Marcelin Pleynet

Photo de Marcelin  Pleynet
© Marcelin Pleynet

biographie

Né en 1933 à Lyon, Rhône

roman, poésie, récit, essai

1939-1945 Confié à diverses pensions de familles dans l'Yonne, les Deux-Sèvres, la Bretagne.

1950 Vit à Paris. Interrompt des études techniques. Divers métiers.

1953 Travaille au secrétariat de l'abbé Conan, curé de Saint Séverin, qu'il accompagne en Italie : Sienne, Florence, Rome.

1955 Rencontre Jean Cayrol, dont il devient bientôt le secrétaire. Voyage en Hollande, en Angleterre, en Écosse…

Publie ses premiers écrits dans les revues "L'Arc", "Esprit", "Écrire", "Botteghe oscure" (Rome), "Locus solus" (en anglais), Art and literature (en anglais),"Tel Quel".

1959 Soumet son premier volume de poésie, "Provisoires Amants des nègres", aux éditions du Seuil. Le livre paraîtra en 1962 : Prix Fénéon de littérature, attribué par Jean Paulhan et Aragon.

1961 Premier séjour à Venise.

1962 Devient membre du comité de rédaction de la revue "Tel Quel", aux éditions du Seuil.

1963 Est nommé secrétaire de rédaction et directeur gérant de la revue "Tel Quel".

1966 Invité comme "Visiting professor" de littérature par l'université de Northwestern, Chicago. Il profite de ce séjour de six mois aux États-Unis pour se familiariser avec la peinture américaine contemporaine.

À ses activités d'écrivain et de responsable de la revue "Tel Quel", s'ajoute alors une activité d'écrivain d'art. Il publie un grand nombre d'essais sur l'art dans diverses revues spécialisées : "Les Lettres françaises", "Art international" (Lugano, Suisse), "Art News" (New York).

1974 Séjour de trois semaines en Chine en compagnie de Julia Kristeva, Philippe Sollers, Roland Barthes. Il en rapporte un volume qui sera publié aux éditions Hachette en 1980.

1978 Publie en collaboration avec W. Rubin, directeur du Museum of Modern Art de New York, "Situation de l'Art moderne Paris/New York". Il a déjà réalisé de nombreuses expositions sur l'art moderne et contemporain dans divers musées européens.

1981 Conférence à Barcelone à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Picasso.

1982 Derniers numéros de la revue "Tel Quel", aux éditions du Seuil ; accompagne Philippe Sollers qui fonde la revue "L'Infini", dont Marcelin Pleynet devient secrétaire de rédaction aux éditions Denoël, puis aux éditions Gallimard.

Conférence sur Picasso, au musée du Prado, à Madrid, en célébration du retour de Guernica en Espagne.

1987 On confie à Marcelin Pleynet la chaire d'esthétique qui vient d'être créée à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il l'occupera jusqu'en 1998.

