Michel Berthet

Photo de Michel  Berthet
© Michel Berthet

biographie

Né en 1937 à Villefranche-sur-Saône, Rhône

Vit dans l'Ain

roman

A toujours vécu à Lyon.

Marié en 1959.Trois fils. Sept petits-enfants.

A exercé à Lyon la profession de chirurgien-dentiste pendant 35 ans.

Publie quatre romans chez divers éditeurs parisiens.

Divorcé en 1984.

Vit maintenant à la campagne, dans l'Ain, depuis 2003.

N'a pas cessé d'écrire. M.B.

bibliographie

  • Soleils voraces, Éditions Paulo-Ramand, 2011.
  • L'Attraction universelle, CyLibris, 2003.
  • L'Ornithorynque, sous le pseudonyme de Nicolas Kabalinsky, Arléa, 1989.
  • L'Enfant sorcier, Gallimard, 1976.
  • Les Smocks, Jean-Jacques Pauvert, 1972.

extraits

… ou bien Petit-Joli raconte sa guerre, l'été 39, la mobilisation, ils étaient encore en vacances, il avait fallu rentrer plus tôt, Joëlle venait de naître et Lotte traversait la France en train, avec son bébé dans un grand cabas de raphia, pour rejoindre son mari dans les villes de garnison où il était envoyé. Ensuite il était parti pour la Norvège, à Narvik… Lotte commence à s'agiter sur sa chaise. Elle lui coupe la parole :
"…. oh ! non… Petit-Joli !… pas Narvik !… Pitié… on connaît tous par cœur !…"
Je n'entendrai jamais l'histoire en entier.
Quelquefois ils invitent le fidèle Javet, l'ordonnance de Petit-Joli pendant la guerre. Il arrive au chalet avec sa grosse femme obèse que ne décollent jamais une énorme fillette de douze ans presque aussi volumineuse que sa mère, et un gamin morvailleux et sournois que Lotte n'aime pas, mais qu'elle se croit obligée de cajoler en se contorsionnant parce qu'elle est sa marraine. Le fidèle Javet salue militairement Petit-Joli en l'appelant "Mon Capitaine", et Lotte est bien obligée, à table, de revivre tous leurs souvenirs. Par moment, elle essaye en vain de détourner la conversation en remplissant les verres et en demandant d'un ton gaillard :
"… encore une p'tite lampée… M'sieu Javet ?…"
Ou bien, alors que personne ne peut plus avaler quoi que ce soit depuis bientôt trois heures qu'on est à table, elle se force encore à être grasseyante et joviale :
"…. M'sieu Javet… un peu de salade ?…"
Et lui, avec un sourire gourmand :
"… alors deux feuilles, pas plus… juste pour décrasser les dents !…"
Lorsque sur le coup de sept heures ils se décideront enfin à partir, et que Lotte aura longuement serré sur son cœur la grosse femme, la fillette monstrueuse et le morveux, dans la poche de qui elle a glissé un billet ; lorsqu'elle leur aura promis de venir dans un mois pour le "rendu", où seront conviés aussi les Michaux et les Bobet ("… oh ! oui… ça fera plaisir de les revoir ceux-là !…"), et où Lotte sait déjà qu'il lui faudra ingurgiter les écrevisses, le Lavaret à la crème, le gigot avec son gratin dauphinois, sans parler des desserts, la mère Javet se considérant comme déshonorée si elle n'en prépare pas au moins quatre ; lorsqu'elle aura marché un moment à côté de la voiture qui démarre lentement, afin de bien leur signifier sa douleur de les quitter, et que, penchée contre les vitres, elle les aura gratifiés des derniers au-revoir dont elle prolongera la chorégraphie longtemps, jusqu'à ce que la voiture ait disparu ; alors seulement Lotte s'effondrera dans un fauteuil, la tête renversée contre le dossier, au bord de l'évanouissement, et dans un souffle, sachant que c'est impensable mais ça lui fait du bien quand même, elle murmurera :
"… Petit-Joli… le "rendu"… tu iras sans moi…. c'est au-dessus de mes forces…".


