Katherine L. Battaiellie

Photo de Katherine L.  Battaiellie
© Katherine L. Battaiellie

biographie

Née en 1949 à Dijon, Côte-d'Or

Vit dans le Rhône

poésie, récit

Pour une petite autobiographie

Je nommerais d'abord les lieux marquants : la bambouseraie d'Anduze (le lieu originel), le jardin du Musée des Beaux-Arts à Lyon, l'île de Mljet en Croatie, Venise l'hiver…

J'évoquerais tous ces morceaux de papier depuis tant d'années (listes de courses, feuillets déchirés, factures) au dos desquels viennent s'inscrire quelques mots, bribes, minuscules fragments qui dans une sorte de puzzle par moments s'assemblent. Ma lenteur extrême, la difficulté à me séparer d'un texte, à le croire fini : renoncer à mon travail de maniaque.

J'essaierais de définir le dessein involontaire mais constant qui est le mien : épier, traduire ce glissement imperceptible du réel à l'étrange, du banal à l'inquiétant, qui se révèle à moi chaque jour et me maintient vigilante.

En dehors de cela il y a eu, il y a la vie bien sûr, avec ses universels et ses petites particularités : l'arrivée à Lyon, les mystères et les frottements de la vie en couple, l'enseignement, les enfants, les luttes sociales, les morts prévisibles et imprévisibles, les amis, les voyages.

Nombreux textes en revues : "Nioques", "Maison de la poésie Rhône-Alpes", "Phréatique", "L'Anacoluthe", "Sarrazine", "Décharge", "Encres vagabondes"... K.L.B.

bibliographie

  • Je rêve, Jacques André éditeur/cei, 2007.
  • Une longue histoire, Gaspard nocturne, 2006.
  • J'ai peur, Éditions du Pré carré, 2005.
  • Les Temps de l'indicatif, Poésie-Rencontres, 2002.
  • La Liquidation, Gaspard nocturne, 2001.
  • 13, quai de la Pécheresse, 69000, Lyon, Éditions du Ricochet, 1999.
  • L'Étrange cas de la boulangère, Éditions Plurielles, 1997.
  • Scènes, avec personnages, L'Arbre à paroles (Belgique), 1993.

extraits

Apparition des animaux


1 - Escargot(s)
2 - Singe(s)
3 - Écureuil(s)
4 - Éléphant(s)
5 - Corbeau(x)
6 - Gecko(s)
7 - Mouette(s)
8 - Cygne(s)
9 - Cheval(ux)
10 - Limace(s)
11 - Crapaud(s)
12 - Chien(s)
13 - Mulot(s)
14 - Martinet(s)
15 - Ver(s) à soie
16 - Papillon(s)

Escargot(s)

l'écume blanche de l'escargot
trace sous les feuilles vernissées
des périples à la lenteur insensée
stigmates poisseux d'une vie inférieure

mais sur la lenteur
nous aussi en savons trop


Singe(s)

aux carrefours poussiéreux
les singes savants manigancent
sur les épaules des tours misérables
il faut donner une pièce pour la photo


Écureuil(s)

l'écureuil sautille sous les pins
assise sur un banc je respire
je le regarde
ensuite escalader le ciel
de branche en branche
pour y disparaître


Éléphant(s)

dans leur exil insondable
les deux éléphants
piétinent le sol en béton
du pas très lourd de l'ennui
sans exotisme ils urinent à grand bruit
devant les badauds moqueurs


Corbeau(x)

leurs ailes noires battent
sur les labours immenses
quand un chasseur attardé y passe encore
la mémoire est pétrifiée


Gecko(s)

du fond de leur préhistoire
les deux geckos sur le mur encore chaud
veillent
tête contre tête


Mouette(s)

je découvre avec stupéfaction
le cri des mouettes
brusquement
à un ou deux mètres
horrible


Cygne(s)

les cygnes sur l'eau terne du canal
cherchent cruellement
les mains tendues à mordre
je me rappelle
le viol de Leda
et les voix des enfants hébétés
bredouillant les vers de Sully Prudhomme
dans des matins glacés


