© Anne de Staël du Bouchet

 biographie

bibliographie

extrait

animations


 

André du Bouchet


Décédé en 2001

poésie

Poète et traducteur de nouvelles de William Faulkner ; de poèmes de Hölderlin ; de James Joyce (fragments de "Finnegans Wake" et "Giacomo", Joyce) ; de Shakespeare ("Sonnets" et "La Tempête") ; de Paul Celan ("Entretien dans la montagne", "Le Méridien", "Poèmes") ; de Mandelstam ("Physiologie de la lecture","Voyage en Arménie"). Auteur d'un essai sur Baudelaire, d'un essai sur Hölderlin, de deux essais sur Alberto Giacometti.
Sur André du Bouchet : "André du Bouchet" par Pierre Chappuis, Seghers, Poètes d'aujourd'hui, 1979 ; "Espaces pour André Du Bouchet", "L'Ire des Vents", n° 6-8, 1983, "André du Bouchet ou la Parole traversée" par Jacques Depreux, Champ Vallon, 1988.
"Le lecteur de la poésie d'André du Bouchet se heurte dès l'abord à la matière la plus dense, compacte, ayant l'éclat du silex. Les mots se détachent et s'imposent, de par leur seule présence. Mais ils ne conduisent pas toujours sur le champ à la saisie du sens. Les mots sont là, presque en dehors de leur acception, en sorte que le lecteur si attentif soit-il, a le sentiment qu'un sens lui échappe, se dissipe et cela dans la mesure même où il cherche à le saisir, à le fixer. Une présence aussi forte des mots aboutit en fin de compte, paradoxalement, à reconduire comme un manque. Une parole se manifeste en s'effaçant, parole qui se révèle alors non pas rétive à la compréhension, fermée sur elle-même et son secret, mais en quête d'un sens, le secret restant ouvert, parole inaboutie, qui a pourtant été jusqu'au bout d'elle-même, dont l'inaboutissement tient davantage à la parole en son essentialité, à son "tourment" qui "ne tient d'aucune façon à la surface, c'est celui de la parole sans surface, de la parole qui n'a pas fait surface encore". Comment, dès lors, une telle parole peut-elle d'emblée apparaître aussi dense, s'imposer avec autant d'autorité, alors qu'elle serait plutôt de l'ordre de l'effacement, sur le point, à chaque instant, de retourner à ce qui la nie ? Un tel retour, ne nous y trompons pas, marque ici l'avènement de la poésie : "on peut l'appeler poésie ou encore : rien". Tout - ou rien. La parole ne vise qu'à s'absorber dans une totalité qui, antérieure à la parole et "du premier heurt", ne peut être que "rien", mais ce faisant elle est, tel est le paradoxe."
Michel Alba dans © "L'Ire des Vents".

André du Bouchet vivait en partie à Truinas (Drôme).