Monique Jouvancy

Photo de Monique  Jouvancy
© Monique Jouvancy

biographie

Née en 1949 à Saint-Étienne, Loire

Vit dans le Puy-de-Dôme

roman, nouvelle

Je suis comédienne. Je l'ai été vingt ans avant qu'arrive le premier livre.

Comédienne oui, nourrie des mots des autres, j'ai mis finalement les miens en scène sur la page blanche.

Pour dire le monde à ma façon, à ma langue.

Saint-Étienne, puis Clermont-Ferrand, de ville noire en ville noire, des années cinquante au nouveau millénaire, j'ai joué au théâtre, aimé des hommes, eu des enfants, écrit des livres. Recueil de nouvelles, roman, récits nourris d'autobiographie, il y en a quatre à présent, plus ma participation à quelques autres et des articles, des nouvelles dans des revues, des ateliers d'écriture (comités d'entreprise, fac, lycées, population plus fragile…).

Maintenant, c'est à Clermont que je vis. Et lis. À voix haute beaucoup : lectures, lectures-spectacles, lectures-promenades. J'anime avec deux ou trois comédiens une association qui se consacre à ça : donner corps à la lettre morte, donner voix aux auteurs qui nous ont émus, passer à d'autres la chair de l'écrit. Dans toutes sortes de lieux.

Voilà, je vis de ça. De lire. De lire. D'écrire. Et ça me va. M.J.

bibliographie

  • L'Effet poisson rouge, Le Mot fou, 2015.
  • L'Effet poisson rouge, Editions Le Mot fou, 2015.
  • Finir, La Chambre d'échos, 2009.
  • Le Goût de l'aloès, H.B. éditions, 2003.
  • La Cour, avec une illustration de Philippe Fontaine, H.B. éditions, 2000.
  • La Part de l'ange, H.B. éditions, 1998.
  • Les Épouvantails, texte pour des photographies de André Hébrard, Éditions Aedis, 1997.
  • L'Air de riens, H.B. éditions, 1996.

extraits

L'hôpital des fous, vous le quittez une fois la semaine et pour affronter la foule vous vous tenez par les mains et par vos vêtements aux couleurs trop vives, vous êtes esquif fragile, offert.
On vous ignore, et l'horizon nouveau dont vous vous faisiez fête est tout à coup trop vaste. Sur l'île d'un abribus, vous reprenez force. L'un de vous mord son poing en bâillon sur sa bouche puis hurle tout à coup. Une autre est assise immobile, les yeux rivés sur l'en-dedans.
Vous repartez, une rue à traverser vous affaire un moment. Des hommes, chacun dans leur voiture, dans leur file et leur droit vous klaxonnent et, tancés par vos guides lassés, vous courez sans hâte, lourdauds qui attirent de loin les regards.
Des enfants à qui vous souriez ont peur et serrent un peu plus la main de ceux qui les entraînent.
Le grand magasin, but de la promenade, attire dans sa chaleur votre petite troupe. Vous en sortirez rouges, sur vos visages l'excitation et la colère des enfants au manège, vos babioles en paquets brandis comme autant de trophées, avec dans vos yeux des choses vagues, un semblant de fin de fête, de promesse perdue.
Deux d'entre vous se querellent, on les sépare, un chien passant par là s'effraie, aboie et vous effraie.
Tant d'agitation exténue, vous avez chaud maintenant et on vous fait asseoir à l'ombre sur le banc devant le parc, devant, vous n'en franchissez pas la grille, vous n'y entrez jamais. Vous vous tenez serrés comme on n'imaginerait pas se tenir, petits pois dans leur cosse de pierre vous vous agglutinez.
Un miracle va venir vous chercher. Il est tôt, l'après-midi est vaste, mais vous rentrez car là-bas la nuit commence.
Tête à l'envers vous perdez vos yeux dans le bleu tout là-haut. Les arbres font au ciel une robe de dentelle qui danse doucement pour vous seuls et vous suivez, bouche ouverte, ses ondulations lentes.
Parce que le bus arrive vous voilà ressaisis, une affaire vous occupe et vous jetez de petits cris, vous disputez âprement vos places immuables, une infirmière vous donne à chacun un goûter.
Vos gestes de la main effacent sur les vitres les voitures et les gens.
Quand l'autocar s'ébranle, vous faites vos sourires aux maisons que vous reconnaissez.
L'un de vous s'est mis à rire, il empêche les têtes pesantes de sombrer tout à fait.
Quelques bouches mâchonnent et chiquent longuement des litanies de mots.
Vous repartez chez vous, là-bas, vers les autres, ceux qui ne sortent pas, ceux qu'on ne verra jamais parce que des désastres plus grands que les vôtres les y tiennent attachés.
Le car au loin rapetisse, l'oubli peu à peu vous distrait.