Cheval(chevaux)

le long de la barrière
l'étalon
martèle la terre continument
dans un va-et-vient sans fin
le museau jeté dans le ciel
de l'autre côté des juments


Limace(s)

les limaces font des traînées rouges
sur le chemin de l'orage
quand nous y essuyons nos rêves


Crapaud(s)

dissimulé aux humains
sous un rocher de rivière
on devine s'abaisser et se relever
ses lourdes paupières inutiles


Chien(s)

à la galerie Maeght
le chien de Giacometti
annonce et résume tous les chiens
et les chiens qui défèquent
accroupis dans leur posture obscène
sur l'asphalte des villes
n'en sont que de misérables incarnations


Mulot(s)

haut perché sur le fil du téléphone
d'un pylône à l'autre
le mulot funambule
traverse la place du village corse
d'une petite allure pressée
au-dessus des latrines et de la poussière
vers la vigne grimpante


Martinet(s)

les martinets comblent le ciel
de leurs ébats grisés
et je pense à ce mystérieux endroit
si loin
où s'attachent leurs ailes


Ver(s) à soie

le ver à soie
bombyx mori
rampe sur sa feuille de mûrier
dans la multitude de ses minuscules semblables
affairés à leur tâche génétique


Papillon(s)

dans sa quête apparemment légère
le papillon pose un instant
sur le rebord de la table
ses ailes peintes à la main

le secret des couleurs en a disparu

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec des publics empêchés
  • rencontre avec une classe

Katherine L. Battaiellie

Photo de Katherine L.  Battaiellie
© Katherine L. Battaiellie

biographie

Née en 1949 à Dijon, Côte-d'Or

Vit dans le Rhône

poésie, récit

Pour une petite autobiographie

Je nommerais d'abord les lieux marquants : la bambouseraie d'Anduze (le lieu originel), le jardin du Musée des Beaux-Arts à Lyon, l'île de Mljet en Croatie, Venise l'hiver…

J'évoquerais tous ces morceaux de papier depuis tant d'années (listes de courses, feuillets déchirés, factures) au dos desquels viennent s'inscrire quelques mots, bribes, minuscules fragments qui dans une sorte de puzzle par moments s'assemblent. Ma lenteur extrême, la difficulté à me séparer d'un texte, à le croire fini : renoncer à mon travail de maniaque.

J'essaierais de définir le dessein involontaire mais constant qui est le mien : épier, traduire ce glissement imperceptible du réel à l'étrange, du banal à l'inquiétant, qui se révèle à moi chaque jour et me maintient vigilante.

En dehors de cela il y a eu, il y a la vie bien sûr, avec ses universels et ses petites particularités : l'arrivée à Lyon, les mystères et les frottements de la vie en couple, l'enseignement, les enfants, les luttes sociales, les morts prévisibles et imprévisibles, les amis, les voyages.

Nombreux textes en revues : "Nioques", "Maison de la poésie Rhône-Alpes", "Phréatique", "L'Anacoluthe", "Sarrazine", "Décharge", "Encres vagabondes"... K.L.B.

bibliographie

  • Je rêve, Jacques André éditeur/cei, 2007.
  • Une longue histoire, Gaspard nocturne, 2006.
  • J'ai peur, Éditions du Pré carré, 2005.
  • Les Temps de l'indicatif, Poésie-Rencontres, 2002.
  • La Liquidation, Gaspard nocturne, 2001.
  • 13, quai de la Pécheresse, 69000, Lyon, Éditions du Ricochet, 1999.
  • L'Étrange cas de la boulangère, Éditions Plurielles, 1997.
  • Scènes, avec personnages, L'Arbre à paroles (Belgique), 1993.

extraits

Apparition des animaux


1 - Escargot(s)
2 - Singe(s)
3 - Écureuil(s)
4 - Éléphant(s)
5 - Corbeau(x)
6 - Gecko(s)
7 - Mouette(s)
8 - Cygne(s)
9 - Cheval(ux)
10 - Limace(s)
11 - Crapaud(s)
12 - Chien(s)
13 - Mulot(s)
14 - Martinet(s)
15 - Ver(s) à soie
16 - Papillon(s)

