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Jean Antonini
(10-95) Docteur, vous vous souvenez sans doute de ma visite, il y a quinze jours. Vous m'aviez prescrit, pour la vilaine brûlure à ma main droite, une pommade contenant 1% d'hydrocortisone à appliquer deux fois par jour, le matin et le soir, plus une boîte de pansements aseptiques, et un analgésique en sachet à prendre en cas de douleur excessive, le soir au coucher. Vous m'aviez interdit tout contact avec l'eau, pour les travaux ménagers ou la toilette, pendant trois semaines au moins, jusqu'à cicatrisation complète. Depuis ce jour, c'est mon mari qui se charge de la cuisine, la vaisselle, la lessive et la toilette des enfants à la maison. Comme il rentre le soir vers 19h, déjà fatigué, de son travail (il est agent de maîtrise dans une Compagnie de Services et, depuis quelque temps, un de ses jeunes supérieurs lui mène la vie dure), il est d'une humeur massacrante avec les enfants et avec moi. Les petits pleurent sans arrêt et se réveillent la nuit en faisant des cauchemars. Depuis trois jours, mon mari ne m'adresse plus la parole. La situation devient difficile. C'est pourquoi je vous écris cette lettre. La cicatrisation me semble en bonne voie et je souhaite reprendre en main le travail de la maison. Qu'en pensez-vous, Docteur ?
(3-91) Gestes : poser une fenêtre à partir d'un mode d'emploi ; poser une fenêtre après en avoir déjà posé une autre, identique.
(6-92) En ce moment, Monsieur a les bouts des ongles presque électriques, comme de petites ailes rigidifiées qui se feuillettent et cassent. Ensuite les bouts de ses doigts deviennent douloureux.
Extrait de "Journal de corps" © La Bartavelle, 1998
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