Jean-Pierre Vidal

Photo de Jean-Pierre  Vidal
© Jean-Pierre Vidal

biographie

Né en 1952 à Alger, Algérie

Vit dans le Rhône

courriel : vidal.jp@orange.fr

poésie, récit

bibliographie

  • Thanks, avec des estampes de Marie Alloy, Editions le Silence qui roule.
  • Du corps à la ligne : comme un chemin de morsures, Editions Le Silence qui roule.
  • Gravier du songe, Editions le Silence qui roule, 2011.
  • Vie sans origine, avec des estampes de Marie Alloy, Les Pas Perdus, 2003.
  • La Fin de l'attente, Le Temps qu'il fait, 1995.
  • Feu d'épines, Le Temps qu'il fait, 1993.
  • Philippe Jaccottet, Payot, 1989.
  • Alentour de Philippe Jaccottet, Sud, 1988.

extraits

De la même façon que la pensée doit accompagner avec une ferveur discrète et efficace la création des formes et des rythmes (une pensée vivante, chaude, ardente, fluviale, non pas une analyse desséchante), la pensée doit accompagner l'amour. Cela me paraît une nécessité pour dégager la pureté du sentiment, si menacé toujours par le sentimental, la pureté du geste du corps, englué dans la recherche d'un plaisir égoïste ou d'un sacrifice absurde, la pureté du sexe, cerné par l'angoisse temporelle. Toute chose humaine a sa pureté, qui n'est pas son adhésion à la loi morale, mais qui est sa singularité, et c'est la pensée qui la lui donne. Non une pensée systématique, ou redresseuse de « torts », mais une pensée active à réorienter. Le «péché », en art comme en amour, n'étant rien d'autre qu'un défaut d'orientation, qui nous éloigne de la juste cible : notre singularité pure, notre vrai lien à Dieu et à tous les hommes.
Le geste de l'amour et le geste de l'art et le geste de langue sont pensée parce qu'ils sont mouvements de l'âme vers son unité, vers « la plus grande gloire de l'homme » (Bataille). La pensée de la femme est une merveille difficile à dégager : trésor dans sa gangue de « nature » (la femme porte les enfants) et de résistance (la femme, dans le jeu cosmique, dans le travail de la vie, est cette sphère assiégée par les milliers de lances qui tentent de la pénétrer). Nature est trop d'humus, résistance est trop de carapace. L'amour vrai est vie, non décomposition ou prolifération anarchique, ou clôture absurde.
L'amour est nécessaire à la justesse de la pensée. L'amour réciproque, pleinement partagé dans toutes ses dimensions, sexuelle, charnelle, intellectuelle, affective, laborieuse, politique, spirituelle, est le seul amour. Une pensée non appuyée sur l'amour sans mesure est une pensée sans boussole, une pensée folle.
La pensée dans l'amour est selon moi le moyen de réaliser l'unité en mouvement des deux amants. La fusion est un eldorado de pacotille, bien propre à faire oublier à la femme son devoir d'être humain : devenir un être humain (tâche qui incombe aussi au mâle, bien entendu, mais ce dernier l'oublie, s'en croit dispensé, se croit spontanément, naïvement, l'être humain par excellence, ce qu'il n'est absolument pas).
Fondée sur un dialogue continu, cette pensée dans l'amour permet le renforcement de l'identité de chacun et évite la perte dans le rêve fusionnel.
L'unité charnelle, intellectuelle, spirituelle permet le déploiement plein, entier des puissances singulières de chacun, au lieu de les fondre dans un Moi redoublé horriblement.


Extrait de "Le Travail d'amour", à paraître © Jean-Pierre Vidal

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec une classe
  • suivi de projet pédagogique
  • conférence

Jean-Pierre Vidal

Photo de Jean-Pierre  Vidal
© Jean-Pierre Vidal

biographie

Né en 1952 à Alger, Algérie

Vit dans le Rhône

courriel : vidal.jp@orange.fr

poésie, récit

bibliographie

  • Thanks, avec des estampes de Marie Alloy, Editions le Silence qui roule.
  • Du corps à la ligne : comme un chemin de morsures, Editions Le Silence qui roule.
  • Gravier du songe, Editions le Silence qui roule, 2011.
  • Vie sans origine, avec des estampes de Marie Alloy, Les Pas Perdus, 2003.
  • La Fin de l'attente, Le Temps qu'il fait, 1995.
  • Feu d'épines, Le Temps qu'il fait, 1993.
  • Philippe Jaccottet, Payot, 1989.
  • Alentour de Philippe Jaccottet, Sud, 1988.

extraits

De la même façon que la pensée doit accompagner avec une ferveur discrète et efficace la création des formes et des rythmes (une pensée vivante, chaude, ardente, fluviale, non pas une analyse desséchante), la pensée doit accompagner l'amour. Cela me paraît une nécessité pour dégager la pureté du sentiment, si menacé toujours par le sentimental, la pureté du geste du corps, englué dans la recherche d'un plaisir égoïste ou d'un sacrifice absurde, la pureté du sexe, cerné par l'angoisse temporelle. Toute chose humaine a sa pureté, qui n'est pas son adhésion à la loi morale, mais qui est sa singularité, et c'est la pensée qui la lui donne. Non une pensée systématique, ou redresseuse de « torts », mais une pensée active à réorienter. Le «péché », en art comme en amour, n'étant rien d'autre qu'un défaut d'orientation, qui nous éloigne de la juste cible : notre singularité pure, notre vrai lien à Dieu et à tous les hommes.
Le geste de l'amour et le geste de l'art et le geste de langue sont pensée parce qu'ils sont mouvements de l'âme vers son unité, vers « la plus grande gloire de l'homme » (Bataille). La pensée de la femme est une merveille difficile à dégager : trésor dans sa gangue de « nature » (la femme porte les enfants) et de résistance (la femme, dans le jeu cosmique, dans le travail de la vie, est cette sphère assiégée par les milliers de lances qui tentent de la pénétrer). Nature est trop d'humus, résistance est trop de carapace. L'amour vrai est vie, non décomposition ou prolifération anarchique, ou clôture absurde.
L'amour est nécessaire à la justesse de la pensée. L'amour réciproque, pleinement partagé dans toutes ses dimensions, sexuelle, charnelle, intellectuelle, affective, laborieuse, politique, spirituelle, est le seul amour. Une pensée non appuyée sur l'amour sans mesure est une pensée sans boussole, une pensée folle.
La pensée dans l'amour est selon moi le moyen de réaliser l'unité en mouvement des deux amants. La fusion est un eldorado de pacotille, bien propre à faire oublier à la femme son devoir d'être humain : devenir un être humain (tâche qui incombe aussi au mâle, bien entendu, mais ce dernier l'oublie, s'en croit dispensé, se croit spontanément, naïvement, l'être humain par excellence, ce qu'il n'est absolument pas).
Fondée sur un dialogue continu, cette pensée dans l'amour permet le renforcement de l'identité de chacun et évite la perte dans le rêve fusionnel.
L'unité charnelle, intellectuelle, spirituelle permet le déploiement plein, entier des puissances singulières de chacun, au lieu de les fondre dans un Moi redoublé horriblement.


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