Escargot(s)

l'écume blanche de l'escargot
trace sous les feuilles vernissées
des périples à la lenteur insensée
stigmates poisseux d'une vie inférieure

mais sur la lenteur
nous aussi en savons trop


Singe(s)

aux carrefours poussiéreux
les singes savants manigancent
sur les épaules des tours misérables
il faut donner une pièce pour la photo


Écureuil(s)

l'écureuil sautille sous les pins
assise sur un banc je respire
je le regarde
ensuite escalader le ciel
de branche en branche
pour y disparaître


Éléphant(s)

dans leur exil insondable
les deux éléphants
piétinent le sol en béton
du pas très lourd de l'ennui
sans exotisme ils urinent à grand bruit
devant les badauds moqueurs


Corbeau(x)

leurs ailes noires battent
sur les labours immenses
quand un chasseur attardé y passe encore
la mémoire est pétrifiée


Gecko(s)

du fond de leur préhistoire
les deux geckos sur le mur encore chaud
veillent
tête contre tête


Mouette(s)

je découvre avec stupéfaction
le cri des mouettes
brusquement
à un ou deux mètres
horrible


Cygne(s)

les cygnes sur l'eau terne du canal
cherchent cruellement
les mains tendues à mordre
je me rappelle
le viol de Leda
et les voix des enfants hébétés
bredouillant les vers de Sully Prudhomme
dans des matins glacés


Cheval(chevaux)

le long de la barrière
l'étalon
martèle la terre continument
dans un va-et-vient sans fin
le museau jeté dans le ciel
de l'autre côté des juments


Limace(s)

les limaces font des traînées rouges
sur le chemin de l'orage
quand nous y essuyons nos rêves


Crapaud(s)

dissimulé aux humains
sous un rocher de rivière
on devine s'abaisser et se relever
ses lourdes paupières inutiles


Chien(s)

à la galerie Maeght
le chien de Giacometti
annonce et résume tous les chiens
et les chiens qui défèquent
accroupis dans leur posture obscène
sur l'asphalte des villes
n'en sont que de misérables incarnations


Mulot(s)

haut perché sur le fil du téléphone
d'un pylône à l'autre
le mulot funambule
traverse la place du village corse
d'une petite allure pressée
au-dessus des latrines et de la poussière
vers la vigne grimpante


Martinet(s)

les martinets comblent le ciel
de leurs ébats grisés
et je pense à ce mystérieux endroit
si loin
où s'attachent leurs ailes


Ver(s) à soie

le ver à soie
bombyx mori
rampe sur sa feuille de mûrier
dans la multitude de ses minuscules semblables
affairés à leur tâche génétique


Papillon(s)

dans sa quête apparemment légère
le papillon pose un instant
sur le rebord de la table
ses ailes peintes à la main

le secret des couleurs en a disparu

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec des publics empêchés
  • rencontre avec une classe
sur le fil

vient de recevoir le Prix Cazes Brasserie Lipp 2016 pour son roman Giratoire paru en janvier chez Serge Safran Editeur.

a reçu le prix Trop Virilo qui récompense « la plus vivace poussée de testostérone littéraire de l’année« , pour Quand le diable sortit de la salle de bain (Noir sur Blanc), ex aequo avec Jean Teulé.

Jacques A. Bertrand reçoit le prix Alexandre-Vialatte 2015 pour son essai Brèves histoires des choses (Julliard) et pour l’ensemble de son oeuvre chez Julliard.

fait partie des 7 lauréats du 10e prix Handi-Livres pour son roman L’École du tonnerre (Rue du Monde).

Michel Thion a reçu le prix « Révélation de poésie 2015 » de la Société des Gens de Lettre. (SGDL), pour son recueil L’Enneigement, paru aux éditions La Rumeur Libre.

a été couronné par le prix Lettres frontière 2015 pour son roman paru en 2014 L’Affaire des vivants (éditions Phébus)

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