
du silence vibrant des pas perdus
de ceux qui auront vécu transité
combien de temps dans leurs murs aux surfaces
successives effacées habitants
occasionnels où avez-vous migré
disparu enfin sans laisser d'adresse ? 31 - Ainsi va la suite des heures
à vivre encore ici sans trêve,
tant qu'à la fin chacun en meurt
emportant dans sa nuit le rêve
d'avoir aimé, vécu, été
aimé un peu de temps réel,
d'avoir conçu l'éternité
à son horizon personnel,
ne serait-ce qu'en souvenir,
d'en avoir entrevu l'idée
qui s'entête comme un sourire
au-delà du sort décidé. 32 - Comme un aveugle par les rues,
un être en soi même inconnu,
à serrer l'autre, son alter
ego aimé obstinément
sans bien cerner ce qui se cache
sous ce terme que l'on préfère
taire, ni ce que l'on pourchasse
de l'ombre ou de la proie vraiment
dans cette apparence de jour,
à suivre un quelconque secours
dans le temps, de partout la nuit
revêt des dehors lumineux
qui leurrent et fourvoient celui
qui va écarquillant les yeux. 33 - Mais que deviennent ces histoires
d'amour, mort ou laissé pour tel,
passé sous quel silence noir,
les paroles poursuivent-elles
leur cours, et les débats le soir
reprennent-ils donc de plus belle,
sous

Extraits de "Prosaïques", travail en cours © Hubert Voignier

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sur le fil

vient de recevoir le Prix Cazes Brasserie Lipp 2016 pour son roman Giratoire paru en janvier chez Serge Safran Editeur.

Jacques A. Bertrand reçoit le prix Alexandre-Vialatte 2015 pour son essai Brèves histoires des choses (Julliard) et pour l’ensemble de son oeuvre chez Julliard.

a reçu le prix Trop Virilo qui récompense « la plus vivace poussée de testostérone littéraire de l’année« , pour Quand le diable sortit de la salle de bain (Noir sur Blanc), ex aequo avec Jean Teulé.

Michel Thion a reçu le prix « Révélation de poésie 2015 » de la Société des Gens de Lettre. (SGDL), pour son recueil L’Enneigement, paru aux éditions La Rumeur Libre.

fait partie des 7 lauréats du 10e prix Handi-Livres pour son roman L’École du tonnerre (Rue du Monde).

a été couronné par le prix Lettres frontière 2015 pour son roman paru en 2014 L’Affaire des vivants (éditions Phébus)

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