Malika Bey Durif

Photo de Malika  Bey Durif
© Malika Bey Durif

biographie

Née en 1950 à Lyon, Rhône

Vit dans le Rhône

poésie, théâtre

Malika Bey Durif est poète, auteur dramatique et traductrice.

Elle anime des ateliers d'écriture depuis 1996 à Vaulx-en-Velin. M.B.D.

bibliographie

  • Dans tous les sens, avec Roger Dextre, La Passe du vent, 2001.
  • Tombeau de Cassandre, Dumerchez, Le Passeur, 1997.
  • Bleu de Thury, Éditions Comp'Act, 1994.
  • Terres vaines et vagues, Éditions Comp'Act, 1993.
  • Le Procédé de l'oubli, Éditions Comp'Act, 1993.
  • L'Être morte, Éditions Comp'Act, 1987.

extraits

(Je le savais, bien sûr, c'était inscrit dans ma mémoire, ma peau, non pas en chiffres bruts, brutaux, mais en images, en mouvements, en couleurs, en odeurs, en timbres de voix, en musique. À Vaise, dans les années cinquante, le quartier vivait au rythme de la Rhodia. Les entrées et sorties d'usine, les jardins ouvriers juste au-dessus, sur cette colline abrupte où fleurissaient parmi la grisaille - non, il y a dans la grisaille une sorte de mélancolie encore trop douce. Lyon, à cette époque, et dans ses quartiers pauvres surtout, était une ville noire, affreusement noire, noirs aussi les quais de Saône et du Rhône, noir tout mon quartier -, les touffes de forsythia et les cerisiers, labeur des dimanches, temps volé aux trois-huit, tout cela comme arraché à la misère et à la noirceur, les restaurants populaires pour "Arabes" pleins midi et soir, le couscous le dimanche et la gamelle préparée là pour l'usine, les cafés "arabes" qui en fin de semaine ne désemplissaient pas, où on les entendait en passant devant les portes souvent ouvertes taper le carton et faire claquer les dominos, le juke-box qui n'arrêtait pas, les chansons de là-bas, les tubes en arabe ou en kabyle. Rien que des hommes. Des hommes entre eux dans la fumée des cigarettes, l'odeur du café, le thé à la menthe et les parties de loto tard le soir pendant le ramadan. En dehors des taudis où ils dormaient, récupéraient leur force de travail, comme on dit, taudis sans eau, juste un robinet d'eau froide dans une arrière-cour, en dehors de l'usine, de la rue et des cafés, leurs cafés, il n'y avait aucun lieu nulle part pour eux. Ils traînaient au Pont-Mouton, place Saint-Pierre, place de la Pyramide, quittaient de temps en temps le quartier pour rencontrer un cousin, un autre du pays, place du Pont-à-la-Guille ou la Part-Dieu, croisaient ceux des bidonvilles aussi, et passaient des après-midi entiers en palabres, ou s'asseyaient aux beaux jours sur le bord des trottoirs ou les parapets des quais. Sans doute erraient-ils aussi, quand l'argent suffisait, du côté de la rue Mercière, au bout nord de la rue, le plus misérable, où étaient les putes à Arabes, la lie du métier car quand on faisait les Arabes, on ne faisait plus rien d'autre. Jeunes ou vieux, ils étaient seuls. Rien que des hommes, des hommes de rien. Des vies de peu.)

Extrait de "Paysage avec homme mort" in "Lyon, ville écrite" © Stock, 1997

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • atelier d'écriture
  • rencontre avec une classe

Malika Bey Durif

Photo de Malika  Bey Durif
© Malika Bey Durif

biographie

Née en 1950 à Lyon, Rhône

Vit dans le Rhône

poésie, théâtre

Malika Bey Durif est poète, auteur dramatique et traductrice.

