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Marc Porcu
Rendons grâce aux mots comme aux miroirs d'avoir cédé à un murmure où la voix naît d'un autre à l'initiale du poème.
Grâce aussi aux yeux pour l'éveil des signes dans la pierre pour l'horizon du silence pour la lumière des lampes au bord des précipices pour les morts et leur histoire sans paroles requiem épique des chevaux de brume lente une longue nuit les baigne où veillent d'autres yeux sous la lampe près des statues dans les jardins.
Larmes rosée étoiles plaies de l'arbre
autant de traces d'une beauté
accessible
au long des murs qui s'écroulent des phrases qui se perdent
grâce aux bêtes d'habiter les terres sans nom d'offrir au sang leur fourrure
elles ignorent ce rêve d'une mort enclose en notre moi au tombeau de l'ego sculpté dans les falaises
grâce aux bêtes de garder les hauts plateaux du songe d'être parfois l'encolure des nuages.
Grâce à l'enfant qui pacifie la lumière des puits où la lune projette le hurlement du sacré.
Grâce au corps à l'alchimie des éléments aux saisons du sang à la calligraphie des rides à l'océan de nos mains aux marées de leurs ailes ascendantes à l'amour à l'acte même érigé en source dans l'au-delà des métaphores dans le présent de toute offrande.
Grâce au sable pour l'or d'un prénom qui poudroie au delta de ses lettres
à l'écorce pour l'entaille à jamais vive d'un nom
au coeur de l'arbre élu par la foudre de l'insatiable.
Grâce au poème
pour le visage unique
pour sa beauté sans cesse envisagée.
In "Esquisses et masques pour un visage unique" © L'Arbre à paroles, 1995
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