Suzanne de Arriba

Photo de Suzanne de Arriba
© Suzanne de Arriba

biographie

Née en 1943 à Givors, Rhône

Vit en Isère

roman, nouvelle

Ardéchoise par mon grand-père, rhodanienne par ma mère, dauphinoise par mon père, je suis née au bord du Rhône qui me fascine et est souvent présent dans mes romans. Je vis aujourd’hui dans le département de l’Isère, et je me définis comme étant « de Rhodanie », la Rhodanie étant le royaume fictif qui s’étend des sources du Rhône en Suisse jusqu’à la Camargue et comprend tous les départements baignés par les affluents du fleuve.

J’ai grandi au milieu des vignes et des vergers. Fille ainée d’une famille modeste, passionnée par l’écriture dès mon plus jeune âge, j’en ai fait mon métier ; j’ai collaboré pendant 35 ans à des hebdomadaires où j’ai publié des nouvelles, des récits, des chroniques, des histoires de terroir. La nature est pour moi un personnage à part entière et la plupart de mes textes se déroulent en milieu rural. Sociétaire de la S.D.G.L, depuis quelques années je me consacre à l’écriture de mes romans. S.A.

bibliographie

  • Le Troupeau sous l'orage, Lucien Souny éditions, 2016.
  • Une vie en chantier, Lucien Souny éditions, 2015.
  • La Bergerie des sources, Lucien Souny éditions, 2014.
  • Les trois fleurs, Lucien Souny éditions, 2013.
  • Le Fils d'Yvonne, Lucien Souny éditions, 2012.
  • Deux mères pour un enfant 39, Lucien Souny éditions, 2012.
  • Le Sauvage de Passe-Renard, Plumes d'Ardèche, 2011.
  • La Terre des retrouvailles, Lucien Souny éditions, 2011.
  • La Saison des sorbiers, Lucien Souny éditions, 2011.
  • Une famille du coteau, Lucien Souny éditions, 2010.
  • Le Vent sur les Longues Terres, Lucien Souny éditions, 2010.
  • L'Année des violettes, Corps 16, 2010.
  • Les Bruyères écarlates, Mon village (Suisse), 2009.
  • Le Mas Serpolet, Lucien Souny éditions, 2009.
  • Le Cœur et l'ambition, Corps 16, 2009.
  • Un hiver pour s'aimer, Mon village (Suisse), 2008.
  • Les Princes de Taillevent, Mon village (Suisse), 2008.
  • Goupil d'Ardèche, La Fontaine de Siloé, Les Chants de la terre, 2008.
  • Lumière de neige, Éditions de la Tour Gile, 2000.
  • Les Vestiges du temps, Visibilis, 2000.
  • Les Chemins de Pont-Rouge, Encre bleue, 2000.
  • Le Vœu d'Élisa, Encre bleue, 1999.
  • Ceux de la montagne, Corps 16, 1999.
  • Passent les nuages, Éditions de la Tour Gile, 1998.
  • Côteaux et collines, illustrations de Joël Montigny, Éditions de la Tour Gile, 1996.
  • Le Vent de neige, La Mirandole, 1995.
  • Le Pays bleu, Mon village (Suisse), 1995.
  • Le Fleuve et la Terre, avec Joël Montigny, Éditions de la Tour Gile, 1995.
  • Rhodanie, 1 : Ce pays d'où je viens, illustrations de Joël Montigny, Éditions de la Tour Gile, 1994.
  • Le Val aux iris, Éditions de la Tour Gile, 1993.
  • Les Feux du solstice, Éditions de la Tour Gile, 1992.
  • Augustin mange-lune, La Mirandole, 1991.
  • L'Enfant du Rhône, Mon village (Suisse), 1990.
  • Terre sauvage, Mon village (Suisse), 1989.
  • L'Ombre d'une jeune fille, RTL, 1986.
  • Clément Ambrouse, Éditions J.M Lafont, 1981.
  • A l'ombre de la colline, Éditions J.M Lafont, 1981.

