Sylvain Cavaillès

Photo de Sylvain  Cavaillès
© Sylvain Cavaillès

biographie

Né en 1974 à Roanne, Loire

Vit en Turquie

récit

Sylvain Cavaillès découvre le théâtre en 1990 grâce à la compagnie Kraft avec qui il travaillera jusqu'en 1998, d'abord comédien puis, dès 1994, comédien et auteur ("Passage des anges", "Du côté rouge", "Venises (détails)",…). Il est le co-fondateur avec le metteur en scène Éric Vautrin de la compagnie Après Villenoise ? qui crée, en 1997, une mise en scène-performance de la pièce de Valère Novarina, "Vous qui habitez le temps", dont les scènes, réparties en 14 lieux différents sur la presqu'île de Lyon, sont jouées en boucle pendant 12 heures par 18 comédiens, permettant au public de construire sa propre traversée de la pièce au fil de la journée. Par la suite il participe à des Chantiers d'Arts provisoires avec des artistes, musiciens, danseurs réunis par Horlieu et, en 1999, fait ses adieux (provisoires ?) au théâtre après la mise en espace d'un cycle de cinq pièces réunies sous le titre d'"Ave, verum corpus". C'est d'une frustation liée à diverses contraintes de la scène que naîtra son premier livre, "De ceux qui la chair abandonnent". On peut découvrir certains aspects du travail effectué depuis dans les revues "Horlieu" et "Avis de passage". S.C.

bibliographie

  • De vaines mercis, A Rebours, 2011.
  • Le Tremblement de chair, Éditions Michel Chomarat, 2010.
  • Capitaine 52, Éditions Michel Chomarat, 2005.
  • Emperlée, bois gravés de Jean-Marc Scanreigh, Éditions des Ombres portées, 2002.
  • De ceux qui la chair abandonnent, Éditions Michel Chomarat, 1999.

extraits

Est-ce que tu entends la musique qui manque à notre silence – non qu’elle lui manque en ce que son absence lui nuise, si nous ne l’entendons pas nous pouvons la percevoir, c’est elle qui lui donne son sens et fait de lui ce qu’il est – je demande car tes mains se déplacent dans l’espace comme si elles l’écoutaient, comme si, manquante, elle s’était glissée dans une autre dimension pour prendre corps et te manipuler. Ainsi nous ne serions pas seuls, quelque chose d’extérieur à nous mais pouvant provenir de nous conduirait avec nous, nous aiderait à déchiffrer le code du paysage de l’instant. Ta main sur le volant, ta main sur ta cuisse, ta main dans l’entrouverture de la vitre, ta main sur le levier de vitesses, ta main entre tes cuisses, sur ton front, sur tes paupières froissées, tes doigts lissant ta moustache, tes mains partout en même temps, ne laissant rien échapper, à l’affut de la moindre perception, du moindre dévoilement de sens, essayant avec succès à chaque instant de prendre d’apprendre et de comprendre ce qui se donne à l’intelligence des paumes à défaut de se donner définitivement à quiconque. Si je glisse mes doigts entre les tiens ce n’est pas moi que tu prends mais les notions inconçues dont tu attends qu’elles te soient enseignées par un maître fugitif et inconscient de sa mission. Laisse venir la richesse du vide, la densité nocturne, laisse venir les émotions que l’on n’assimile pas, les sensations qui se consument sans être nommées, les impressions que l’on avale sans savoir de quoi elles nous nourrissent. Lorsque nos mains se rempliront des parties de nous que nous sommes encore capables de nous offrir, le silence se donnera comme un corps commun prêt à vivre à notre place la vie qui ne peut trouver lieu entre nos ombres.

© Sylvain Cavaillès, 2011.

presse

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Sylvain Cavaillès

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© Sylvain Cavaillès

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Né en 1974 à Roanne, Loire

Vit en Turquie

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Sylvain Cavaillès découvre le théâtre en 1990 grâce à la compagnie Kraft avec qui il travaillera jusqu'en 1998, d'abord comédien puis, dès 1994, comédien et auteur ("Passage des anges", "Du côté rouge", "Venises (détails)",…). Il est le co-fondateur avec le metteur en scène Éric Vautrin de la compagnie Après Villenoise ? qui crée, en 1997, une mise en scène-performance de la pièce de Valère Novarina, "Vous qui habitez le temps", dont les scènes, réparties en 14 lieux différents sur la presqu'île de Lyon, sont jouées en boucle pendant 12 heures par 18 comédiens, permettant au public de construire sa propre traversée de la pièce au fil de la journée. Par la suite il participe à des Chantiers d'Arts provisoires avec des artistes, musiciens, danseurs réunis par Horlieu et, en 1999, fait ses adieux (provisoires ?) au théâtre après la mise en espace d'un cycle de cinq pièces réunies sous le titre d'"Ave, verum corpus". C'est d'une frustation liée à diverses contraintes de la scène que naîtra son premier livre, "De ceux qui la chair abandonnent". On peut découvrir certains aspects du travail effectué depuis dans les revues "Horlieu" et "Avis de passage". S.C.

bibliographie

  • De vaines mercis, A Rebours, 2011.
  • Le Tremblement de chair, Éditions Michel Chomarat, 2010.
  • Capitaine 52, Éditions Michel Chomarat, 2005.
  • Emperlée, bois gravés de Jean-Marc Scanreigh, Éditions des Ombres portées, 2002.
  • De ceux qui la chair abandonnent, Éditions Michel Chomarat, 1999.

extraits

Est-ce que tu entends la musique qui manque à notre silence – non qu’elle lui manque en ce que son absence lui nuise, si nous ne l’entendons pas nous pouvons la percevoir, c’est elle qui lui donne son sens et fait de lui ce qu’il est – je demande car tes mains se déplacent dans l’espace comme si elles l’écoutaient, comme si, manquante, elle s’était glissée dans une autre dimension pour prendre corps et te manipuler. Ainsi nous ne serions pas seuls, quelque chose d’extérieur à nous mais pouvant provenir de nous conduirait avec nous, nous aiderait à déchiffrer le code du paysage de l’instant. Ta main sur le volant, ta main sur ta cuisse, ta main dans l’entrouverture de la vitre, ta main sur le levier de vitesses, ta main entre tes cuisses, sur ton front, sur tes paupières froissées, tes doigts lissant ta moustache, tes mains partout en même temps, ne laissant rien échapper, à l’affut de la moindre perception, du moindre dévoilement de sens, essayant avec succès à chaque instant de prendre d’apprendre et de comprendre ce qui se donne à l’intelligence des paumes à défaut de se donner définitivement à quiconque. Si je glisse mes doigts entre les tiens ce n’est pas moi que tu prends mais les notions inconçues dont tu attends qu’elles te soient enseignées par un maître fugitif et inconscient de sa mission. Laisse venir la richesse du vide, la densité nocturne, laisse venir les émotions que l’on n’assimile pas, les sensations qui se consument sans être nommées, les impressions que l’on avale sans savoir de quoi elles nous nourrissent. Lorsque nos mains se rempliront des parties de nous que nous sommes encore capables de nous offrir, le silence se donnera comme un corps commun prêt à vivre à notre place la vie qui ne peut trouver lieu entre nos ombres.

© Sylvain Cavaillès, 2011.

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