Jean-Luc Poisson

Photo de Jean-Luc  Poisson
© Jean-Luc Poisson

biographie

Né en 1949 à Paris

Vit dans la Drôme

roman

Lycée Condorcet. Bac avec mention. Demi-finaliste des championnats de Paris minimes, case tennis.

Études de droit.

Études de théâtre. Élève de Tania Balachova puis de Jean-Laurent Cochet.

Fondateur et metteur en scène du Théâtre de la Tarentule, troupe subventionnée par le ministère de la Culture.

Monte pendant dix ans des pièces de Samuel Beckett, Rabindranath Tagore, Max Frish, Alfred de Musset, José Triana, W.-B. Yeats, Eugène Labiche, Jean-Luc Poisson...

Petits boulots nutritifs : Professeur de tennis dans les jardins du Luxembourg. Employé de quelque chose. Employé d'autre chose. Petit clerc d'avoué près la Cour d'Appel de Paris, autrement dit saute-ruisseau, comme Balzac.

Écrit diverses pièces radiophoniques pour France Inter et Radio Bleue. S'installe en Drôme en 1990 et se consacre à l'écriture. Réalise l'animation de la Tour de Crest en 1996 à l'occasion de la journée du Patrimoine. Anime un atelier de théâtre avec des handicapés au sein de l'ATU (Accueil et Trait d'Union), et ce depuis 1996. J.-L.P.

bibliographie

  • Mourir d'amour à Grignan, Jotim, 1999.
  • Le Chien des Bas Serviles, Éditions de la Baleine, Le Poulpe, 1997.
  • La Tribune C vue de dos, Hors commerce, 1996.
  • Le Valet, L'Effeuillée rose, 1995.
  • Les Mémoires de la ville, Hors commerce, 1994.
  • Madame Leonardo, Philippe Olivier, 1990.
  • Pourpre, Saint-Germain-des-Prés, 1972.

extraits

BEAU TEMPS FROID ET DE PLUS EN PLUS SEC

"Psychiquement la chair est faible,
les villes moyennes n'échappent pas à la règle."

Geoffrey Barton
(Un après-midi de chair)

Le gosse contemple un pigeon éventré que des moineaux transforment en plat du jour, tenant table ouverte à ras le bitume. On est au printemps et les nuages couvent de la graisse, il pleuvra demain. Que ça fonde, que le ciel retrouve sa ligne, un bleu de saison légèrement cintré aux hanches.

Il a de grands yeux marron foncé. Le gosse. Les cheveux châtains.
Ses copains l'appellent Sam. Un nom d'emprunt, un surnom, un foutu cadeau dérobé à une page arrachée contenant des épluchures. Les baptêmes ne sont pas toujours d'eau claire. Sam, lui, avait appelé ses copains Fred et Bob, il n'avait pas trouvé mieux dans le genre américain. Ils sont au diable maintenant, Fred et Bob, les uniques copains de Sam, à des kilomètres de kilomètres. Suite à une naissance difficile, les parents du gosse ont prénommé et prénomment encore Sam, Félicien. Tout le monde peut se tromper.
Les moineaux attaquent les yeux du pigeon. Sam a douze ans.

Une fourmi traverse la rue, presque une ruelle. Pour la fourmi, un océan. Elle n'a pas de compagne. Étrange. D'ordinaire, elles défilent en d'interminables processions de foi ou dispersées par poignées de cent selon la technique des commandos. Sam en a la certitude. Celle-là est peut-être clocharde, soûle, imbibée d'un rêve de passage, elle ne titube pas pourtant. Si elle ignore où, elle y va et trace un chemin de traverse qui l'emmène droit vers le trottoir d'en face, son Pérou à elle. Sam lui emboîte les pattes. Un vélo déboule, la fourmi continue, Sam aussi. Fred et Bob, ses uniques copains, sont partis dans les bagages de leurs parents et Sam n'a pas compris. Ou plutôt si, il a deviné que le soleil n'était pas le même pour tous. Depuis, la lumière est noire en plein jour. Une voiture accélère. Elle n'écrase que le champignon.

La fourmi presse les pattes, une urgence l'habite, elle escalade les replis rocheux du trottoir. Lorsqu'elle prend racine sur l'autre rive, ce moment d'ivresse molle, cette victoire de l'espèce et de toutes les espèces, Sam l'écrase. Avec regret.

La chatte allaite ses petits, une tribu d'au moins six ventres. Ça grouille, ça tète, ça se bagarre pour téter, ça vit. La chatte est grise, le pelage ras, les yeux verts, presque clos, fine, si fine, jamais on n'aurait pu croire qu'un tel corps libère tant de bouches à nourrir.
Sam approche. Les chatons ne sont pas beaux, trop tôt, plus des larves que les boules de tendresse qu'ils deviendront. Sam les préfèrent ainsi, mal orthographiés, pense-t-il très vite. La chatte bondit et le griffe jusqu'au sang.
Les chatons piaillent et se réfugient dans des trous de verdure.
Sam pleure enfin.