extraits

Tonia s’endormit au moment où le coq des voisins s’égosillait. Une heure plus tard elle était debout et décidait de conduire Suzie à l’école. Au retour elle s’employa à distraire son angoisse à l’écho sonnant des sabots d’une lointaine fillette, pauvre et heureuse — il n’y a bien que ceux qui ne possèdent rien pour être insouciants à ce point ! Puis la petite fille disparaissait et, dans un bruit de galoches, un garçonnet aux cheveux frisés, aux yeux bleu-vert lui tendait les bras et l’appelait : « maman ! »
Un matin la vieille femme exigea que Lino la conduisît à la Caisse d’Epargne, et qu’Élisa les accompagnât. Elle voulait retirer ses petites économies. Tonia rafla tout son argent sous l’œil désapprobateur de l’employé du guichet aux retraits, et elle sortit fébrile, mais contente d’elle, avec l’air de quelqu’un qui vient d’accomplir impunément son premier hold-up amateur…
Un an, qu’elles étaient au Casernement ! Élisa était rassurée. Tonia connaissait bien les gens, à présent, elle avait des amis partout. Evidemment, elle attribuait l’ouzo aux Espagnols et la sangria aux Grecs, la paella aux Arabes et le couscous aux Portugais, le goulasch aux italiens et l’osso-buco aux Hongrois, à moins que ce fût aux Arméniens.
Mais à part cela elle s’était bien adaptée, elle avait même appris l’été dernier, conseillée par Hélène, à cuisiner la viande hachée dans les tendres feuilles de vigne.
Après cette inquiétante période de prostration, elle bénéficia même d’un regain d’appétit, et se prépara des soupes de riz à la lyonnaise, le seul aliment mi-solide mi-liquide qui ne lui inspirait pas de dégoût. Elle reprit quelques forces et fit tout pour donner le change. Désormais, elle sortait chaque jour, même quand Suzie préférait se rendre seule en classe. Tonia marchait avec vaillance jusqu’à la limite du Casernement, à tous petits pas lents, écoutant les battements fous de son cœur. La douleur dans son épaule gauche pourtant s’était atténuée, parfois même elle disparaissait ; la main sinistre crispée dans sa chair avait desserré son étreinte.
Après la dernière ligne de maisons, la vieille femme s’arrêtait et regardait la nationale d’où partait une bretelle de l’autoroute contournant la colline. Comme le paysage avait changé ! Si son fils revenait, il ne reconnaîtrait rien. Elle s’avançait un peu sur le pont surplombant l’autoroute, et sous ses pieds vrombissaient des bolides. Tonia repartait, interrogeant l’horizon qui s’effaçait. Et, miracle du souvenir, à la place de cet horizon surgissaient des terres labourées, des vignes et des champs étagés sur le coteau, avec le blé dormant sous le givre ou frémissant sous les ondées. Les ruisseaux bavards reflétaient des ciels mouvants, brassés par le vent hantant les replats. Un moment elle berçait son angoisse comme un berce un enfant malade, à l’écho sonnant des sabots de cette lointaine fillette qu’elle avait été un jour…

Inédit, titre provisoire : « La Jeune Fille à l’œillet » © Suzanne de Arriba, 2002.

médiation

  • lecture

Suzanne de Arriba

Photo de Suzanne de Arriba
© Suzanne de Arriba

biographie

Née en 1943 à Givors, Rhône

Vit en Isère

roman, nouvelle

Ardéchoise par mon grand-père, rhodanienne par ma mère, dauphinoise par mon père, je suis née au bord du Rhône qui me fascine et est souvent présent dans mes romans. Je vis aujourd’hui dans le département de l’Isère, et je me définis comme étant « de Rhodanie », la Rhodanie étant le royaume fictif qui s’étend des sources du Rhône en Suisse jusqu’à la Camargue et comprend tous les départements baignés par les affluents du fleuve.

J’ai grandi au milieu des vignes et des vergers. Fille ainée d’une famille modeste, passionnée par l’écriture dès mon plus jeune âge, j’en ai fait mon métier ; j’ai collaboré pendant 35 ans à des hebdomadaires où j’ai publié des nouvelles, des récits, des chroniques, des histoires de terroir. La nature est pour moi un personnage à part entière et la plupart de mes textes se déroulent en milieu rural. Sociétaire de la S.D.G.L, depuis quelques années je me consacre à l’écriture de mes romans. S.A.

