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Christophe Petchanatz
Né en 1959 à Lille, Nord
Vit dans le Rhône
site personnel :
http://klimperei.free.fr
poésie
Je n'ai guère de souvenirs des limbes ; très peu. Tout au plus : il y avait un canal et des monceaux de faïences brisées. Il y avait une mare et des coassements. De minuscules maisons en brique. On buvait du képhyr. Au début, les deux personnages qui se tenaient près de moi m'ont souvent parlé des deux personnages qui se tenaient près d'eux - à leurs débuts à eux. C'était confus et pathétique. On se tuait pour un oui pour un non, ou on se suicidait ; on désertait, on emmerdait le monde. On était très malade. Bref : on faisait le désespoir de sa famille. Ceci me permit de bâtir une représentation en forme d'accumulation (cathédrale de défauts, de tares, de glorioles ; de mensonges - morve, sanie, silences). Puis on grandit sans le vouloir (on se nourrit). On est amoureux. On tombe de vélo. On apprend. On croit qu'on apprend. (Écrire comme penser c'est-à-dire une pensée qui se détache de son objet - et quand y on pense comme ça on est fichu.) On arrive là on se dit "c'est gagné" on croit qu'on atteint quelque chose et c'est précisément le moment où tout en profite pour salement vous filer ent' les doigts. Pas une question d'âge. Mais tout de même... tout de même... Au début le monde se forme, pour vous, autour de vous ; c'est agréable. Puis on se lasse, on est déçu. Le goût change. Le goût a changé. On est morose. Tout ça n'empêche pas d'écrire tout ça - n'a sans doute rien à voir avec les critures.
Bibliographie : Renseigner cette rubrique suppose de l'organisation. Un plan, de la méthode. Des archives bien tenues. Je pensais sincèrement maîtriser tout cela. Je regrette de décevoir. Je regrette amèrement. Bien sûr je puis attester avoir publié dans des revues, nombreuses à une époque (moins ensuite) ; je puis jurer mes grands dieux avoir publié quelques petits livres, ou de grosses plaquettes ; il y avait des "dos carrés", je le jure ! L'un s'appelait "Pleumeur-Bodou", un autre "Le Plot" ou "Les Joies de la famille" ou "La Bourrique"... Bien sûr je pourrais inventer ; qui s'en soucierait ? J'ai écrit énormément, et ça ne cesse pas. Cela m'encombre. Cela se passe dans le désordre le plus grand, dans une confusion - désespérante. Je n'ai même plus le temps de m'occuper des textes - i.e. : les placer (m'en débarrasser). J'en suis à ne plus savoir quelle est la "bonne" version de tel ou tel texte. J'écris sous divers pseudonymes, ça se chamaille, ils ne s'aiment pas, ils se plaignent, s'insultent, se méprisent. Ils ont parfois bien plus de succès que moi. Il va sans dire que je ne puis les trahir (ils me font peur). C.P.
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