Sébastien Fritsch

Photo de Sébastien  Fritsch
© Sébastien Fritsch

biographie

Né en 1969 à Vincennes, Val-de-Marne

Vit dans le Rhône

site personnel : http://sebastienfritsch.canalblog.com

roman

Né en région parisienne en 1969 et installé à Lyon en 2000, Sébastien Fritsch a publié cinq romans. Très différents par leurs ambiances ou par leurs thèmes (transmission familiale, violence conjugale, rôle de la littérature…), ils ont en commun, outre une grande précision dans l’étude psychologique des personnages, un fort attachement à la musicalité du texte et un travail méticuleux sur l’intrigue.

bibliographie

  • Se retenir aux brindilles, Éditions Fin mars début avril, 2013.
  • Invitation pour la petite fille qui parle au vent, Éditions Fin mars début avril, 2010.
  • Derrière toute chose exquise, Éditions du Pierregord, 2009. 2014, éditions Fin mars début avril.
  • Le Sixième crime, Éditions du Pierregord, 2008.
  • Le Mariage d'Anne Orval, Créer, 2007.

extraits

Il regarda sa montre une nouvelle fois. Aucune des deux aiguilles n’avait bougé. Mais était-ce l’heure qu’il voulait vérifier ou plutôt la date ? Voulait-il s’assurer qu’Estelle avait toujours dix-sept ans ? Qu’elle ne pouvait donc avoir mis à exécution sa menace de fuite ? Qu’elle était bien là, dans le séjour, à s’abrutir devant la machine à bruit ? Il tourna la clé avant même de se rendre compte qu’il l’avait sortie de sa poche et glissée dans la serrure.
Son premier pas dans le couloir le rassura : le brouhaha de la télé lui confirmait qu’il y avait quelqu’un au rez-de-chaussée. Et comme, de toute évidence, Clara et Salomé dormaient - parce qu’elles étaient Clara et Salomé - ce ne pouvait être qu’Estelle. Il monta les trois marches de l'entrée, s’avança dans le couloir vers le hall, tourna l’angle, entra dans le salon et ne vit personne. Ce qui, en somme était rassurant : Estelle était tout bonnement partie se coucher en oubliant d’éteindre l’engin. Il traversa la pièce, appuya sur le bouton rouge en dessous de l’écran puis ressortit. L’envie le prit quand même d’aller vérifier ses suppositions. Juste une oreille dans trois chambres, juste trois souffles paisibles à cueillir et il repartirait. Vu tout le temps déjà perdu, son cadavre pouvait bien attendre trois minutes de plus.
Il commença par la chambre de Salomé. Il l’écouta rêver deux secondes. D’un pas, il gagna la porte de Clara, du côté du jardin. Il la poussa. Retint encore sa respiration pour percevoir celle de sa seconde fille. L’étape suivante, c’était donc Estelle. Il s’engagea sur la pointe des pieds dans l’escalier qui montait vers les combles. Avant même d’avoir atteint le palier, il vit que la porte d’Estelle était ouverte. Il accéléra le pas, il entra, alluma ; le lit était vide et bordé aussi militairement que le matin. Mais la guitare était là. Ce n’était donc pas ce soir qu’Estelle fuirait : elle ne serait jamais partie sans son instrument fétiche. Mais où était-elle, alors ? Chez Émilie ? Chez Julien ? Thomas n’avait de toute façon pas le temps de résoudre cette affaire. Une autre, plus sérieuse que les caprices d’une gamine, l’attendait. Il éteignit, redescendit silencieusement et quitta la maison.
Il lui fallut vingt-cinq minutes pour rejoindre Pierre-la-Treiche. Vingt-cinq minutes pour laisser derrière lui Thomas Couderc, père de famille, et confier le volant au docteur Couderc, médecin légiste. On lui avait situé assez précisément l’endroit, au téléphone. Mais, de toute façon, l’attroupement de voitures rouges et bleues illuminées comme un marché de Noël lui aurait permis de trouver sans aucune indication.
Il ajouta son véhicule à la cohorte, prit dans la boîte à gants son matériel de base - gants en latex et dictaphone - qu’il répartit dans les poches de son veston, descendit de sa voiture et s’approcha de celle qu’il reconnut comme appartenant au commissaire Péon. Il allait se pencher vers l’habitacle obscur quand il entendit la voix du policier dans son dos.
« Couderc ? »
Thomas se retourna. Péon s’approchait d’un pas vif. Thomas s’avança à sa rencontre. Ils se serrèrent la main vigoureusement.
[...]
Le commissaire se détourna et se dirigea vers la voie ferrée. Thomas le suivit. [...] Ils passèrent au-dessus des rails et redescendirent le talus en direction de la rivière. Un éclairage puissant avait été installé autour du lieu où le cadavre avait été découvert. [...]
Accompagné par le silence de son acolyte, Thomas s’avança lentement vers le cadavre. Avant même de se trouver à ses côtés, il commença à engranger dans son cerveau d’expert les premières observations qu’il lui était possible de faire, vu de haut et avec un peu de recul : corps dénudé, en décubitus ventral, de race blanche et de sexe féminin ; taille supérieure à un mètre soixante, voire un mètre soixante-dix, cheveux apparemment noirs, mais poissés par un énorme caillot issu d’une perforation de l’os occipital. Il pensa tout de suite à Estelle.

