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Jean Pérol
Vie vin vin comme un couchant dans leur verre au soleil dans nos têtes nous habite depuis l'enfance un rouge pur la sauvagerie bien taillée au versant du village la mère fut la plus belle relevant ses cheveux noirs courbée sur la terre ocre aux caillasses blanchies qui suinte son rouge (Seigneur Seigneur ton sang que les vaincus partagent sur leurs terres de poussière et de vents qui assoiffent) on rentrait et le soir descendait sous la treille dans le corps épuisé et jusqu'au bord rougi de nos grands yeux plus sombres quand d'amour et de sang le coeur au ras du jour demeurait dilaté dans l'apparence et la semblance d'un immobile jouir sans mots.
Sans mots
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La compassion média l'affectif engagé le café chaud porté au bord des lèvres mauves la pancarte brandie pour mieux aimer son âme la vérité poussée dans l'ombre qui fait peur le temps choisit ses maux ses comédies conformes
et l'époque nous lasse au-delà du sang mort au-delà de la chair immobile sous son plomb tout le jeu est pipé plombés aussi les dés et chacun supérieur sur l'autre met ses droits et chacun veut mordant cracher la chair d'autrui
les philosophes pâles et blancs de leur lumière tranchent le cou du monde embarbouillant de sang toujours la main des autres jamais leurs paumes pures enfin maîtres du sens des destins qu'ils infligent dieux passagers des phrases qui tombent sur Paris.
Sur Paris
Inédits, extraits d'un recueil à paraître © Jean Pérol
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