bibliographie

  • L'Etendue musicale, Gallimard, L'Infini, 2014.
  • Cézanne, Gallimard, 2010.
  • Chronique vénitienne, Gallimard, L'Infini, 2010.
  • Giacometti : le jamais vu, Dilecta, 2007.
  • Le Savoir-vivre, Gallimard, 2006.
  • Rimbaud, Gallimard, 2005.
  • Le Pontos, Gallimard, L'Infini, 2002.
  • Judit Reigl, Adam Biro, 2001.
  • Poésie et révolution : la révolution du style, Éditions Pleins feux, 2000.
  • Les Voyageurs de l'an 2000, Gallimard, L'Infini, 2000.
  • Rothko et la France, Éditions de l'Épure, 1999.
  • Chardin, le sentiment et l'esprit du temps, Éditions de l'Épure, 1999.
  • Notes sur le motif, Dumerchez, 1998.
  • Le Plus Court chemin, Gallimard, L'Infini, 1997.
  • Une saison : poésie et sculpture, illustrations de Dominique Labauvie, Dumerchez, 1996.
  • Le Propre du temps, Gallimard, L'Infini, 1995.
  • La Dogana, Letessier, 1995.
  • Lorsque la nuit tombe tout ce qui était vert devient bleu,, aquarelles de Mathias Pérez, Éditions J. Greset, 1994.
  • Entretiens, avec Henri Yeru, Artzimut éditeur, 1994.
  • L'Homme habite poétiquement : entretiens avec Ernest Pignon-Ernest, Actes Sud, 1993.
  • Jean Miotte, Le Cercle d'art, 1993.
  • La Vie à deux ou trois, Gallimard, 1992.
  • Giorgione et les deux Vénus : plaisir à "La Tempête", Maeght éditeur, 1991.
  • Les Modernes et la tradition, Gallimard, L'Infini, 1990.
  • Robert Motherwell, D. Papierski, 1989.
  • Le Jour et l'heure, Librairie Plon, 1989.
  • La Méthode, avec des gravures de Bertrand Dorny, Collectif Génération, 1989.
  • James Coignard, D. Papierski, 1989.
  • L'Art abstrait, 5, 1970-1987, avec la collaboration de Michel Ragon, Maeght éditeur, 1988.
  • Henri Matisse, La Manufacture, Qui êtes-vous ?, 1988.
  • Premières Poésies, 1950-1965, Cadex, 1987.
  • Plaisir à la tempête, Carte blanche, 1987.
  • Miotte : œuvres sur papier 1950-1965, Galilée, 1987.
  • James Coignard : mémoire, silence, D. Papierski/Éditions Michel de Maule, 1987.
  • Prise d'otage, Denoël, L'Infini, 1986.
  • Les États-Unis de la peinture, Le Seuil, Fiction & Cie, 1986.
  • La Grande Élégie doit tout dire, illustrations de Pierre Buraglio, La Sétérée, 1986.
  • Giotto, Hazan, 1985.
  • Œuvres choisies, Les Trois livres, Le Seuil, 1984.
  • Poésie et psychanalyse : à propos de Pierre Jean-Jouve, 1923, 1933, 1954, 1981, Actuels, Morari, 1984.
  • L'Amour vénitien, Carte blanche, 1984.
  • L'Amour, Hachette, 1982.
  • Spirito peregrino, Hachette, 1981.
  • Rime, Le Seuil, Tel Quel, 1981.
  • Le Voyage en Chine, Hachette, 1980.
  • Transculture : entretiens, essais et conférences, Union générale d'éditions, 10/18, 1979.
  • Oswaldo Romberg et l'enseignement des couleurs, Éditions modernes d'art, 1979.
  • Œuvres choisies, art et littérature, Le Seuil, Tel Quel, 1977.
  • Système de la peinture : essais, Le Seuil, Points, 1977.
  • Paris-New York, situation de l'art, avec la collaboration de William Rubin, Le Chêne, Mimesis, 1977.
  • Stanze (chant I à IV), Le Seuil, Tel Quel, 1973.
  • L'Enseignement de la peinture, Le Seuil, Tel Quel, 1971.
  • Comme, Le Seuil, Tel Quel, 1964. Réédition en 1984.
  • Paysages en deux suivi de Les Lignes de la prose, Le Seuil, 1963. Réédition en 1984.
  • Provisoires Amants des nègres, Le Seuil, 1962. Réédition en 1984.

extraits

Éclair ou tonnerre
Lucrèce ami de tout au monde le dit
ainsi par l'univers s'envolent les pensées de
la nature
Quant à moi en lisant je suis sans maître et sans
pensée
Et je laisse vers moi l'année perdue dans
la matière
Et ces sages roseaux ceux qui disent la science
Et les éclats de leur vie cachée selon le rythme des
héros lorsque je les rencontre dans l'histoire comme
Dante aux enfers
toujours luttant contre l'obscurité
et toujours sans repos
Sans limite là ne sachant plus ce que je peux trouver
avec joie
Et pourtant comme tant d'autres porteurs d'étincelles
dans le vide
Après des siècles ce qui n'est plus continue de chanter
dans la saveur brûlante du plaisir et de la poésie
où il porta l'art-guerre docti furor arduus Lucreti
le premier
plus proche dans la grande douleur vidée
de l'univers et de l'océan qui l'emporte histoire opéra
de la science logique à la portée de notre histoire
ici
comme à la porte des enfers
AOI.