Extrait de "L'Attraction universelle" (supprimé de la version définitive) © Michel Berthet

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Michel Berthet

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© Michel Berthet

biographie

Né en 1937 à Villefranche-sur-Saône, Rhône

Vit dans l'Ain

roman

A toujours vécu à Lyon.

Marié en 1959.Trois fils. Sept petits-enfants.

A exercé à Lyon la profession de chirurgien-dentiste pendant 35 ans.

Publie quatre romans chez divers éditeurs parisiens.

Divorcé en 1984.

Vit maintenant à la campagne, dans l'Ain, depuis 2003.

N'a pas cessé d'écrire. M.B.

bibliographie

  • Soleils voraces, Éditions Paulo-Ramand, 2011.
  • L'Attraction universelle, CyLibris, 2003.
  • L'Ornithorynque, sous le pseudonyme de Nicolas Kabalinsky, Arléa, 1989.
  • L'Enfant sorcier, Gallimard, 1976.
  • Les Smocks, Jean-Jacques Pauvert, 1972.

extraits

… ou bien Petit-Joli raconte sa guerre, l'été 39, la mobilisation, ils étaient encore en vacances, il avait fallu rentrer plus tôt, Joëlle venait de naître et Lotte traversait la France en train, avec son bébé dans un grand cabas de raphia, pour rejoindre son mari dans les villes de garnison où il était envoyé. Ensuite il était parti pour la Norvège, à Narvik… Lotte commence à s'agiter sur sa chaise. Elle lui coupe la parole :
"…. oh ! non… Petit-Joli !… pas Narvik !… Pitié… on connaît tous par cœur !…"
Je n'entendrai jamais l'histoire en entier.
Quelquefois ils invitent le fidèle Javet, l'ordonnance de Petit-Joli pendant la guerre. Il arrive au chalet avec sa grosse femme obèse que ne décollent jamais une énorme fillette de douze ans presque aussi volumineuse que sa mère, et un gamin morvailleux et sournois que Lotte n'aime pas, mais qu'elle se croit obligée de cajoler en se contorsionnant parce qu'elle est sa marraine. Le fidèle Javet salue militairement Petit-Joli en l'appelant "Mon Capitaine", et Lotte est bien obligée, à table, de revivre tous leurs souvenirs. Par moment, elle essaye en vain de détourner la conversation en remplissant les verres et en demandant d'un ton gaillard :
"… encore une p'tite lampée… M'sieu Javet ?…"
Ou bien, alors que personne ne peut plus avaler quoi que ce soit depuis bientôt trois heures qu'on est à table, elle se force encore à être grasseyante et joviale :
"…. M'sieu Javet… un peu de salade ?…"
Et lui, avec un sourire gourmand :
"… alors deux feuilles, pas plus… juste pour décrasser les dents !…"
Lorsque sur le coup de sept heures ils se décideront enfin à partir, et que Lotte aura longuement serré sur son cœur la grosse femme, la fillette monstrueuse et le morveux, dans la poche de qui elle a glissé un billet ; lorsqu'elle leur aura promis de venir dans un mois pour le "rendu", où seront conviés aussi les Michaux et les Bobet ("… oh ! oui… ça fera plaisir de les revoir ceux-là !…"), et où Lotte sait déjà qu'il lui faudra ingurgiter les écrevisses, le Lavaret à la crème, le gigot avec son gratin dauphinois, sans parler des desserts, la mère Javet se considérant comme déshonorée si elle n'en prépare pas au moins quatre ; lorsqu'elle aura marché un moment à côté de la voiture qui démarre lentement, afin de bien leur signifier sa douleur de les quitter, et que, penchée contre les vitres, elle les aura gratifiés des derniers au-revoir dont elle prolongera la chorégraphie longtemps, jusqu'à ce que la voiture ait disparu ; alors seulement Lotte s'effondrera dans un fauteuil, la tête renversée contre le dossier, au bord de l'évanouissement, et dans un souffle, sachant que c'est impensable mais ça lui fait du bien quand même, elle murmurera :
"… Petit-Joli… le "rendu"… tu iras sans moi…. c'est au-dessus de mes forces…".


Extrait de "L'Attraction universelle" (supprimé de la version définitive) © Michel Berthet

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