Jean-Pierre Gandebeuf

Photo de Jean-Pierre  Gandebeuf
© Jean-Pierre Gandebeuf

biographie

Né en 1937 à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme

Vit en Haute-Savoie

nouvelle, poésie

Je descends l'Auvergne quatre à quatre.

J'y suis né, on ne va pas me piquer mon étoile.

Elle a poussé au cœur de la nuit.

Je visais haut, cherchant des contre-feux à la mélancolie qui a l'âme noire.

D'abord, je n'ai rien capté, hormis des impressions diffuses : paysages accablés, hirondelles alignées en faisceaux et des montagnes agenouillées sur leur talon aiguille.

Plus tard, j'ai balayé devant ma porte et fait le vide.

Les balades sous les marronniers sont il est vrai, un très bon exercice de maintien.

Tirons la révérence.

Parvenir à se contorsionner dans l'espace crépusculaire n'est pas si simple qu'on le croit.

L'enfance déborde.

Elle ferraille au milieu des bois, se fait chatte le soir, parce qu'elle a vu la corneille guetter le scarabée.

Au bout du compte, elle ne respire plus.

***

Je n'ai qu'un très vague souvenir du potager familial, hormis quelques plants d'iris nourris de compost où venaient s'exiler de minuscules escargots jaunes… et un carré chaotique d'oseilles, de batavias dont ma mère répondait sur l'honneur.

Pour le reste, c'était Banania-soleil.

L'usine avec ses bouffées chaudes, ses arômes, le portrait géant d'un nègre à chéchia hilare et indécent que Senghor balayera plus tard d'un savoureux propos

"je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France." J.-P. G.

bibliographie

  • Quatre-vingt-onze vues d'un Japon septentrional, avec Alain Blanc et Françoise Chabert, Voix d'encre, 2011.
  • Le Ralentissement du tempo, Voix d'encre, 2011.
  • Trafic de devises, Voix d'encre, 2008.
  • Les Bois d'oubli et de ronces, Atelier du Hanneton, 2005.
  • La Houle dix mille fois entre nuages et peau, La Chambre d'échos, 2005.
  • Identités nomades, L'Épi des seigles, 2005.
  • Le Silence en esquisses, Propos éditions, 2004.
  • Cambrousse, La Main multiple, 2004.
  • Ombres chinoises, Voix d'Encre, 2003.
  • Les Rêves de bleu doivent être rangés dans un classeur à part, La Chambre d'échos, 2000.
  • Feuilles de route, en collaboration avec le peintre Roudneff, J-C. Fert, 2000.
  • L'Alchimie des beaux jours, Centre Froissart, 1993.
  • Le Pays respiré, dessin original de Roudneff, La Bartavelle, 1992.
  • La Mer comme un souper, Traces éditions, 1989.
  • Les Minutes mortes, Edilig/Temps parallèle éditions, 1984.

extraits

Mille fleurs armoriées au printemps tiennent le pré pour sortilège et rêvent de se confédérer avec les graminées, la pature, sans jamais en référer au pavot diabolique.
Mais l'amitié passe-t-elle avant l'amour ?
La fine substance de ces deux papillons blancs grimpant en chandelle vers le ciel intensément bleu, en un court-circuit de noces tendres - comme si de l'accumulation des virages en vrille multipliés par l'âpreté des ascendants, ils tiraient quelque élixir - cette fine substance donc, est pour moi analogue à un vers de Villon ou indexable au langage du pèlerin Li Po, alors que Nabokov, vétéran des coups de filets perfides, masque au-delà du Don, sous l'émail épuré d'un Parnassius Apollo, le corps musqué d'une Lolita récréative.

________

Entre
le temps de l'enfance
le champ des vanités
les regrets d'âge mûr

je garde le droit
de choisir mon corps

berceau de moutard
basique Eden
cocktail de papa-maman

à vingt ans
je me suis vu
officier des oiseaux

je n'étais
qu'un caporal ordinaire

plus tard
les ombres
m'ont aboli

la soixantaine culte

je cherche encore
l'archétype


© Jean-Pierre Gandebeuf

Jean-Pierre Gandebeuf

Photo de Jean-Pierre  Gandebeuf
© Jean-Pierre Gandebeuf

biographie

Né en 1937 à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme

Vit en Haute-Savoie

nouvelle, poésie

Je descends l'Auvergne quatre à quatre.