In "Stanze", chant IV © Le Seuil, Tel Quel, 1973


________

La place de la Concorde ouvre la rive gauche sur la rive droite, la périphérie sur le centre, le Paris historique du Louvre sur le Paris de la belle époque, du Petit Palais, du Grand Palais et des Champs-Élysées. Elle est comme la plaque tournante, le centre de l'exposition universelle et permanente des grandes vitrines de la capitale.
Près du pont Alexandre III, les Palais des Expositions se perdent dans l'ouverture panoramique qui les domine, et de l'autre côté, la résidence du président de la République française, l'Élysée, n'est qu'un pavillon de grand luxe. Paris n'a pas de monument. Les siècles ont voulu lui en inventer quelques-uns pour alimenter la chronique. L'Arc de Triomphe, le Sacré-Cœur, la tour Eiffel, des curiosités. Notre-Dame, le Louvre, l'Institut sont comme des aide-mémoire, des rappels discrets d'ouvrages bien connus, des reliures patinées, des livres anciens. Lorsque les Français ont pris la Bastille, ils n'ont pas fait du plein, ils ont fait du vide. Trop de vide peut-être ? Tant de vide que certains n'en sont pas revenus. Si l'on devait donner la formule de l'esprit français, en ce qu'il ne ressemblerait à aucun autre, et en conséquence inquiéterait, je dirais qu'il fait de la place. Non pas comme le baroque italien en manière, en révulsion de regards, en torsions extatiques, mais plus tranquillement pour se complaire et se plaire à lui-même, pour dégager le panorama des croyances inutiles et des autres, pour la circulation, les besoins du plaisir et les jeux rhétoriques de l'esprit. Du siècle de Louis XIV au siècle de Voltaire, même combat. Il faudrait enseigner aux enfants que c'est l'esprit même du siècle de Louis XIV qui renverse la Bastille. Au demeurant, peu importe, tout passe dans l'air vide et plein de musique : sonate, fanfare, orchestre de la lumière. À vous de jouer.

Le soleil frappe de côté et soulève, enlève, emporte les chevaux de Marly de part et d'autre de l'obélisque de Louxor qui semble ici d'une taille très raisonnable. Lumières pâles, jaune et bleu, diagonales rasantes vers les jardins. Quelques silhouettes passent au loin, des taches violettes et grises. Quelques voitures sur la place comme des jouets d'enfants… Et le vaste ciel étendu à peine bleuté, lumineux, transparent. Tout est possible, si je veux bien accompagner le spectacle. Celui-là ou tout autre. Celui que chacun croit devoir se donner à lui-même en se donnant aux autres. Je veux bien accepter les rôles qu'on me propose et en jouer la comédie, mais pourquoi me laisserai-je entraîner à y croire ? J'y trouve ce que je cherche en faisant au mieux.

Extrait de "La Vie à deux ou trois" © Gallimard, 1992


________


Avec cette langue-ci
bien avant l'injustice
à disposition
comme si c'était possible
je cherche dans l'histoire du temps
de la vérité dans l'erreur


J'ai rêvé…
la flotte achéenne dans le Golfe
les drapeaux tendus
l'or noir brûlant dans les déserts
la fumée épaisse sur nous
grassement payés
un océan de pétrole où flottait la navicella del nostro ingenio

Avec les deux yeux
j'ai rêvé
le grec et l'hébreu en même temps


Pensée en même temps sauvage et bornée : la fratrie universelle
cette machine de guerre du refoulement
"Qui aura le pied assez vif pour en sortir d'un bond ?"
Lequel est le chef ?
Qui commande l'armée ?
Nous sommes légion !


