|
| |

Joël Bastard
Les grotesques font des pieds et des mains dans le cadre d'une place et de son église cochonne car appréciée par en-dessous de l'extérieur. Restons à l'extérieur ! Les grotesques, les dents en bataille - pas rien que les dents -, les veines gonflées d'un vin violet de chasuble, se mouchent là, ensemble, chaque jour en un mouchoir de poche. Certains chiquent des bâtons de réglisse, des morceaux de paille. Suçotent le bec jaune d'une pipe en bruyère. Une allumette. Tous se réjouissent d'entendre les claquettes cogner aux talons blancs des jeunes filles. Celles qui dégringolent le village pour l'eau de la rivière. Ils attendent la rupture d'une lanière de cuir. Pour une fois dans l'été réparer une sandale. Pour un pied nu sur leur genou.
© Joël Bastard
_________
Ils cheminent dans la connaissance des pieds ! Sans savoir. Propulsés des voiles approfondies du deuil. Ils vont à l'abattoir. Le ciel est entier dans la gorge du cochon. Est entré par la porte étroite d'une lame efficace. Ses pattes dépassent de l'aire du grand saignement. À présent immobiles pendent dans le vide. San Roccu apparaît dans l'oeil de boeuf noir d'une église comme mexicaine à l'heure blanche de midi. Une ridicule pyramide de plâtre se place justement sur la pointe des chaussures des porteurs d'illusions. San Roccu perd un peu de son chien. De son épaule. De sa lance. Se dépoudre. S'échappe en poussière fumeuse. Les brancardiers posent un genou à terre. Les tempes sont ruisselantes. Baisons la blessure exhibée qui dépasse de la robe de bure du berger qu'on enlace. Les porteurs de plâtre cheminent par le grand alexandrin surchauffé.
© Joël Bastard
| |