Extrait de "Invitation pour la petite fille qui parle au vent" (roman à paraître) © Sébastien Fritsch 2009

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec des publics empêchés
  • rencontre avec une classe
  • suivi de projet pédagogique

Sébastien Fritsch

Photo de Sébastien  Fritsch
© Sébastien Fritsch

biographie

Né en 1969 à Vincennes, Val-de-Marne

Vit dans le Rhône

site personnel : http://sebastienfritsch.canalblog.com

roman

Né en région parisienne en 1969 et installé à Lyon en 2000, Sébastien Fritsch a publié cinq romans. Très différents par leurs ambiances ou par leurs thèmes (transmission familiale, violence conjugale, rôle de la littérature…), ils ont en commun, outre une grande précision dans l’étude psychologique des personnages, un fort attachement à la musicalité du texte et un travail méticuleux sur l’intrigue.

bibliographie

  • Se retenir aux brindilles, Éditions Fin mars début avril, 2013.
  • Invitation pour la petite fille qui parle au vent, Éditions Fin mars début avril, 2010.
  • Derrière toute chose exquise, Éditions du Pierregord, 2009. 2014, éditions Fin mars début avril.
  • Le Sixième crime, Éditions du Pierregord, 2008.
  • Le Mariage d'Anne Orval, Créer, 2007.