In "Le Propre du temps" © Gallimard, L'Infini, 1995

médiation

  • table ronde et débat
  • création de livres et d'expositions
  • conférence

Marcelin Pleynet

Photo de Marcelin  Pleynet
© Marcelin Pleynet

biographie

Né en 1933 à Lyon, Rhône

roman, poésie, récit, essai

1939-1945 Confié à diverses pensions de familles dans l'Yonne, les Deux-Sèvres, la Bretagne.

1950 Vit à Paris. Interrompt des études techniques. Divers métiers.

1953 Travaille au secrétariat de l'abbé Conan, curé de Saint Séverin, qu'il accompagne en Italie : Sienne, Florence, Rome.

1955 Rencontre Jean Cayrol, dont il devient bientôt le secrétaire. Voyage en Hollande, en Angleterre, en Écosse…

Publie ses premiers écrits dans les revues "L'Arc", "Esprit", "Écrire", "Botteghe oscure" (Rome), "Locus solus" (en anglais), Art and literature (en anglais),"Tel Quel".

1959 Soumet son premier volume de poésie, "Provisoires Amants des nègres", aux éditions du Seuil. Le livre paraîtra en 1962 : Prix Fénéon de littérature, attribué par Jean Paulhan et Aragon.

1961 Premier séjour à Venise.

1962 Devient membre du comité de rédaction de la revue "Tel Quel", aux éditions du Seuil.

1963 Est nommé secrétaire de rédaction et directeur gérant de la revue "Tel Quel".

1966 Invité comme "Visiting professor" de littérature par l'université de Northwestern, Chicago. Il profite de ce séjour de six mois aux États-Unis pour se familiariser avec la peinture américaine contemporaine.

À ses activités d'écrivain et de responsable de la revue "Tel Quel", s'ajoute alors une activité d'écrivain d'art. Il publie un grand nombre d'essais sur l'art dans diverses revues spécialisées : "Les Lettres françaises", "Art international" (Lugano, Suisse), "Art News" (New York).

1974 Séjour de trois semaines en Chine en compagnie de Julia Kristeva, Philippe Sollers, Roland Barthes. Il en rapporte un volume qui sera publié aux éditions Hachette en 1980.

1978 Publie en collaboration avec W. Rubin, directeur du Museum of Modern Art de New York, "Situation de l'Art moderne Paris/New York". Il a déjà réalisé de nombreuses expositions sur l'art moderne et contemporain dans divers musées européens.

1981 Conférence à Barcelone à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Picasso.

1982 Derniers numéros de la revue "Tel Quel", aux éditions du Seuil ; accompagne Philippe Sollers qui fonde la revue "L'Infini", dont Marcelin Pleynet devient secrétaire de rédaction aux éditions Denoël, puis aux éditions Gallimard.

Conférence sur Picasso, au musée du Prado, à Madrid, en célébration du retour de Guernica en Espagne.

1987 On confie à Marcelin Pleynet la chaire d'esthétique qui vient d'être créée à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il l'occupera jusqu'en 1998.

