Michel Thiollière

Photo de Michel  Thiollière
© Michel Thiollière

biographie

Né en 1955 à Saint-Étienne, Loire

roman

Professeur d'anglais de 1977 à 1994

Maire de Saint-Étienne depuis 1994

Président de Saint-Étienne Métropole depuis 1996

Vice-Président du Conseil régional Rhône-Alpes de 1999 à 2001

Sénateur de la Loire de 2001 à 2010.

Ma vie jusqu'à présent m'a donné la chance de nombreuses découvertes. D'abord la chance de découvrir une autre langue - l'anglais - que ma langue maternelle. Une langue est un territoire. On y rencontre l'esprit d'un peuple, de son histoire. Et à travers une langue étrangère, on découvre le reflet de sa propre langue, du territoire infini du pays, de l'histoire, de l'esprit dont on est. Puis l'enseignement m'a procuré la joie de transmettre, de communiquer ce que j'avais pu moi-même apprendre et comprendre. La vie d'une collectivité, comme un nouveau territoire en formation, me permet d'accompagner la vie de mes concitoyens d'aujourd'hui, de préparer celle de demain. Même l'écriture est aussi œuvre de pionnier : défricher, couper, tailler, planter… laisser une trace noire sur la feuille blanche ! Et inviter, comme on le fait d'un jardin, à la visite, à… la découverte.

Voilà ce qui depuis de nombreuses années meuble mon existence. Découvrir, comprendre, connaître, donc mieux exister soi-même pour aider un tant soit peu les autres à exister et à découvrir à leur tour.

M.T.

bibliographie

  • 1666, les âmes en feu, Editions des Falaises, 2015.
  • Quelle ville voulons-nous?, Autrement, 2007.
  • Le Scribe, nouvelles d'Egypte, Éditions TV and Co, 2002.
  • Frères d'armes, Grasset, 1999.
  • John le Shetlandais, Horvath, 1993.

extraits

Près du rivage, ils découvrirent une ouverture large entre les caps. Elle donne sur la baie de Narragansett. Longue, calme. Presque comme une vaste prairie marine qui prolonge les pentes douces et herbues du Rhode Island. Terre invitant à la magie du rêve. Il y a longtemps ici que l'océan fait corps avec le continent. Très longtemps ! Avant même l'arrivée des colons blancs au XVIe siècle, en cette époque où le sachem Ninigret des Indiens Narragansetts faisait vivre sa tribu de la chasse et de la pêche sur la grande île Aquidneck. La bien-baptisée : île de Paix.
Sur Aquidneck Island, face à la petite Goat Island, les maisons de Newport apparaissaient comme des cubes gris, bleus, verts, bien alignés le long de deux grandes rues. Au milieu, la pointe blanche effilée de Trinity Church se dressait tel un phare. Car l'esprit des lieux se voulait imprégné d'accueil et de tolérance. Le Rhode Island s'était fait une réputation de colonie ouverte aux idées libérales et aux croyances religieuses. Il n'est pas certain qu'on se souvenait des Narragansetts, de leur sachem et des Wampanoags de tradition algonquine. Ou même de Verrazano. De Verrazano à qui le roi de France avait commandé une exploration de la côte américaine à bord de la Dauphine et qui, en 1524, avait trouvé dans la baie douceur et repos. Une baie qu'il avait tout simplement nommée "Refuge".
[…]
Les soldats hagards, aux visages hâves barrés d'épaisses moustaches, les yeux creusés par la terreur, se tenaient devant eux. Nicolas reconnut les vestes bleues à bords rouges, le bonnet à lacets d'argent et cocarde noire du Hesse-Hanau. Se rendre dans la plaine d'York, au sommet de la neuvième redoute… quand on a tenu à Ticonderoga, Freeman's Farm, Bemis Heights et Saratoga. Aurait-il mieux valu mourir ? Un Hessois s'essuya le visage du revers en jetant un dernier coup d'œil à son drapeau : eut-il le sentiment que le fier lion avait lâché son glaive ? "Vive le roi !" lança le colonel. "Vive le roi !" répondit le chœur des soldats. Nicolas sourit. Il était heureux… Vraiment heureux. D'une joie qu'il n'avait pas connue depuis tellement longtemps. Elle aurait eu des raisons d'être fière, se dit-il, en regardant le soleil. Et Coral aussi… Mais il semble bien que ceux qu'on aime ne sont jamais là pour goûter le plaisir et l'honneur que toute une vie on leur réserve. Il respira à pleins poumons. Donna l'accolade à ses hommes. Lança un poing en l'air. Eut une pensée pour La Fayette et Rochambeau.
La route de Yorktown était désormais libre.