© Jean-Luc Poisson

médiation

  • lecture
  • rencontre avec des publics empêchés
  • atelier d'écriture
  • rencontre avec une classe

Jean-Luc Poisson

Photo de Jean-Luc  Poisson
© Jean-Luc Poisson

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Né en 1949 à Paris

Vit dans la Drôme

roman

Lycée Condorcet. Bac avec mention. Demi-finaliste des championnats de Paris minimes, case tennis.

Études de droit.

Études de théâtre. Élève de Tania Balachova puis de Jean-Laurent Cochet.

Fondateur et metteur en scène du Théâtre de la Tarentule, troupe subventionnée par le ministère de la Culture.

Monte pendant dix ans des pièces de Samuel Beckett, Rabindranath Tagore, Max Frish, Alfred de Musset, José Triana, W.-B. Yeats, Eugène Labiche, Jean-Luc Poisson...

Petits boulots nutritifs : Professeur de tennis dans les jardins du Luxembourg. Employé de quelque chose. Employé d'autre chose. Petit clerc d'avoué près la Cour d'Appel de Paris, autrement dit saute-ruisseau, comme Balzac.

Écrit diverses pièces radiophoniques pour France Inter et Radio Bleue. S'installe en Drôme en 1990 et se consacre à l'écriture. Réalise l'animation de la Tour de Crest en 1996 à l'occasion de la journée du Patrimoine. Anime un atelier de théâtre avec des handicapés au sein de l'ATU (Accueil et Trait d'Union), et ce depuis 1996. J.-L.P.

bibliographie

  • Mourir d'amour à Grignan, Jotim, 1999.
  • Le Chien des Bas Serviles, Éditions de la Baleine, Le Poulpe, 1997.
  • La Tribune C vue de dos, Hors commerce, 1996.
  • Le Valet, L'Effeuillée rose, 1995.
  • Les Mémoires de la ville, Hors commerce, 1994.
  • Madame Leonardo, Philippe Olivier, 1990.
  • Pourpre, Saint-Germain-des-Prés, 1972.

extraits

BEAU TEMPS FROID ET DE PLUS EN PLUS SEC

"Psychiquement la chair est faible,
les villes moyennes n'échappent pas à la règle."

Geoffrey Barton
(Un après-midi de chair)

Le gosse contemple un pigeon éventré que des moineaux transforment en plat du jour, tenant table ouverte à ras le bitume. On est au printemps et les nuages couvent de la graisse, il pleuvra demain. Que ça fonde, que le ciel retrouve sa ligne, un bleu de saison légèrement cintré aux hanches.

Il a de grands yeux marron foncé. Le gosse. Les cheveux châtains.
Ses copains l'appellent Sam. Un nom d'emprunt, un surnom, un foutu cadeau dérobé à une page arrachée contenant des épluchures. Les baptêmes ne sont pas toujours d'eau claire. Sam, lui, avait appelé ses copains Fred et Bob, il n'avait pas trouvé mieux dans le genre américain. Ils sont au diable maintenant, Fred et Bob, les uniques copains de Sam, à des kilomètres de kilomètres. Suite à une naissance difficile, les parents du gosse ont prénommé et prénomment encore Sam, Félicien. Tout le monde peut se tromper.
Les moineaux attaquent les yeux du pigeon. Sam a douze ans.

Une fourmi traverse la rue, presque une ruelle. Pour la fourmi, un océan. Elle n'a pas de compagne. Étrange. D'ordinaire, elles défilent en d'interminables processions de foi ou dispersées par poignées de cent selon la technique des commandos. Sam en a la certitude. Celle-là est peut-être clocharde, soûle, imbibée d'un rêve de passage, elle ne titube pas pourtant. Si elle ignore où, elle y va et trace un chemin de traverse qui l'emmène droit vers le trottoir d'en face, son Pérou à elle. Sam lui emboîte les pattes. Un vélo déboule, la fourmi continue, Sam aussi. Fred et Bob, ses uniques copains, sont partis dans les bagages de leurs parents et Sam n'a pas compris. Ou plutôt si, il a deviné que le soleil n'était pas le même pour tous. Depuis, la lumière est noire en plein jour. Une voiture accélère. Elle n'écrase que le champignon.

La fourmi presse les pattes, une urgence l'habite, elle escalade les replis rocheux du trottoir. Lorsqu'elle prend racine sur l'autre rive, ce moment d'ivresse molle, cette victoire de l'espèce et de toutes les espèces, Sam l'écrase. Avec regret.

La chatte allaite ses petits, une tribu d'au moins six ventres. Ça grouille, ça tète, ça se bagarre pour téter, ça vit. La chatte est grise, le pelage ras, les yeux verts, presque clos, fine, si fine, jamais on n'aurait pu croire qu'un tel corps libère tant de bouches à nourrir.
Sam approche. Les chatons ne sont pas beaux, trop tôt, plus des larves que les boules de tendresse qu'ils deviendront. Sam les préfèrent ainsi, mal orthographiés, pense-t-il très vite. La chatte bondit et le griffe jusqu'au sang.
Les chatons piaillent et se réfugient dans des trous de verdure.
Sam pleure enfin.


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