bibliographie

  • L'Etendue musicale, Gallimard, L'Infini, 2014.
  • Cézanne, Gallimard, 2010.
  • Chronique vénitienne, Gallimard, L'Infini, 2010.
  • Giacometti : le jamais vu, Dilecta, 2007.
  • Le Savoir-vivre, Gallimard, 2006.
  • Rimbaud, Gallimard, 2005.
  • Le Pontos, Gallimard, L'Infini, 2002.
  • Judit Reigl, Adam Biro, 2001.
  • Poésie et révolution : la révolution du style, Éditions Pleins feux, 2000.
  • Les Voyageurs de l'an 2000, Gallimard, L'Infini, 2000.
  • Rothko et la France, Éditions de l'Épure, 1999.
  • Chardin, le sentiment et l'esprit du temps, Éditions de l'Épure, 1999.
  • Notes sur le motif, Dumerchez, 1998.
  • Le Plus Court chemin, Gallimard, L'Infini, 1997.
  • Une saison : poésie et sculpture, illustrations de Dominique Labauvie, Dumerchez, 1996.
  • Le Propre du temps, Gallimard, L'Infini, 1995.
  • La Dogana, Letessier, 1995.
  • Lorsque la nuit tombe tout ce qui était vert devient bleu,, aquarelles de Mathias Pérez, Éditions J. Greset, 1994.
  • Entretiens, avec Henri Yeru, Artzimut éditeur, 1994.
  • L'Homme habite poétiquement : entretiens avec Ernest Pignon-Ernest, Actes Sud, 1993.
  • Jean Miotte, Le Cercle d'art, 1993.
  • La Vie à deux ou trois, Gallimard, 1992.
  • Giorgione et les deux Vénus : plaisir à "La Tempête", Maeght éditeur, 1991.
  • Les Modernes et la tradition, Gallimard, L'Infini, 1990.
  • Robert Motherwell, D. Papierski, 1989.
  • Le Jour et l'heure, Librairie Plon, 1989.
  • La Méthode, avec des gravures de Bertrand Dorny, Collectif Génération, 1989.
  • James Coignard, D. Papierski, 1989.
  • L'Art abstrait, 5, 1970-1987, avec la collaboration de Michel Ragon, Maeght éditeur, 1988.
  • Henri Matisse, La Manufacture, Qui êtes-vous ?, 1988.
  • Premières Poésies, 1950-1965, Cadex, 1987.
  • Plaisir à la tempête, Carte blanche, 1987.
  • Miotte : œuvres sur papier 1950-1965, Galilée, 1987.
  • James Coignard : mémoire, silence, D. Papierski/Éditions Michel de Maule, 1987.
  • Prise d'otage, Denoël, L'Infini, 1986.
  • Les États-Unis de la peinture, Le Seuil, Fiction & Cie, 1986.
  • La Grande Élégie doit tout dire, illustrations de Pierre Buraglio, La Sétérée, 1986.
  • Giotto, Hazan, 1985.
  • Œuvres choisies, Les Trois livres, Le Seuil, 1984.
  • Poésie et psychanalyse : à propos de Pierre Jean-Jouve, 1923, 1933, 1954, 1981, Actuels, Morari, 1984.
  • L'Amour vénitien, Carte blanche, 1984.
  • L'Amour, Hachette, 1982.
  • Spirito peregrino, Hachette, 1981.
  • Rime, Le Seuil, Tel Quel, 1981.
  • Le Voyage en Chine, Hachette, 1980.
  • Transculture : entretiens, essais et conférences, Union générale d'éditions, 10/18, 1979.
  • Oswaldo Romberg et l'enseignement des couleurs, Éditions modernes d'art, 1979.
  • Œuvres choisies, art et littérature, Le Seuil, Tel Quel, 1977.
  • Système de la peinture : essais, Le Seuil, Points, 1977.
  • Paris-New York, situation de l'art, avec la collaboration de William Rubin, Le Chêne, Mimesis, 1977.
  • Stanze (chant I à IV), Le Seuil, Tel Quel, 1973.
  • L'Enseignement de la peinture, Le Seuil, Tel Quel, 1971.
  • Comme, Le Seuil, Tel Quel, 1964. Réédition en 1984.
  • Paysages en deux suivi de Les Lignes de la prose, Le Seuil, 1963. Réédition en 1984.
  • Provisoires Amants des nègres, Le Seuil, 1962. Réédition en 1984.

extraits

Éclair ou tonnerre
Lucrèce ami de tout au monde le dit
ainsi par l'univers s'envolent les pensées de
la nature
Quant à moi en lisant je suis sans maître et sans
pensée
Et je laisse vers moi l'année perdue dans
la matière
Et ces sages roseaux ceux qui disent la science
Et les éclats de leur vie cachée selon le rythme des
héros lorsque je les rencontre dans l'histoire comme
Dante aux enfers
toujours luttant contre l'obscurité
et toujours sans repos
Sans limite là ne sachant plus ce que je peux trouver
avec joie
Et pourtant comme tant d'autres porteurs d'étincelles
dans le vide
Après des siècles ce qui n'est plus continue de chanter
dans la saveur brûlante du plaisir et de la poésie
où il porta l'art-guerre docti furor arduus Lucreti
le premier
plus proche dans la grande douleur vidée
de l'univers et de l'océan qui l'emporte histoire opéra
de la science logique à la portée de notre histoire
ici
comme à la porte des enfers
AOI.