J'y suis né, on ne va pas me piquer mon étoile.

Elle a poussé au cœur de la nuit.

Je visais haut, cherchant des contre-feux à la mélancolie qui a l'âme noire.

D'abord, je n'ai rien capté, hormis des impressions diffuses : paysages accablés, hirondelles alignées en faisceaux et des montagnes agenouillées sur leur talon aiguille.

Plus tard, j'ai balayé devant ma porte et fait le vide.

Les balades sous les marronniers sont il est vrai, un très bon exercice de maintien.

Tirons la révérence.

Parvenir à se contorsionner dans l'espace crépusculaire n'est pas si simple qu'on le croit.

L'enfance déborde.

Elle ferraille au milieu des bois, se fait chatte le soir, parce qu'elle a vu la corneille guetter le scarabée.

Au bout du compte, elle ne respire plus.

***

Je n'ai qu'un très vague souvenir du potager familial, hormis quelques plants d'iris nourris de compost où venaient s'exiler de minuscules escargots jaunes… et un carré chaotique d'oseilles, de batavias dont ma mère répondait sur l'honneur.

Pour le reste, c'était Banania-soleil.

L'usine avec ses bouffées chaudes, ses arômes, le portrait géant d'un nègre à chéchia hilare et indécent que Senghor balayera plus tard d'un savoureux propos

"je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France." J.-P. G.

bibliographie

  • Quatre-vingt-onze vues d'un Japon septentrional, avec Alain Blanc et Françoise Chabert, Voix d'encre, 2011.
  • Le Ralentissement du tempo, Voix d'encre, 2011.
  • Trafic de devises, Voix d'encre, 2008.
  • Les Bois d'oubli et de ronces, Atelier du Hanneton, 2005.
  • La Houle dix mille fois entre nuages et peau, La Chambre d'échos, 2005.
  • Identités nomades, L'Épi des seigles, 2005.
  • Le Silence en esquisses, Propos éditions, 2004.
  • Cambrousse, La Main multiple, 2004.
  • Ombres chinoises, Voix d'Encre, 2003.
  • Les Rêves de bleu doivent être rangés dans un classeur à part, La Chambre d'échos, 2000.
  • Feuilles de route, en collaboration avec le peintre Roudneff, J-C. Fert, 2000.
  • L'Alchimie des beaux jours, Centre Froissart, 1993.
  • Le Pays respiré, dessin original de Roudneff, La Bartavelle, 1992.
  • La Mer comme un souper, Traces éditions, 1989.
  • Les Minutes mortes, Edilig/Temps parallèle éditions, 1984.

extraits

Mille fleurs armoriées au printemps tiennent le pré pour sortilège et rêvent de se confédérer avec les graminées, la pature, sans jamais en référer au pavot diabolique.
Mais l'amitié passe-t-elle avant l'amour ?
La fine substance de ces deux papillons blancs grimpant en chandelle vers le ciel intensément bleu, en un court-circuit de noces tendres - comme si de l'accumulation des virages en vrille multipliés par l'âpreté des ascendants, ils tiraient quelque élixir - cette fine substance donc, est pour moi analogue à un vers de Villon ou indexable au langage du pèlerin Li Po, alors que Nabokov, vétéran des coups de filets perfides, masque au-delà du Don, sous l'émail épuré d'un Parnassius Apollo, le corps musqué d'une Lolita récréative.

________

Entre
le temps de l'enfance
le champ des vanités
les regrets d'âge mûr

je garde le droit
de choisir mon corps

berceau de moutard
basique Eden
cocktail de papa-maman

à vingt ans
je me suis vu
officier des oiseaux

je n'étais
qu'un caporal ordinaire

plus tard
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