extraits

Il regarda sa montre une nouvelle fois. Aucune des deux aiguilles n’avait bougé. Mais était-ce l’heure qu’il voulait vérifier ou plutôt la date ? Voulait-il s’assurer qu’Estelle avait toujours dix-sept ans ? Qu’elle ne pouvait donc avoir mis à exécution sa menace de fuite ? Qu’elle était bien là, dans le séjour, à s’abrutir devant la machine à bruit ? Il tourna la clé avant même de se rendre compte qu’il l’avait sortie de sa poche et glissée dans la serrure.
Son premier pas dans le couloir le rassura : le brouhaha de la télé lui confirmait qu’il y avait quelqu’un au rez-de-chaussée. Et comme, de toute évidence, Clara et Salomé dormaient - parce qu’elles étaient Clara et Salomé - ce ne pouvait être qu’Estelle. Il monta les trois marches de l'entrée, s’avança dans le couloir vers le hall, tourna l’angle, entra dans le salon et ne vit personne. Ce qui, en somme était rassurant : Estelle était tout bonnement partie se coucher en oubliant d’éteindre l’engin. Il traversa la pièce, appuya sur le bouton rouge en dessous de l’écran puis ressortit. L’envie le prit quand même d’aller vérifier ses suppositions. Juste une oreille dans trois chambres, juste trois souffles paisibles à cueillir et il repartirait. Vu tout le temps déjà perdu, son cadavre pouvait bien attendre trois minutes de plus.
Il commença par la chambre de Salomé. Il l’écouta rêver deux secondes. D’un pas, il gagna la porte de Clara, du côté du jardin. Il la poussa. Retint encore sa respiration pour percevoir celle de sa seconde fille. L’étape suivante, c’était donc Estelle. Il s’engagea sur la pointe des pieds dans l’escalier qui montait vers les combles. Avant même d’avoir atteint le palier, il vit que la porte d’Estelle était ouverte. Il accéléra le pas, il entra, alluma ; le lit était vide et bordé aussi militairement que le matin. Mais la guitare était là. Ce n’était donc pas ce soir qu’Estelle fuirait : elle ne serait jamais partie sans son instrument fétiche. Mais où était-elle, alors ? Chez Émilie ? Chez Julien ? Thomas n’avait de toute façon pas le temps de résoudre cette affaire. Une autre, plus sérieuse que les caprices d’une gamine, l’attendait. Il éteignit, redescendit silencieusement et quitta la maison.
Il lui fallut vingt-cinq minutes pour rejoindre Pierre-la-Treiche. Vingt-cinq minutes pour laisser derrière lui Thomas Couderc, père de famille, et confier le volant au docteur Couderc, médecin légiste. On lui avait situé assez précisément l’endroit, au téléphone. Mais, de toute façon, l’attroupement de voitures rouges et bleues illuminées comme un marché de Noël lui aurait permis de trouver sans aucune indication.
Il ajouta son véhicule à la cohorte, prit dans la boîte à gants son matériel de base - gants en latex et dictaphone - qu’il répartit dans les poches de son veston, descendit de sa voiture et s’approcha de celle qu’il reconnut comme appartenant au commissaire Péon. Il allait se pencher vers l’habitacle obscur quand il entendit la voix du policier dans son dos.
« Couderc ? »
Thomas se retourna. Péon s’approchait d’un pas vif. Thomas s’avança à sa rencontre. Ils se serrèrent la main vigoureusement.
[...]
Le commissaire se détourna et se dirigea vers la voie ferrée. Thomas le suivit. [...] Ils passèrent au-dessus des rails et redescendirent le talus en direction de la rivière. Un éclairage puissant avait été installé autour du lieu où le cadavre avait été découvert. [...]
Accompagné par le silence de son acolyte, Thomas s’avança lentement vers le cadavre. Avant même de se trouver à ses côtés, il commença à engranger dans son cerveau d’expert les premières observations qu’il lui était possible de faire, vu de haut et avec un peu de recul : corps dénudé, en décubitus ventral, de race blanche et de sexe féminin ; taille supérieure à un mètre soixante, voire un mètre soixante-dix, cheveux apparemment noirs, mais poissés par un énorme caillot issu d’une perforation de l’os occipital. Il pensa tout de suite à Estelle.

Extrait de "Invitation pour la petite fille qui parle au vent" (roman à paraître) © Sébastien Fritsch 2009

médiation

  • lecture
  • table ronde et débat
  • rencontre avec des publics empêchés
  • rencontre avec une classe
  • suivi de projet pédagogique
sur le fil

Attention

Ce site internet n’est aujourd’hui plus actualisé car il fera peau neuve en juin 2017. L’équipe de l’Arald vous proposera bientôt une nouvelle forme de navigation dans le site centrée autour de la médiation, des présentations détaillées des auteurs et de leurs publications, des informations pratiques mais aussi les actualités de la vie littéraire dans la région.

 

Merci de votre patience, et à très […] Lire la suite

Calendrier d'événements

mai 2017
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031EC

événements à venir

  • Pas d'événement.