In "Stanze", chant IV © Le Seuil, Tel Quel, 1973


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La place de la Concorde ouvre la rive gauche sur la rive droite, la périphérie sur le centre, le Paris historique du Louvre sur le Paris de la belle époque, du Petit Palais, du Grand Palais et des Champs-Élysées. Elle est comme la plaque tournante, le centre de l'exposition universelle et permanente des grandes vitrines de la capitale.
Près du pont Alexandre III, les Palais des Expositions se perdent dans l'ouverture panoramique qui les domine, et de l'autre côté, la résidence du président de la République française, l'Élysée, n'est qu'un pavillon de grand luxe. Paris n'a pas de monument. Les siècles ont voulu lui en inventer quelques-uns pour alimenter la chronique. L'Arc de Triomphe, le Sacré-Cœur, la tour Eiffel, des curiosités. Notre-Dame, le Louvre, l'Institut sont comme des aide-mémoire, des rappels discrets d'ouvrages bien connus, des reliures patinées, des livres anciens. Lorsque les Français ont pris la Bastille, ils n'ont pas fait du plein, ils ont fait du vide. Trop de vide peut-être ? Tant de vide que certains n'en sont pas revenus. Si l'on devait donner la formule de l'esprit français, en ce qu'il ne ressemblerait à aucun autre, et en conséquence inquiéterait, je dirais qu'il fait de la place. Non pas comme le baroque italien en manière, en révulsion de regards, en torsions extatiques, mais plus tranquillement pour se complaire et se plaire à lui-même, pour dégager le panorama des croyances inutiles et des autres, pour la circulation, les besoins du plaisir et les jeux rhétoriques de l'esprit. Du siècle de Louis XIV au siècle de Voltaire, même combat. Il faudrait enseigner aux enfants que c'est l'esprit même du siècle de Louis XIV qui renverse la Bastille. Au demeurant, peu importe, tout passe dans l'air vide et plein de musique : sonate, fanfare, orchestre de la lumière. À vous de jouer.

Le soleil frappe de côté et soulève, enlève, emporte les chevaux de Marly de part et d'autre de l'obélisque de Louxor qui semble ici d'une taille très raisonnable. Lumières pâles, jaune et bleu, diagonales rasantes vers les jardins. Quelques silhouettes passent au loin, des taches violettes et grises. Quelques voitures sur la place comme des jouets d'enfants… Et le vaste ciel étendu à peine bleuté, lumineux, transparent. Tout est possible, si je veux bien accompagner le spectacle. Celui-là ou tout autre. Celui que chacun croit devoir se donner à lui-même en se donnant aux autres. Je veux bien accepter les rôles qu'on me propose et en jouer la comédie, mais pourquoi me laisserai-je entraîner à y croire ? J'y trouve ce que je cherche en faisant au mieux.

Extrait de "La Vie à deux ou trois" © Gallimard, 1992


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Avec cette langue-ci
bien avant l'injustice
à disposition
comme si c'était possible
je cherche dans l'histoire du temps
de la vérité dans l'erreur


J'ai rêvé…
la flotte achéenne dans le Golfe
les drapeaux tendus
l'or noir brûlant dans les déserts
la fumée épaisse sur nous
grassement payés
un océan de pétrole où flottait la navicella del nostro ingenio

Avec les deux yeux
j'ai rêvé
le grec et l'hébreu en même temps


Pensée en même temps sauvage et bornée : la fratrie universelle
cette machine de guerre du refoulement
"Qui aura le pied assez vif pour en sortir d'un bond ?"
Lequel est le chef ?
Qui commande l'armée ?
Nous sommes légion !


In "Le Propre du temps" © Gallimard, L'Infini, 1995

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