bibliographie

  • Le Troupeau sous l'orage, Lucien Souny éditions, 2016.
  • Une vie en chantier, Lucien Souny éditions, 2015.
  • La Bergerie des sources, Lucien Souny éditions, 2014.
  • Les trois fleurs, Lucien Souny éditions, 2013.
  • Le Fils d'Yvonne, Lucien Souny éditions, 2012.
  • Deux mères pour un enfant 39, Lucien Souny éditions, 2012.
  • Le Sauvage de Passe-Renard, Plumes d'Ardèche, 2011.
  • La Terre des retrouvailles, Lucien Souny éditions, 2011.
  • La Saison des sorbiers, Lucien Souny éditions, 2011.
  • Une famille du coteau, Lucien Souny éditions, 2010.
  • Le Vent sur les Longues Terres, Lucien Souny éditions, 2010.
  • L'Année des violettes, Corps 16, 2010.
  • Les Bruyères écarlates, Mon village (Suisse), 2009.
  • Le Mas Serpolet, Lucien Souny éditions, 2009.
  • Le Cœur et l'ambition, Corps 16, 2009.
  • Un hiver pour s'aimer, Mon village (Suisse), 2008.
  • Les Princes de Taillevent, Mon village (Suisse), 2008.
  • Goupil d'Ardèche, La Fontaine de Siloé, Les Chants de la terre, 2008.
  • Lumière de neige, Éditions de la Tour Gile, 2000.
  • Les Vestiges du temps, Visibilis, 2000.
  • Les Chemins de Pont-Rouge, Encre bleue, 2000.
  • Le Vœu d'Élisa, Encre bleue, 1999.
  • Ceux de la montagne, Corps 16, 1999.
  • Passent les nuages, Éditions de la Tour Gile, 1998.
  • Côteaux et collines, illustrations de Joël Montigny, Éditions de la Tour Gile, 1996.
  • Le Vent de neige, La Mirandole, 1995.
  • Le Pays bleu, Mon village (Suisse), 1995.
  • Le Fleuve et la Terre, avec Joël Montigny, Éditions de la Tour Gile, 1995.
  • Rhodanie, 1 : Ce pays d'où je viens, illustrations de Joël Montigny, Éditions de la Tour Gile, 1994.
  • Le Val aux iris, Éditions de la Tour Gile, 1993.
  • Les Feux du solstice, Éditions de la Tour Gile, 1992.
  • Augustin mange-lune, La Mirandole, 1991.
  • L'Enfant du Rhône, Mon village (Suisse), 1990.
  • Terre sauvage, Mon village (Suisse), 1989.
  • L'Ombre d'une jeune fille, RTL, 1986.
  • Clément Ambrouse, Éditions J.M Lafont, 1981.
  • A l'ombre de la colline, Éditions J.M Lafont, 1981.

extraits

Tonia s’endormit au moment où le coq des voisins s’égosillait. Une heure plus tard elle était debout et décidait de conduire Suzie à l’école. Au retour elle s’employa à distraire son angoisse à l’écho sonnant des sabots d’une lointaine fillette, pauvre et heureuse — il n’y a bien que ceux qui ne possèdent rien pour être insouciants à ce point ! Puis la petite fille disparaissait et, dans un bruit de galoches, un garçonnet aux cheveux frisés, aux yeux bleu-vert lui tendait les bras et l’appelait : « maman ! »
Un matin la vieille femme exigea que Lino la conduisît à la Caisse d’Epargne, et qu’Élisa les accompagnât. Elle voulait retirer ses petites économies. Tonia rafla tout son argent sous l’œil désapprobateur de l’employé du guichet aux retraits, et elle sortit fébrile, mais contente d’elle, avec l’air de quelqu’un qui vient d’accomplir impunément son premier hold-up amateur…
Un an, qu’elles étaient au Casernement ! Élisa était rassurée. Tonia connaissait bien les gens, à présent, elle avait des amis partout. Evidemment, elle attribuait l’ouzo aux Espagnols et la sangria aux Grecs, la paella aux Arabes et le couscous aux Portugais, le goulasch aux italiens et l’osso-buco aux Hongrois, à moins que ce fût aux Arméniens.
Mais à part cela elle s’était bien adaptée, elle avait même appris l’été dernier, conseillée par Hélène, à cuisiner la viande hachée dans les tendres feuilles de vigne.
Après cette inquiétante période de prostration, elle bénéficia même d’un regain d’appétit, et se prépara des soupes de riz à la lyonnaise, le seul aliment mi-solide mi-liquide qui ne lui inspirait pas de dégoût. Elle reprit quelques forces et fit tout pour donner le change. Désormais, elle sortait chaque jour, même quand Suzie préférait se rendre seule en classe. Tonia marchait avec vaillance jusqu’à la limite du Casernement, à tous petits pas lents, écoutant les battements fous de son cœur. La douleur dans son épaule gauche pourtant s’était atténuée, parfois même elle disparaissait ; la main sinistre crispée dans sa chair avait desserré son étreinte.
Après la dernière ligne de maisons, la vieille femme s’arrêtait et regardait la nationale d’où partait une bretelle de l’autoroute contournant la colline. Comme le paysage avait changé ! Si son fils revenait, il ne reconnaîtrait rien. Elle s’avançait un peu sur le pont surplombant l’autoroute, et sous ses pieds vrombissaient des bolides. Tonia repartait, interrogeant l’horizon qui s’effaçait. Et, miracle du souvenir, à la place de cet horizon surgissaient des terres labourées, des vignes et des champs étagés sur le coteau, avec le blé dormant sous le givre ou frémissant sous les ondées. Les ruisseaux bavards reflétaient des ciels mouvants, brassés par le vent hantant les replats. Un moment elle berçait son angoisse comme un berce un enfant malade, à l’écho sonnant des sabots de cette lointaine fillette qu’elle avait été un jour…

Inédit, titre provisoire : « La Jeune Fille à l’œillet » © Suzanne de Arriba, 2002.

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