Elle anime des ateliers d'écriture depuis 1996 à Vaulx-en-Velin. M.B.D.

bibliographie

  • Dans tous les sens, avec Roger Dextre, La Passe du vent, 2001.
  • Tombeau de Cassandre, Dumerchez, Le Passeur, 1997.
  • Bleu de Thury, Éditions Comp'Act, 1994.
  • Terres vaines et vagues, Éditions Comp'Act, 1993.
  • Le Procédé de l'oubli, Éditions Comp'Act, 1993.
  • L'Être morte, Éditions Comp'Act, 1987.

extraits

(Je le savais, bien sûr, c'était inscrit dans ma mémoire, ma peau, non pas en chiffres bruts, brutaux, mais en images, en mouvements, en couleurs, en odeurs, en timbres de voix, en musique. À Vaise, dans les années cinquante, le quartier vivait au rythme de la Rhodia. Les entrées et sorties d'usine, les jardins ouvriers juste au-dessus, sur cette colline abrupte où fleurissaient parmi la grisaille - non, il y a dans la grisaille une sorte de mélancolie encore trop douce. Lyon, à cette époque, et dans ses quartiers pauvres surtout, était une ville noire, affreusement noire, noirs aussi les quais de Saône et du Rhône, noir tout mon quartier -, les touffes de forsythia et les cerisiers, labeur des dimanches, temps volé aux trois-huit, tout cela comme arraché à la misère et à la noirceur, les restaurants populaires pour "Arabes" pleins midi et soir, le couscous le dimanche et la gamelle préparée là pour l'usine, les cafés "arabes" qui en fin de semaine ne désemplissaient pas, où on les entendait en passant devant les portes souvent ouvertes taper le carton et faire claquer les dominos, le juke-box qui n'arrêtait pas, les chansons de là-bas, les tubes en arabe ou en kabyle. Rien que des hommes. Des hommes entre eux dans la fumée des cigarettes, l'odeur du café, le thé à la menthe et les parties de loto tard le soir pendant le ramadan. En dehors des taudis où ils dormaient, récupéraient leur force de travail, comme on dit, taudis sans eau, juste un robinet d'eau froide dans une arrière-cour, en dehors de l'usine, de la rue et des cafés, leurs cafés, il n'y avait aucun lieu nulle part pour eux. Ils traînaient au Pont-Mouton, place Saint-Pierre, place de la Pyramide, quittaient de temps en temps le quartier pour rencontrer un cousin, un autre du pays, place du Pont-à-la-Guille ou la Part-Dieu, croisaient ceux des bidonvilles aussi, et passaient des après-midi entiers en palabres, ou s'asseyaient aux beaux jours sur le bord des trottoirs ou les parapets des quais. Sans doute erraient-ils aussi, quand l'argent suffisait, du côté de la rue Mercière, au bout nord de la rue, le plus misérable, où étaient les putes à Arabes, la lie du métier car quand on faisait les Arabes, on ne faisait plus rien d'autre. Jeunes ou vieux, ils étaient seuls. Rien que des hommes, des hommes de rien. Des vies de peu.)

Extrait de "Paysage avec homme mort" in "Lyon, ville écrite" © Stock, 1997

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • atelier d'écriture
  • rencontre avec une classe
sur le fil

a reçu le prix Trop Virilo qui récompense « la plus vivace poussée de testostérone littéraire de l’année« , pour Quand le diable sortit de la salle de bain (Noir sur Blanc), ex aequo avec Jean Teulé.

a été couronné par le prix Lettres frontière 2015 pour son roman paru en 2014 L’Affaire des vivants (éditions Phébus)

fait partie des 7 lauréats du 10e prix Handi-Livres pour son roman L’École du tonnerre (Rue du Monde).

Jacques A. Bertrand reçoit le prix Alexandre-Vialatte 2015 pour son essai Brèves histoires des choses (Julliard) et pour l’ensemble de son oeuvre chez Julliard.

vient de recevoir le Prix Cazes Brasserie Lipp 2016 pour son roman Giratoire paru en janvier chez Serge Safran Editeur.

Michel Thion a reçu le prix « Révélation de poésie 2015 » de la Société des Gens de Lettre. (SGDL), pour son recueil L’Enneigement, paru aux éditions La Rumeur Libre.

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