Serge Gaubert

Photo de Serge  Gaubert
© Serge Gaubert

biographie

Né en 1935 à Laissac, Aveyron

Vit dans la Loire

roman, nouvelle, théâtre, essai

Serge Gaubert, né dans l'Aveyron, s'est "exilé" à Lyon pour y étudier, puis y enseigner la littérature française contemporaine. Il a publié à ce titre plusieurs essais parmi lesquels "Proust ou Le Roman de la différence en 1980 et "Cette erreur qu'est la vie : Proust et la représentation" en 2001, tous deux aux Presses universitaires de Lyon. Il collabore à plusieurs revues.

Auteur de pièces de théâtre : "Proust ou La Passion d'être", "Cyclomédie", "Tentative de soirée en tenue de suicide", "Le Classement"; d'un roman : "Photo d'un train sur le soir"; d'un ensemble de nouvelles : "Jérôme hors jeu"; il a aussi écrit pour le cinéma (scénario et dialogues de "Bal perdu"). Il s'intéresse à la peinture (articles et études), au théâtre, et dirige à Lyon l'équipe de recherches LERTEC (Lecture et réception du texte contemporain : Littérature, Théâtre, Cinéma) qui a produit plusieursf ouvrages consacrés à des créateurs français du XXe siècle (collection Lire). S.G.

bibliographie

  • Le Classement, S. M..
  • Cyclomédie, S. M..
  • Monsieur Quartz, Éditions Realis Utopia, 2005.
  • Cette erreur qu'est la vie : Proust et la représentation, PUL, 2000.
  • Jérôme hors jeu, Amiot Lenganey, 1992.
  • Un petit vélo dans la tête, Éditions Jean-Pierre de Monza, 1991.
  • Ballades, Horvath, 1991.
  • Photo d'un train sur le soir, Ubacs, 1989.
  • Tentative de soirée en tenue de suicide, Actes Sud, 1988.
  • Proust ou Le Roman de la différence, PUL, 1980.
  • Proust ou La Passion d'être, PUL, 1980.

extraits

Pour moi, le vélo, ça a commencé avec le latin. J'avais dix ou onze ans, j'étais pensionnaire au collège de Millau, malheureux comme un chien perdu, loin du village où je rêvais de revenir et dont me séparaient les longues heures que je comptais une à une, de journées et de semaines où l'on essayait en vain de m'apprendre des choses étrangères. J'étais allergique au latin. Tandis que le Prof déclinait sur sa chaire, je m'imaginais sur les bords d'une petite rivière qui s'appelle la Muse, à pêcher la truite, avec mes copains, à la fourchette ou à la main. Nul en latin, et pas mauvais, plutôt bon même, en français : on ne comprenait pas. Mes parents qui s'inquiétaient eurent l'idée, les vacances venues, de s'adresser au curé du village. Celui-ci accepta de m'aider et me proposa une manière de contrat : il me prêterait sa bicyclette, une bicyclette de femme avec des filets à la roue arrière qui empêchaient la soutane de se prendre dans les rayons, il me la prêterait pour que j'apprenne à m'y tenir, à condition que j'accepte de me convertir au latin ; une après-midi de vélo contre dix pages de manuel ; donnant-donnant, disait-il, et il me donnait tout. Je me mis à ânonner rosa et dominus, je trouvai bientôt l'équilibre sur les pédales. Je m'améliorais dans les déclinaisons à mesure que, mes mollets durcissant, je parvenais à me hisser plus haut sur la pente très raide qui, laissant les bords de la Muse, conduit au plateau d'où l'on glisse vers Millau dans la vallée. J'avais un niveau satisfaisant - les accusatifs ne me faisaient plus horreur - quand j'atteignis Asinières, un hameau posé au point culminant de la route. Je savais alors que je pouvais joindre à loisir le collège et mon village, j'étais sauvé. Mes parents, qui avaient compris, m'achetèrent un vélo d'homme celui-là - marron, de la marque Helyett, à guidon plat mais avec dérailleur à quatre vitesses. Je l'ai gardé pendant toutes mes études secondaires, pour m'aider en latin. Par la suite, j'en ai eu un autre, puis encore un, et j'ai passé quelques examens. Ça a roulé tant bien que mal. Aujourd'hui je fais toujours du vélo. Les pentes me paraissent plus dures et je perds mon latin. J'en garde un peu tout de même, "sous la pédale", en souvenir du curé de Saint-Beauzély qui s'appelait Gratien, Gratien Viala. La dernière fois que j'ai vu, il avait une 2-CV, et plus de soutane. Mort depuis. Au ciel j'espère.