Inédit © Monique Jouvancy

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec des publics empêchés
  • atelier d'écriture
  • suivi de projet pédagogique

Monique Jouvancy

Photo de Monique  Jouvancy
© Monique Jouvancy

biographie

Née en 1949 à Saint-Étienne, Loire

Vit dans le Puy-de-Dôme

roman, nouvelle

Je suis comédienne. Je l'ai été vingt ans avant qu'arrive le premier livre.

Comédienne oui, nourrie des mots des autres, j'ai mis finalement les miens en scène sur la page blanche.

Pour dire le monde à ma façon, à ma langue.

Saint-Étienne, puis Clermont-Ferrand, de ville noire en ville noire, des années cinquante au nouveau millénaire, j'ai joué au théâtre, aimé des hommes, eu des enfants, écrit des livres. Recueil de nouvelles, roman, récits nourris d'autobiographie, il y en a quatre à présent, plus ma participation à quelques autres et des articles, des nouvelles dans des revues, des ateliers d'écriture (comités d'entreprise, fac, lycées, population plus fragile…).

Maintenant, c'est à Clermont que je vis. Et lis. À voix haute beaucoup : lectures, lectures-spectacles, lectures-promenades. J'anime avec deux ou trois comédiens une association qui se consacre à ça : donner corps à la lettre morte, donner voix aux auteurs qui nous ont émus, passer à d'autres la chair de l'écrit. Dans toutes sortes de lieux.

Voilà, je vis de ça. De lire. De lire. D'écrire. Et ça me va. M.J.

bibliographie

  • L'Effet poisson rouge, Le Mot fou, 2015.
  • L'Effet poisson rouge, Editions Le Mot fou, 2015.
  • Finir, La Chambre d'échos, 2009.
  • Le Goût de l'aloès, H.B. éditions, 2003.
  • La Cour, avec une illustration de Philippe Fontaine, H.B. éditions, 2000.
  • La Part de l'ange, H.B. éditions, 1998.
  • Les Épouvantails, texte pour des photographies de André Hébrard, Éditions Aedis, 1997.
  • L'Air de riens, H.B. éditions, 1996.

extraits

L'hôpital des fous, vous le quittez une fois la semaine et pour affronter la foule vous vous tenez par les mains et par vos vêtements aux couleurs trop vives, vous êtes esquif fragile, offert.
On vous ignore, et l'horizon nouveau dont vous vous faisiez fête est tout à coup trop vaste. Sur l'île d'un abribus, vous reprenez force. L'un de vous mord son poing en bâillon sur sa bouche puis hurle tout à coup. Une autre est assise immobile, les yeux rivés sur l'en-dedans.
Vous repartez, une rue à traverser vous affaire un moment. Des hommes, chacun dans leur voiture, dans leur file et leur droit vous klaxonnent et, tancés par vos guides lassés, vous courez sans hâte, lourdauds qui attirent de loin les regards.
Des enfants à qui vous souriez ont peur et serrent un peu plus la main de ceux qui les entraînent.
Le grand magasin, but de la promenade, attire dans sa chaleur votre petite troupe. Vous en sortirez rouges, sur vos visages l'excitation et la colère des enfants au manège, vos babioles en paquets brandis comme autant de trophées, avec dans vos yeux des choses vagues, un semblant de fin de fête, de promesse perdue.
Deux d'entre vous se querellent, on les sépare, un chien passant par là s'effraie, aboie et vous effraie.
Tant d'agitation exténue, vous avez chaud maintenant et on vous fait asseoir à l'ombre sur le banc devant le parc, devant, vous n'en franchissez pas la grille, vous n'y entrez jamais. Vous vous tenez serrés comme on n'imaginerait pas se tenir, petits pois dans leur cosse de pierre vous vous agglutinez.
Un miracle va venir vous chercher. Il est tôt, l'après-midi est vaste, mais vous rentrez car là-bas la nuit commence.
Tête à l'envers vous perdez vos yeux dans le bleu tout là-haut. Les arbres font au ciel une robe de dentelle qui danse doucement pour vous seuls et vous suivez, bouche ouverte, ses ondulations lentes.
Parce que le bus arrive vous voilà ressaisis, une affaire vous occupe et vous jetez de petits cris, vous disputez âprement vos places immuables, une infirmière vous donne à chacun un goûter.
Vos gestes de la main effacent sur les vitres les voitures et les gens.
Quand l'autocar s'ébranle, vous faites vos sourires aux maisons que vous reconnaissez.
L'un de vous s'est mis à rire, il empêche les têtes pesantes de sombrer tout à fait.
Quelques bouches mâchonnent et chiquent longuement des litanies de mots.
Vous repartez chez vous, là-bas, vers les autres, ceux qui ne sortent pas, ceux qu'on ne verra jamais parce que des désastres plus grands que les vôtres les y tiennent attachés.
Le car au loin rapetisse, l'oubli peu à peu vous distrait.

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