Extrait de "Frères d'armes" © Grasset, 1999

médiation

  • lecture

Michel Thiollière

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© Michel Thiollière

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Né en 1955 à Saint-Étienne, Loire

roman

Professeur d'anglais de 1977 à 1994

Maire de Saint-Étienne depuis 1994

Président de Saint-Étienne Métropole depuis 1996

Vice-Président du Conseil régional Rhône-Alpes de 1999 à 2001

Sénateur de la Loire de 2001 à 2010.

Ma vie jusqu'à présent m'a donné la chance de nombreuses découvertes. D'abord la chance de découvrir une autre langue - l'anglais - que ma langue maternelle. Une langue est un territoire. On y rencontre l'esprit d'un peuple, de son histoire. Et à travers une langue étrangère, on découvre le reflet de sa propre langue, du territoire infini du pays, de l'histoire, de l'esprit dont on est. Puis l'enseignement m'a procuré la joie de transmettre, de communiquer ce que j'avais pu moi-même apprendre et comprendre. La vie d'une collectivité, comme un nouveau territoire en formation, me permet d'accompagner la vie de mes concitoyens d'aujourd'hui, de préparer celle de demain. Même l'écriture est aussi œuvre de pionnier : défricher, couper, tailler, planter… laisser une trace noire sur la feuille blanche ! Et inviter, comme on le fait d'un jardin, à la visite, à… la découverte.

Voilà ce qui depuis de nombreuses années meuble mon existence. Découvrir, comprendre, connaître, donc mieux exister soi-même pour aider un tant soit peu les autres à exister et à découvrir à leur tour.

M.T.

bibliographie

  • 1666, les âmes en feu, Editions des Falaises, 2015.
  • Quelle ville voulons-nous?, Autrement, 2007.
  • Le Scribe, nouvelles d'Egypte, Éditions TV and Co, 2002.
  • Frères d'armes, Grasset, 1999.
  • John le Shetlandais, Horvath, 1993.

extraits

Près du rivage, ils découvrirent une ouverture large entre les caps. Elle donne sur la baie de Narragansett. Longue, calme. Presque comme une vaste prairie marine qui prolonge les pentes douces et herbues du Rhode Island. Terre invitant à la magie du rêve. Il y a longtemps ici que l'océan fait corps avec le continent. Très longtemps ! Avant même l'arrivée des colons blancs au XVIe siècle, en cette époque où le sachem Ninigret des Indiens Narragansetts faisait vivre sa tribu de la chasse et de la pêche sur la grande île Aquidneck. La bien-baptisée : île de Paix.
Sur Aquidneck Island, face à la petite Goat Island, les maisons de Newport apparaissaient comme des cubes gris, bleus, verts, bien alignés le long de deux grandes rues. Au milieu, la pointe blanche effilée de Trinity Church se dressait tel un phare. Car l'esprit des lieux se voulait imprégné d'accueil et de tolérance. Le Rhode Island s'était fait une réputation de colonie ouverte aux idées libérales et aux croyances religieuses. Il n'est pas certain qu'on se souvenait des Narragansetts, de leur sachem et des Wampanoags de tradition algonquine. Ou même de Verrazano. De Verrazano à qui le roi de France avait commandé une exploration de la côte américaine à bord de la Dauphine et qui, en 1524, avait trouvé dans la baie douceur et repos. Une baie qu'il avait tout simplement nommée "Refuge".
[…]
Les soldats hagards, aux visages hâves barrés d'épaisses moustaches, les yeux creusés par la terreur, se tenaient devant eux. Nicolas reconnut les vestes bleues à bords rouges, le bonnet à lacets d'argent et cocarde noire du Hesse-Hanau. Se rendre dans la plaine d'York, au sommet de la neuvième redoute… quand on a tenu à Ticonderoga, Freeman's Farm, Bemis Heights et Saratoga. Aurait-il mieux valu mourir ? Un Hessois s'essuya le visage du revers en jetant un dernier coup d'œil à son drapeau : eut-il le sentiment que le fier lion avait lâché son glaive ? "Vive le roi !" lança le colonel. "Vive le roi !" répondit le chœur des soldats. Nicolas sourit. Il était heureux… Vraiment heureux. D'une joie qu'il n'avait pas connue depuis tellement longtemps. Elle aurait eu des raisons d'être fière, se dit-il, en regardant le soleil. Et Coral aussi… Mais il semble bien que ceux qu'on aime ne sont jamais là pour goûter le plaisir et l'honneur que toute une vie on leur réserve. Il respira à pleins poumons. Donna l'accolade à ses hommes. Lança un poing en l'air. Eut une pensée pour La Fayette et Rochambeau.
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Extrait de "Frères d'armes" © Grasset, 1999

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