Extrait de "Un Petit vélo dans la tête" © Jean-Pierre de Monza, 1991

médiation

  • table ronde et débat

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Né en 1935 à Laissac, Aveyron

Vit dans la Loire

roman, nouvelle, théâtre, essai

Serge Gaubert, né dans l'Aveyron, s'est "exilé" à Lyon pour y étudier, puis y enseigner la littérature française contemporaine. Il a publié à ce titre plusieurs essais parmi lesquels "Proust ou Le Roman de la différence en 1980 et "Cette erreur qu'est la vie : Proust et la représentation" en 2001, tous deux aux Presses universitaires de Lyon. Il collabore à plusieurs revues.

Auteur de pièces de théâtre : "Proust ou La Passion d'être", "Cyclomédie", "Tentative de soirée en tenue de suicide", "Le Classement"; d'un roman : "Photo d'un train sur le soir"; d'un ensemble de nouvelles : "Jérôme hors jeu"; il a aussi écrit pour le cinéma (scénario et dialogues de "Bal perdu"). Il s'intéresse à la peinture (articles et études), au théâtre, et dirige à Lyon l'équipe de recherches LERTEC (Lecture et réception du texte contemporain : Littérature, Théâtre, Cinéma) qui a produit plusieursf ouvrages consacrés à des créateurs français du XXe siècle (collection Lire). S.G.

bibliographie

  • Le Classement, S. M..
  • Cyclomédie, S. M..
  • Monsieur Quartz, Éditions Realis Utopia, 2005.
  • Cette erreur qu'est la vie : Proust et la représentation, PUL, 2000.
  • Jérôme hors jeu, Amiot Lenganey, 1992.
  • Un petit vélo dans la tête, Éditions Jean-Pierre de Monza, 1991.
  • Ballades, Horvath, 1991.
  • Photo d'un train sur le soir, Ubacs, 1989.
  • Tentative de soirée en tenue de suicide, Actes Sud, 1988.
  • Proust ou Le Roman de la différence, PUL, 1980.
  • Proust ou La Passion d'être, PUL, 1980.

extraits

Pour moi, le vélo, ça a commencé avec le latin. J'avais dix ou onze ans, j'étais pensionnaire au collège de Millau, malheureux comme un chien perdu, loin du village où je rêvais de revenir et dont me séparaient les longues heures que je comptais une à une, de journées et de semaines où l'on essayait en vain de m'apprendre des choses étrangères. J'étais allergique au latin. Tandis que le Prof déclinait sur sa chaire, je m'imaginais sur les bords d'une petite rivière qui s'appelle la Muse, à pêcher la truite, avec mes copains, à la fourchette ou à la main. Nul en latin, et pas mauvais, plutôt bon même, en français : on ne comprenait pas. Mes parents qui s'inquiétaient eurent l'idée, les vacances venues, de s'adresser au curé du village. Celui-ci accepta de m'aider et me proposa une manière de contrat : il me prêterait sa bicyclette, une bicyclette de femme avec des filets à la roue arrière qui empêchaient la soutane de se prendre dans les rayons, il me la prêterait pour que j'apprenne à m'y tenir, à condition que j'accepte de me convertir au latin ; une après-midi de vélo contre dix pages de manuel ; donnant-donnant, disait-il, et il me donnait tout. Je me mis à ânonner rosa et dominus, je trouvai bientôt l'équilibre sur les pédales. Je m'améliorais dans les déclinaisons à mesure que, mes mollets durcissant, je parvenais à me hisser plus haut sur la pente très raide qui, laissant les bords de la Muse, conduit au plateau d'où l'on glisse vers Millau dans la vallée. J'avais un niveau satisfaisant - les accusatifs ne me faisaient plus horreur - quand j'atteignis Asinières, un hameau posé au point culminant de la route. Je savais alors que je pouvais joindre à loisir le collège et mon village, j'étais sauvé. Mes parents, qui avaient compris, m'achetèrent un vélo d'homme celui-là - marron, de la marque Helyett, à guidon plat mais avec dérailleur à quatre vitesses. Je l'ai gardé pendant toutes mes études secondaires, pour m'aider en latin. Par la suite, j'en ai eu un autre, puis encore un, et j'ai passé quelques examens. Ça a roulé tant bien que mal. Aujourd'hui je fais toujours du vélo. Les pentes me paraissent plus dures et je perds mon latin. J'en garde un peu tout de même, "sous la pédale", en souvenir du curé de Saint-Beauzély qui s'appelait Gratien, Gratien Viala. La dernière fois que j'ai vu, il avait une 2-CV, et plus de soutane. Mort depuis. Au ciel j'espère.

Extrait de "Un Petit vélo dans la tête" © Jean-Pierre de Monza, 1991

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